RÉPARTITION DE QUELQUES ESPÈCES ANIMALES
Malgré le peu de renseignements qu'on possède sur la faune du Dahomey,ilest permis de penser qu'ilne s'y trouve guère d'espèces animales originales ou même caractéristiques. Comme à tous les autres points de vue, cette colonie doit être comprise dans un groupe fort vaste que des frontières artificielles ne permettent pas d'étudier d'une façon systématique.
Je n'entreprendrai pas la nomenclature des espèces déjà signalées. Etant donnée la situation géographique du Dahomey, il est vraisemblable que la plupart des animaux de l'Afrique occidentale s’y rencontrent, et ce que j'ai indiqué du climat et de la nature du sol permet de se faire une idée de leur répartition géographique (1). :
Je me contenterai de montrer ici l'influence très nette du milieu sur la répartition de quelques espèces animales.
4. Il faut se rendre compte de ce fait que, d'une manière générale le pays est d'autant moins habité qu'on progresse vers le nord (Carte fig. 86). L’abondance des grandes espèces animales sauvages est nécessairement en raison inverse de la densité de la population.
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DISTRIBUTION DES TSÉ-TSÉ ; LEUR INFLUENCE SUR LA RÉPARTITION DES ÉQUIDÉS ET DES BOVIDÉS
J'ai indiqué d'autre part (1) quelle était, au moins approximativement, la répartition de Glossina palpalis Rob. Desv., espèce non encore signalée au Dahomey. J'ai divisé à ce sujet la colonie en trois zones.
La première s'étend entre la côte et le cours moyen de l'Ouémé, dépassant légèrement ainsi la zone du palmier à huile. Les tsé-tsé y sont abondamment réparties et d’une façon homogène. Elles vivent de préférence dans les endroits bien ombragés, par suite humides, mais pas nécessairement au bord même des cours d'eau, quoi que ce soit encore leur habitat préféré.
La deuxième zone s'étend entre le cours moyen de l'Ouémé et la bordure nord du massif de l'Atacora, c'est-à-dire qu'elle correspond assez bien à ce que j'ai appelé la zone du karité. On n’y voit plus les tsé-tsé que rarement, et seulement dans le voisinage immédiat des rivières dont le litn'est jamais à sec ; par contre, ces diptères, au lieu d'être disséminés, se trouvent toujours groupés en paquets compacts.
Enfin, dans la troisième zone, qui correspond à la zone des mimosées, je n ai pas rencontré de tsé-tsé.
Ce qu’on connait déjà au sujet de ces insectes donnait à penser que les facteurs géographiques avaient une grosse influence sur leur répartition. Il est évident que le facteur humidité est le plus important. On en à la preuve lorsqu'on voit que les mouches en
1. H. Hubert. La distribution géographique des mouches tsé-tsé au Dahomey, in La Géographie, pp. 171-176, Paris, 4907.
ESPÈCES ANIMALES 533 question ne peuvent s'écarter des fleuves dans la région septentrionale. On a longtemps cru qu'il devait en être ainsi partout. De récentes observations faites au Congo ont confirmé mes indicaons en montrant que, dans les régions dont l'état hygrométrique est toujours très élevé et qui sont bien ombragées, les tsé-tsé ne se tiennent pas nécessairement au bord des rivières.
Jai mis en parallèle la distribution des bovidés et des équidés d'une part, celle des tsé-tsé de l'autre. Elle est gésumée par le tableau suivant :
|. Bœuf à bosse (zébu).
TROISIÈME ZONE. . . Pas de tsé-tsé. . . ! Bœufdegrande taille. | Cheval.
; Gr es Bœuf de grande taille.
DEUXIÈME ZONE. . . lsé-tsé localisées. . ere Cheval.
PREMIÈRE ZONE. . . Tsé-tsé disséminées . Bœuf de petite taille.
Ayant pu observer plusieurs fois les tsé-tsé s'attaquant aux équidés, et ayant vu quelques-uns de ceux-ci, mortellement atteints, qui présentaient tous les caractères d'une trypanosomiase, j'en ai conclu que l'impossibilité d’acclimatement du bœuf à bosse dans les deux premières zones, du cheval et du bœuf de grande taille dans la première zone était due à l’action néfaste des glossines (1).
Ainsi donc la répartition des bovidés et des équidés serait fonction de celle des tsé-tsé, laquelle dépendrait elle-même de conditions géographiques spéciales. C’est dans ce sens qu'il faudra, je crois, poursuivre les recherches relatives à la distribution des grandes espèces animales.
Jusqu'à présent on n'a envisagé pour le développement des espèces que l'influence de deux facteurs principaux : les conditions climatériques et la nourriture. Or, je crois qu’il y a un troisième facteur pouvant avoir aussi une importance considérable, c'est le développement des espèces parasites (2).
1. J'ai indiqué également comme probable l'action de la tsé-tsé sur l’homme, sur lequel elle s'attaque avec acharnement.
2. Il se passe quelque chose d’identique pour l’homme dont les conditions d'existence deviennent précaires par suite du développement des moustiques ou des tsé-tsé. ;