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LES MASSIFS CRISTALLINS

Partout ailleurs dans le Gourma les seules roches qui traver sent les aliuvions ou apparaissent sous le conglomérat ferrugineux sont les roches cristallines. Nous avons vu qu'elles forment déjà le sous-bassement du plateau gréseux.

De même que dans la vallée du Niger, on remarquera que les roches éruptives qui affleurent dans la région que j'ai parcourue sont souvent des roches basiques.

Pour la commodité du développement, je diviserai le sujet en trois parties :

A) La région de Mardaga.

B) La région de Pama et l’Yanga.

C) La ligne de partage des eaux.

À) La région de Mardaga.

J'appelle ainsi la région comprise entre le plateau gréseux, à Yobiri, et Diapaga. Elle est marquée par la présence de petites collines, de monticules, notamment à Mardaga et à Bamondi. Les roches basiques, sans être éxclusives, y sont abondantes.

Entre Yobiri et Namounou, on trouve tout d'abord du grès à 2 kilomètres de Yobiri, puis successivement, sur une distance de 2 kilomètres, du granite, des filons de quartz, du gneiss et du gabbro, celui-ci désagrégé en petites boules peu volumineuses. Dans les cinq kilomètres qui suivent, on rencontre tour à tour du granite à amphibole traversé de quartz filonien ; une argile métamorphisée sillonnée de filonnets quartzeux et se débitant suivant

des plans parallèles ; du granite; un gneiss à amphibole à grain fin ; enfin, avec du granite, de la diabase et du gabbro.

Bien que les- dépôts alluvionnaires, qui sont abondants, masquent les formations sous-jacentes, il semble que la constitution géologique du sol’entre Yobiri et Namounou soit caractérisée par un soubassement de gneiss qu'ont traversé des pointements gra nitiques nombreux, des filons de quartz et des filons basiques (diabases et gabbros).

Fig. 45, — Vue perspective prise de Namounou, montrant la différence du profil entre le plateau gréseux horizontal (2) et les collines de Mardaga, constituées par des roches éruptives basiques (1)

Les petites hauteurs, à profil trapézoïdal et formées de conglomérat ferrugineux, sont nombreuses dans la région. J'en ai ren- -contré une avant Namounou, une autre au-dessus de ce village même, d'autres encore entre ce point et Bizougou, et à Diapaga. Sauf pour celle qui domine Namounou, où les grès apparaissent (de telle sorte qu'on peut la considérer comme un lambeau gréseux), il n’est pas possible de connaître la roche originelle qui formait ces hauteurs. Néanmoins, il semble que la roche de Diapaga ait été originellement cristalline.

Le profil ondulé des hauteurs de Mardaga contraste vivement avec la forme tabulaire du plateau gréseux de Namounou situé en face (fig. 45). Ces hauteurs forment un massif de plusieurs kil. de longueur dont la constitution à Mardaga est la suivante (fig. 46) :

2. A la partie supérieure, sur un mètre environ, apparaît une roche schisteuse, fissile, dont les plans sont alignés comme dans les gneiss, et quelquefois ont glissé les uns sur les autres.

1. Gabbro normal, débité en boules isolées et contenant plus ou moins de titanomagnétite (12 m.).

3. Titanomagnétite exclusivement, couvant d’éboulis la partie inférieure de la colline sur une hauteur d’une dizaine de mètres. Les blocs de titanomagnétite atteignent { m. de diamètre au bas des pentes. Toute la région avoisinante est recouverte de sable magnétique.

Entre Mardaga etNamounou, on trouve presque constamment soit des gabbros, soit des diabases, et, en un seul point, des

gneiss basiques à grain fin. Eu allant de Mardaga à Bizougou, on rencontre encore des gabbros, désagrégés en boules, notamment au pied des berges de la petite rivière à quelques kilomètres de Mardaga.

À Bizougou, le sable magnétique redevient abondant. En dehors des buttes de conglomérat de cette localité, on trouve, au bord du village, des affleurements de granite, d'aplites et de diorite. Ces roches se continuent pendant environ 1 kil. au nord, : après quoi elles disparaissent sous les alluvions et le conglomérat ferrugineux, percés seulement à de très rares intervalles par de très petits affleurements de granite à grain fin.

Fig. 46. — Hauteur au-dessus de Mardaga.

4 gabbro ; 2 même roche, schisteuse ; 3 même roche, riche en titanomagnétite:

A Diapaga, il existe, à l'ouest du village, une petite butte surtout constituée par des boules de diabase associée à une diorite, très voisine de la diabase, et à un microgranite. Partout ailleurs on ne rencontre que du conglomérat ferrugineux.

