STRATIGRAPHIE
M. Chudeau considère comme datant également du « silurien (peut-être du dévonien) », les roches anciennes qui forment les rapides du Niger. Les échantillons recueillis par M. le Commandant Lenfant et M. l’Administrateur Fourneau, par M. le Lieutenant Desplagnes, et par moi-même; ainsi que les observations
8 et} que j'ai faites sur place, montrent que, dans la pétrographie de cette région, une grande place doit être réservée aux roches éruptives et à des gneiss, sans doute eux aussi d’origine éruptive. 5 » 5
Postérieurement aux quartzites, se sont faits les dépôts gréseux du Gourma, auxquels on ne saurait donner d'âge absolu. Puis se sont individualisés les grès argileux du Niger, dont la période de dépôt a dû être fort longue. [Ils sont surmontés de formations où la limonite domine. On ne peut connaître actuellement le moment où elles ont commencé à se former ; elles continuent à se développer sous nos yeux.
Les formations de la région méridionale ne peuvent être rattachées à celles du nord. J'ai dit qu’elles débutaient par une assise éocène (?) après laquelle se sont individualisés les grès, puis les formations ferrugineuses actuelles (terre de barre, conglomérat ferrugineux) et les alluvions fluviatiles et marines.
TECTONIQUE
Les grandes zones de plissements.
Je ne me dissimule pas la hardiesse qu'il y a à parler de la tectonique d'un pays où, sans aucun renseignement, jai dû aborder l'étude de la géologie. Dans l'ignorance à peu près totale où nous sommes de la tectonique des pays voisins, on ne peut guère songer qu'à dégager les grandes lignes de ce qui concerne le Dahomey.
I ne saurait être question ici de vouloir assimiler — comme il a été souvent dangereux de le faire — la période de plissements subis au Dahomey de l’une de celles qui ont été indiquées pour les pays tempérés. Mais, si du groupement d'un certain nombre d'observations il semble s'imposer certaines conclusions, il y a intérêt à les indiquer dès maintenant.
On a vu que dans les pays parcourus, les gneiss, notamment, avaient ou leurs éléments, ou leurs plans de schistosité, disposés, sur de très grandes distances, suivant des lignes droites. L'orientation de ces lignes prise fréquemment, et cela d’une façon très rigoureuse à moins d'un degré près), a pu être reportée chaque fois sur une carte aussi exacte que possible. Mais il y a une cause d'erreur qu'il est bon d'indiquer tout de suite. Les orientations ont été prises par rapport au nord magnétique, et on a vu qu'on ne connaissait pas la valeur de la déclinaison absolue pour tous les points du Dahomey. Aussi j'ai appliqué arbitrairement à toute la colonie, pour l’année 1905, le chiffre de 13°45 donné par M. le Capitaine Fourn pour la région de Grand-Popo. Les corrections postérieures devront être faites sur ce chiffre, mais il ne semble pas qu'elles doivent être très importantes.
AAA TECTONIQUE
Les seules orientations prises sont celles des gneiss, des micaschistes etdes quartzites. L'orientation des filons qui recoupent ces roches n'a pas été consignée, parce que généralement il n’est pas possible de les suivre sur une longueur suffisante. De plus, il ne faut pas se dissimuler que les affleurements de roches filoniennes offrent généralement des directions curvilignes, et que, dans ces conditions, aucun choix n’est possible.
Qu'on remarque tout d'abord les rapports entre les orientations ainsi déterminées (Fig. 47) et celles des cours d’eau, et l'on sera immédiatement frappé du parallélisme rigoureux des deux systèmes de lignes. C'est là une bonne démonstration de cette idée déjà exprimée : l'allure générale des cours d’eau a été directement influencée à l'origine par l'orientation des plissements.
Il y a cependant des exceptions, notamment pour le Mono et pour le Niger. En ce qui concerne le premier de ces fleuves, l'exception est très localisée, et elle n’est guère sensible que par les sinuosités du cours d’eau. En ce qui concerne le Niger, le cas est très général. On a vu que dans l'un et l’autre cas, grâce à l'existence de ces plissements, il se produisait des rapides.
En ce qui concerne l'orographie, l'identité d'orientation des chaines et des plans de schistosité des roches qui les constituent est frappante. Et cela montre bien que les accidents du relief sont dus exclusivement à l'érosion, ce que leur faciès typique confirme d’ailleurs. |
Le relevé des orientations des roches, même s’il n'eût servi qu'à nous faire comprendre ces deux faits, serait encore de la plus haute importance, puisque nous pouvons dire maintenant que le Dahomey a été une région remarquablement plissée, puis nivelée par l'érosion, après que les plissements eurent imprimé leur direction générale aux rivières ; — le nivellement s'étant fait de manière à laisser subsister seulement, à l’état de témoins, quelques accidents de même orientation que les plissements.
Ces faits apparaissent en contradiction avec ce que j'ai dit antérieurement : savoir que la direction des cours d’eau n'était pas influencée par celle des plissements. La contradiction n’est réelle
me RSarsan Hsoussa
o Couala = Do unga
q Say
Airéachi