ESPÈCES ANIMALES D
De plus, ce sont les deux seuls endroits où, outre la présence du calcaire, il y ait toujours de l’eau, condition indispensable au développement de ces espèces (1).
De même pour la région Tehi, où j'ai rencontré du calcaire en abondance, il n'est pas douteux que celui-ci soit partiellement utilisé, par un processus sans doute très compliqué, pour constituer les coquilles des escargots.
La netteté de cet exemple est si grande, qu'il m'a paru indispensable de le signaler. Il n'est pas douteux qu'on puisse trouver, par la suite, bien des cas de même nature.
4. Missinicondii et le gîte d'élapes de la Pendjari ne sont pas les deux seuls points où il y ait toujours de l’eau,condition indispensable pour que les hétéries puissent vivre, mais ce sont les deux seuls points où, en outre, cette eau contient en abondance des sels de calcium. C’est donc à la présence des calcaires qu'il faut attribuer le développement des hétéries dans cette région. On sait que dans le lit du Niger à Labezenga, il y a également des hétéries en quantité. J'ai signalé autrefois, dans cette région également, la présence de quartzites feldspathiques, riches en calcaire. y aurait donc bien, là encore, une relation de cause à effet entre le développement de ces animaux et la constitution minéralogique particulière du sol environnant.
Les questions relatives à l’ethnographie sont fort délicates à traiter. Pour des pays comme le Dahomev, il faudrait commencer par définir les caractères ethniques de chaque race, en connaître l'histoire et en étudier l'habitat. Alors seulement on pourrait résoudre les problèmes d'ordre plus général.
Mon but, à la fin de ce travail, est extrèmement précis. Evitant de décrire à nouveau les mœurs déjà bien connues des peuplades au milieu desquelles j'ai vécu, je me placerai à un point de vue spécial, auquel je me suis davantage intéressé : la répartition des groupements humains.
Dès mon arrivée dans la colonie, j'ai été frappé par l'influence incontestable de certains facteurs géographiques sur la répartition de ces groupements. Cette influence se conçoit très bien. Il est clair que « dans un pays où les indigènes ont à assurer leur existence par des moyens primitifs et à lutter en faisant directement usage des éléments que la nature met à leur portée, ils se groupent, souvent à leur insu, suivant des règles à peu près constantes : chaque race, d’après ses aptitudes, son tempérament, son évolution, s'installant dans une région plus propice à son développement et tirant un parti considérable des accidents naturels » (1). Tel est le sujet que je compte développer.
Auparavant, il est indispensable que je donne quelques renseignements sur les races.
4. Hubert. Les grandes régions naturelles de la colonie du Dahomey et Dépendances, in Buli. Mus. Hist, Nat,, pp. 576 et suiv., Paris, 1907.