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CARBONATE DE CHAUX

Au mois de juillet 1905, M. l'Administrateur Porte voulut bien me signaler un gisement de calcaire situé au voisinage de Couentchengo, au Gourma, dans une région cristalline (1). Les gisements analogues sont nombreux au Dahomey : M. Porte en a reconnu un à Konkobiri; moi-même j'en ai souvent déterminé par la suite dans des régions formées exclusivement de roches cristallines, notamment à Kandi, à Agouna, à Sahouamé et près de Savalou, si bien que j'ai pensé longtemps que ce type de dépôts calcaires se formait directement aux dépens de roches éruptives ou métamorphiques. Mais un dernier gisement, celui de Houin, sur les bords du lac Toho, m a fait abandonner cette hypothèse.

Tous ces gisements sont constitués par des concrétions calcaires, en petits nodules (quelques centimètres de diamètre), répandus à la surface du sol ou noyés dans une argile provenant en général, sauf à Houin, de la décomposition de roches cristallines acides.

. Ces petits nodules se trouvent dispersés sur une étendue souvent considérable (quatre kilomètres au voisinage de Kandi), mais toujours d’une façon très inégale. Une excavation faite dans le Gourma, à Couentchengo, me les a montrés accompagnés de

1. C'est vraisemblablement à ces calcaires que le Capitaine Baud a fait allusion dans ses rapports.

nodules ferrugineux également isolés, sensiblement de mêmes dimensions, et provenant évidemment d'une cause identique, c’est-à-dire d'une concentration moléculaire dans l'argile même où on les trouve.

Reste à savoir d'où vient le carbonate de chaux originel. On a déjà vu que l'hydrate de fer est formé aux dépens des éléments colorés des roches cristallines, on pourrait penser que de même la caleite provient des carbonates alcalins ou alcalino-terreux résultant de la décomposition des feldspaths de ces mêmes roches. Mais à Houin il n'y a ni roches cristallines, ni nodules ferrugineux ; seulement Houin fait partie d'une région où il y a du carbonate de chaux d'origine sédimentaire. Pour ce gisement j'admets qu'il y a eu de ce carbonate de chaux dissous puis recristallisé sous la forme de nodules par concentration moléculaire. Une telle hypothèse est justifiée parce que, dans la même région, à Missinicondji, on assiste actuellement à ce phénomène.

On peut se demander si une explication analogue ne pourrait être fournie relativement aux gisements rencontrés au milieu des massifs éruptifs. Evidemment là il nese trouve pas de dépôts calcaires, mais j'ai rencontré, — en un seul pointil est vrai, — un gisement de cipolin. En raison des nombreuses analogies que présentent entre elles les formations du Dahomey, il semble normal d'admettre qu'il y a — ou qu'il y a eu — d'autres gisements de cipolin que celui que j'ai rencontré. Et comme en ce point le calcaire subit des décompositions analogues à celles observées à Missinicondji, j admets que dans tous les cas, les nodules calcaires rencontrés sont dus à des phénomènes de concentration moléculaire du carbonate de chaux qui existait préalablement en masses plus ou moins importantes dans le pays, et qui à été dissous par les eaux météoriques.

Cela permet de comprendre pourquoi les amas de nodules sont toujours localisés là où les formations cristallines couvrent des espaces considérables.

HVYDRATES DE FER

Les hydrates de fer, qui, d'une façon générale, proviennent de la décomposition des éléments colorés des roches éruptives et

métamorphiques, donnent naissance à une série de dépôts chimiques souvent très puissants et qu'on rencontre d'une facon presque constante en Afrique. Ces hydrates de fer, suivant les conditions dans lesquelles ils se trouvent entrainés, participent à la composition de roches différentes que nous allons considérer.

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