‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 224 sur 276 · STRATIGRAPHIE · texte numérisé non relu

STRATIGRAPHIE

Il y a très peu de choses à dire sur la stratigraphie des pays que j'ai parcourus. En ce qui concerne leur âge relatif, pour une même région, il n'y à pas de difficulté, puisqu'en aucun cas les formations sédimentaires non métamorphisées n'ont été affectées par des plissements. Leur âge est donné, sans aucun doute possible, par leur ordre de superposition.

Mais lorsqu'on veut comparer deux régions voisines, les difficultés commencent parce qu'on n'a aucun point de comparaison. Non seulement les formations sédimentaires se trouvent isolées et constituent des ilots indépendants qu'il est absolument impossible de rattacher les uns aux autres, mais encore aucun fossile caractéristique ne vient permettre de fixer l’âge absolu de l’un quelconque de ces dépôts.

J'ai désigné antérieurement (1) les formations non nettement éruptives de la région centrale (gneiss et micaschistes) sous la dénomination d'archéen, mais dans mon esprit ce mot s’appliquait, comme l’a si bien indiqué M. de Lapparent à « un faciès plu-

1. H. Hubert, £squisse préliminaire de la geologie du Dahomey in Comp. Rend. Ac. Sc. CXLV, 1907,

STRATIGRA PHIE AA

tôt qu à un âge déterminé » (1). Il s'applique, pour le Dahomey, aux formations les plus anciennes, ayant un certain nombre de caractères communs. Ce terme était donc commode à employer à la place d’une périphrase. Mais il présente le grave défaut de pouvoir désigner aussi implicitement une assise sédimentaire, la plus ancienne de toutes celles connues. Or, il est certain que parmi les gneiss que j'ai mentionnés, il en est qui sont d'origine éruptive, des « orthogneiss », comme les appelle M. Rosenbusch (2). Aussi, malgré la commodité de son emploi et en dépit des réserves formulées, je crois qu'il y a avantage à ne pas conserver ce terme d’archéen dans un travail de détail. Il vaut mieux dire simplement qu'on a affaire à des gneiss d'origines diverses et à des micaschistes, à la base des autres formations.

Les plus anciens dépôts postérieurs aux gneiss et aux micaschites sont certainement ceux de l'Atacora, dont l'allure, le métamorphisme, ainsi que les actions tectoniques subies, accusent des relations avecles schistes cristallins. MM. Gautier et Chudeau ont assigné comme âge à des formations analogues, rencontrées par eux plus au nord, sur le Niger notamment, le silurien (3). Mais ils ont eu, venant de l'Afrique septentrionale, des éléments de comparaison qui m'ont fait totalement défaut.

D'autre part, M. v. Ammon (4), sans attribuer un âge certain aux échantillons qui ont été recueillis au Togo allemand sur le prolongement méridional de l'Atacora, les considère comme paléozoïques. Il n'est pas douteux qu'il ne s'agisse ici de roches identiques à celles que j'ai rencontrées, mais je pense que, pour celles-ci, on peut préciser davantage et placer leur individualisation dans les premiers temps de la période primaire, en raison de leur métamorphisme intense d'une part, et surtout en raison de leur association intime, etsi fréquente, avec les micaschites.

14. A. de Lapparent, Traité de géologie, p.131, Paris, 14900.

2, Rosenbuch, £lemente der Gesteinlehre, pp. 484 et suiv.

3. K. F. Gautier. À travers le Sahara français, in La Géographie, année 4902, p. 2 — Chudeau. L'Air et la région de Zinder, in La Géographie, année 1907, p. 323.

4. Chudeau. Le Lutécien au Soudan et au Sahara. Comp. rend. Ac. Sc. CXLIV, p. 812, 1207.

Page 1