Entre Bizougou et Bamondi, on trouve quelques petits pointements de diabase, dont la présence autorise à penser que les hauteurs situées à quelques kilomètres à l’ouest de Bamondi ont une constitution analogue à celles des hauteurs de Mardaga, dont elles affectent le profil.

Enfin, sur la route de Bamondi à Iérina, on rencontre, pendant les 8 premiers kilomètres, de minuscules dômes ou bosses granitiques traversés par des filons de diabase ou par des gabbros.

On à vu que des roches analogues se continuaient jusqu’au pied du plateau gréseux, dont elles forment le sous-bassement.

B) La région de Pama et l'Yanga.

Pama est le centre d’une région granitique qui, à la fois par sa constitution et par l'aspect des accidents qu'on y rencontre, rap-

pelle assez bien la partie méridionale du cerele de Savalou. Cette région à, en territoire français, une trentaine de kilomètres de largeur sur cinquante de longueur. Elle se prolonge en territoire allemand. Elle est surtout marquée par une succession de hauteurs disposées suivant une ligne grossièrement N.S. Ces hauteurs jalonnent une partie de la route de Pama à Matiacouali et la route de Pama à Kalomana, mais, dans cette dernière partie seulement, elles forment une chaine continue. Les autres aceidents sont ou des dômes groupés à la manière de ceux de la

; (Djébiga).

Le massif de Tindangou, qui est le premier quand on vient de l'est, se compose de trois dômes principaux, au profil très régulier. La roche constituante est un granite porphyroïde qu'on retrouve, plus au nord, à environ 6 kilomètres, dans la direction de Tambarga. -

égion de Sinendé, ou des petits massifs, ou des dômes isolés

Entre ce gisement et la rivière Tiounga, signalée précédemment, on ne rencontre, comme affleurements rocheux, qu'un granite à grain fin, à 13 kil. de la rivière Tiounga ; du jaspe rouge identique à celui de Kirtachi, mais fréquemment sillonné de veinules de quartz à 10 kil. de cette même rivière ; et, à 6 kil., des filons de quartz. |

On peut admettre que le massif de Tindangou se prolonge vers le sud en donnant naissance à la chaîne qui se poursuit jusqu'à Kalomana. Cependant il n'y à pas continuité rigoureuse.

Le point le plus intéressant de la route de Pama à Tindangou est un gisement de granite à amphibole où l’épidote est abondante, à 2 kilomètres de Pama. À proximité, se trouve un filon de diabase, riche en pyrite et décomposé en boules, puis du quartz filonien et du jaspe, identique à celui de Kirtachi, parfois rouge, mais le plus souvent vert. Au quartz sont associés de la magnétite et du minerai de manganèse (1).

Le village même de Pama est entouré de petites hauteurs de 15 à 20 m., tout entières désagrégées en boules, et qui rappellent ainsi certaines parties des Dassas. La roche dominante est un granite

{. Echantillon égaré en cours de route.

granulitique. On rencontre aussi de petites boules de granite à amphibole. Celles-ci reparaissent sur la route de Pama à Tagou, mais les accidents les plus remarquables, dans cette direction, sont deux nouveaux dômes également désagrégés en boules. Le plus voisin de Pama est formé par un granite granulitique, le second par un granite porphyroïde.

Les autres hauteurs de la région, que je n'ai point visitées, mais dont je me suis souvent beaucoup approché, sont évidemment de même constitution. D'ailleurs, dans toute la contrée, le sol est uniformément recouvert de sable granitique. M. v. Ammon (1) signale encore, comme ayant été rapportées de cette région, des roches provenant de la route Pama-Matiacouali, que je n'ai pas suivie. Ce sont deux diabases et un granite à amphibole, recueillis à peu de distance de Pama.

L'Yanga — et le pays d'Yondé — sont situés sur la rive droite de la rivière Yanga. Leur aspect est fort différent de celui. du Gourma. Ils sont beaucoup mieux drainés, le terrain y étant beaucoup moins uniformément plat. Il en résulte que ces pays sont fertiles et par suite peuplés, ce qui est naturel dans une colonie où les seules ressources appréciables sont celles que fournit l'industrie agricole.

Les roches que j'ai recueillies dans ce pays sont d'une nature assez variée, mais la plupart d'entre elles montrent la présence d'un minéral commun : l’amphibole.

Déjà le granite à amphibole doit ètre abondant à proximité d'Ougarou, bien que je ne l'y ai pas rencontré, parce que les indigènes l’utilisent pour faire des meules. Il y a done tout lieu de croire que le sisement de cette roche est moins éloigné que celui du granite à biotite, assez voisin cependant.

Entre Nabangou et le grand affluent de la rivière Yanga, sur la route de Gomacéré, apparaissent successivement du granite à biotite, du gneiss feuilleté à amphibole, du granite à grain fin, du granite à amphibole et de la diorite. Puis, au grand affluent de la

rivière Yanga : du granite à amphibole, souvent désagrégé en

Le

4, v. Ammon, loc ci.

boules et traversé de pegmatite graphique à très grands éléments et de filons de quartz.

Au delà, jusqu'à Silipinga, on trouve des gneiss et des granites à biotite, et à 20 kil. environ de Nabangou, quelques bosses granitiques. Un peu avant Silipinga, affleurent soitdes amphibolites en contact avec des schistes métamorphisés, soit des gneiss à amphibole, soit des amphibolites. Ces roches se rencontrent également à Yanjori. Entre Gomacéré et Yanjori, on passe sur de nombreux affleurements de gneiss à amphibole et de granite à amphibole (à la grande rivière entre Gomacéré et Yanjori), ce dernier traversé de filons de diabase. |

Un peu après Yanjori, le granite normal apparaît de plus en plus abondamment jusqu'à Yondé. {1 donne naissance soit à de petites bosses, soit à des dalles assez étendues. Un peu avant Ouabougou, j'ai observé une aiguille de granite normal de 3 m. 50 de hauteur dont la forme cylindrique et le sommet taillé en biseau ne se rapportent à aucune des formes d'érosion observées pendant tout mon voyage (1).

À Yondé, la roche dominante est un gneiss plissé, traversé par un granite à grain fin, lequel est lui-même parcouru par des” filons ou des filonnets de pegmatite à biotite.Ces derniers se divisent volontiers et deviennent de plus en plus abondants et plus fins au contact du gneiss. Le quartz affecte souvent au milieu de ces pegmatites une structure graphitique.

On trouve encore, à proximité de ce gisement, des blocs de diorite et des filons de diabases, ces derniers contenant une certaine quantité de pyrite. Enfin il faut signaler, sur la route de Comin-Yanga, des gneiss, surtout à amphibole, des amphibolites, du quartz filonien, et des quartzites.

C'est encore le gneiss à biotite et surtout à amphibole qu'on trouve entre Comin-Yanga et la branche septentrionale de la : rivière Yanga. Un peu au-delà, jusqu'à Couari, c'est le granite normal qui prédomine. Entre Couari et Fada, il n'y a aucun affleurement rocheux.

1. Il est fort possible qu'il s'agisse là d’un monument lithique analogue à ceux qui ont déjà été signalés en Afrique occidentale.

LA

Toute la région comprise entre Yondé et Couari est marquée par la grande abondance des filons de pegmatite dont l'orientation est toujours N.S.

En résumé, la région de Pama marque la continuation, de l'autre côté de l’Atacora, de la région centrale du Dahomey, dont elle a tous les caractères. Quant à l'Yanga et à l'Yondé, ils forment un pays assez indépendant, coupé, mais non accidenté, et par cela même très différent du Gourma. Les roches y sont remarquables par l'abondance d'un élément commun, l'amphibole, qui disparait, au nord et au sud, dès qu'on a passé la rivière Yanga.

C) La ligne de partage des eaux.

La route de Fada N'Gourma à Botou par Kantchari marque assez bien la ligne de partage des eaux du bassin du Niger et de celui de la Volta. De même que la ligne de partage des eaux du Niger et de l'Ouémé, située à deux degrés plus au sud, elle ne se manifeste par aucun accident montagneux. Le sol est sans doute un peu plus élevé ici, mais d’unefaçon inappréciable. C'est du reste l'altitude un peu supérieure de cette zone qui fait qu'elle sert de moyen de communication pour aller de Fada N'Gourma vers l'est.

On rencontre à vrai dire de petites lignes de hauteurs entre Fada N'Gourma et Piéga; mais elles sont absolument insignifiantes. La plus importante est à Namoungou, mais cest une ondulation si faible qu'on ne la juge même pas quand on la traverse. On l'apprécie seulement lorsqu'on se trouve à une distance notable. Sauf sur un levé topographique à grande échelle, il est impossible de traduire les mouvements de terrain de toute celte région.

Je ne connais cette ligne de partage qu'entre Fada N'Gourma et Kantchari. Sauf entre Fada N'Gourma et Namoungou, ce sont les ruisseaux se dirigeant vers le sud qui naissent à proximité de cette ligne de partage. Or si l’on peut prétendre que la dénivellation, à versants très adoucis, qui existe un peu après Namoungou, sépare le bassin du Goroubi de celui de la Pendjari, tout le monde est d'accord pour admettre qu'il n'y a aucun reliefapprécia-

ble entre cette ondulation et Piéga, et cependant, après Namounsou, les ruisseaux que l'on traverse vont alimenter la Pendjari, c'est-à-dire la Volta, tandis que ceux voisins de Piéga sont considérés comme les sources (2?) de la Tapoa, affluent du Niger.

Ainsi, là encore, il faut bien se garder de dire qu'il y à des lignes de partage accidentées. D'ailleurs l'inexistence de sources rend impossible la délimitation de la zone où commencent des rivières que le ruissellement détermine seul. J'ai déjà indiqué que cette région était tout à fait propice aux phénomènes de capture, lesquels doivent avoir lieu au profit de la Volta, comme on l'a vu précédemment. Il sera très intéressant de les étudier lorsque le cours des rivières aura été relevé.

Les formations rencontrées dans cette région sont assez variées, ce qui se comprend aisément puisqu'elles se trouvent réparties suivant une ligne sinueuse. Il est probable que, par la suite, on pourra, avec beaucoup de raison, couper cette ligne en plusieurs tronçons dont il sera possible de rattacher chacun d'eux à une surface de constitution homogène. Une telle classification n'est pas faisable pour le moment. C’est pourquoi je décrirai simplement mon itinéraire.

À Fada N'Gourma on ne rencontre que des argiles bleues et vertes provenant sans doute de la décomposition de granites ou de gneiss et, un peu au nord, une butte de conglomérat ferrugineux (Mont Dubois).

Entre Bogui et Namoungou, on trouve du granite à biotite à 7 kilom. de Bogui ; du gneiss plissé traversé de filons de quartz à 12 kilom. ; puis fréquemment, des filons de pegmatite (orientés Nm — 10°— W) et des affleurements de diabase, notamment à 15 kilomètres de Bogui. Un peu avant d'arriver à Namoungou, on longe une ligne de petites hauteurs sans importance, au nord de la route.

La formation la plus intéressante entre Namoungou et Coentchengo est le calcaire, en petits nodules concrétionnés.

Ce gisement, qui m'a été signalé par M. l’Administrateur Porte, s'étend sur plusieurs kilomètres (1). J'en ai parlé précédemment.

1. On rencontre déjà de ces nodules calcaires un peu après Namoungou. Un gisement identique existerait à Yamba (échantillons recueillis par M. Porte).

Les nodules sont disséminés irrégulièrement comme sur la route de Kandi à l'Alibory.

- Les autres roches sont des gneiss à biotite ou à amphibole, du granite toujours désagrégé en boules, et des filons de pegmatite et de quartz.

Les mêmes formations (nodules calcaires compris) se retrouvent entre Coentchengo et Piéga. Parmi les roches à amphibole, qui dominent, il faut signaler, d'une part, les gneiss granitoïdes (orientation Nm — 30° — W)débités curieusement et mis en relief par l'érosion suivant des arêtes sinueuses se croisant normalement; et, d'autre part, des amphibolites à très grands cristaux formant un pointement d'environ 400 mètres: de longueur au milieu duquel on rencontre quelques boules de granite normal.

Piéga est au pied de petites hauteurs formées de blocs arrondis, superposés, de granite normal. À quatre kilomètres au delà, il y à un peu de granulite traversée de filons de pegmatite (Nm — 10° — E). A huit kilomètres de Piéga commence le granite à amphibole dont les affleurements, assez nombreux, se poursuivent jusqu'à 2 kilom. d'Ougarou. Puis le granite à biotite (parfois porphyroïde) reparait de nouveau.

Les seules roches en place entre Matiacouali et Nalongou sont des granites à biotite ou à amphibode, des diorites et de la pegmatite. On trouve encore des boules de diabase et de diorite, non en place, mais certainement à proximité de leur gisement. Enfin, de Nalongou à Kantchari, j'ai recueilli du granite à amphibole, du gneiss traversé de filons de granite à grain fin, une aplite, du granite normal et une nouvelle amphibolite à grands cristaux dont on retrouve des échantillons analogues, mais non en place, après Kantchari.

La région de Kantchari est un peu accidentée. Les monticules qu'on y rencontre sont exclusivement constitués par du conglomérat ferrugineux. La roche originelle n’est pas déterminable (1).

Partout ailleurs, le sol est recouvert en abondance d'argile au

4. 11 faut ajouter à cette nomenclature deux diabases et un granite à hornblende signalés par M. v. Ammon comme provenant de la route Sambalougou- Botou, que je n’ai point suivie (v. Ammon, loc, cit.).

milieu de laquelle sont généralement de petits nodules de limonite. Il est bon de remarquer que le sol du Gourma est très nettement différent de celui des autres pays traversés. C’est toujours une argile grise (et non rouge) très analogue à celle de nos régions : elle est en outre très abondante.

M. le Gouverneur du Dahomey a bien voulu soumettre à mon examen des échantillons recueillis au Gourma par les soins de M. l'Administrateur Porte. De plus, lors de mon passage à Fada N'Gourma, M. l'Administrateur Brot a eu l'obligeance de faire recueillir un grand nombre d'échantillons provenant des différents points du cercle qu'il dirigeait. Ce sont toujours des roches éruptives et des schistes cristallins identiques à ceux que j'ai signalés précédemment.

Îl est donc permis d'admettre que, sauf les accidents locaux, l'ensemble du Gourma, jusqu'à Couala, est constitué par les mêmes roches ; les seuls cas anormaux sont ceux qui peuvent se présenter dans les endroits inaccessibles, ou du moins très peu fréquentés ; ces derniers, 1l'est vrai, sont extrêmement vastes.

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Le Gourma ne nous apparait, en somme, que comme le prolongement, au delà de l'Atacora, de la région des schistes cristallins avec un plateau gréseux, très allongé mais peu large.

Mais nous sommes bien autorisés à en faire une division indépendante des précédentes. En ce qui concerne les roches éruptives, le Gourma se différencie de la région centrale par l'abondance des types basiques ; en ce qui concerne les schistes cristallins, il se différencie de la région du Niger par la présence de types amphiboliques nombreux ; enfin, en ce qui concerne les grès, il a une individualité propre. J'ai indiqué également que les roches meubles qui couvrent la surface du sol de ce pays ont encore une allure, un aspect particulier ; de plus les argiles sont extrème- ment abondantes. Enfin la configuration générale, avecses vastes espaces marécageux, et le climat lui-même sont encore particuliers à cette région.

Le climat du Gourma est intermédiaire entre celui d'Ougadougou et celui de Niamey. Mais il est caractérisé par la grande irrégularité des précipitations atmosphériques. Celles-ci, il est vrai, tombent bien aux mêmes époques mais la quantité d’eau qu'elles comportent est extrêmement variable (1'.

4. Dans la carte au 1/1.250.000, la teinte correspondant aux dépôts conti- ‘nentaux actuels (terre de barre, etce.), s'applique exclusivement, pour le Bas: Dahomey, au revêtement de terre de barre et, pour le Haut-Dahomey, à certains dépôts de conglomérat ferrugineux, d'origine douteuse, etaux dunes continentales.

Obligé de me cantonner à l'intérieur de limites purement administratives, je n'ai pu donner bien souvent à mes ilinéraires l'ampleur qui leur eût convenu en largeur.

Ainsi que je l'ai fait pressentir en plusieurs occasions, les pays traversés ne représentent pas des individualités géologiques, mais ils font partie de régions beaucoup plus étendues.

Les formations de la région côtière se continuent, de partet d’autre du Dahomey, dans le Togo et dans la Nigeria. Le système lagunaire, la région de la terre de barre y sont identiques. Bien mieux, la Lama, avec ses calcaires éocènes (?) se prolonge dans

- la Nigeria. En effet, M. Parkinson (1) à signalé tout récemment la présence, dans le sud de cette colonie, de formations sédimentaires quil considère comme post-crétacées. Dans ces condilions, même si les formations dont il s’agit ne sont pas rigoureusement identiques à celles de la Lama, elles sont, en tous cas, très voisines et du même ordre. Là encore, comme au Dahomey, les formations sédimentaires anciennes s'appliquent immédiatement contre la bordure méridionale de l’archéen. Il semble à peu près établi qu'elles dessinent sur la carte un vaste solfe allant se relier aux formations du Cameroun, interrompu seulement en surface par les puissants dépôts du delta du Niger. On sait également que les dépôts fossilifères signalés à l’est de ce delta se relient à ceux de la Nigeria septentrionale, mais

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