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LE MODELÉ PAR LES EAUX SAUVAGES

Dans un pays couvert d'une végétation peu dense, comme l'est à peu près partout le Dahomey, on comprend que la dénudation par les eaux sauvages contribue, presque à elle seule, à modifier le, relief primitif, Une telle action est d'ailleurs considérable, même dans les régions septentrionales moins arrosées, car là encore les précipitations atmosphériques demeurent très violentes.

. Déjà dans le sud dela colonie, que recouvre une riche végétation, chaque pluie déblaie les terrains meubles dont les éléments sont souvent entraînés au loin, grâce à de puissantes rigoles qui se forment à la surface du sol. Dans les pays du nord, peu boisés, l’action des eaux est bien supérieure. Ainsi j'ai constaté sur la rive gauche de la rivière Tiounga (Gourma), la présence d'un véritable petit bassin, d'environ 50 mètres de côté, qui s'était formé après deux ou trois pluies dans des alluvions déjà anciennes. Les parties demeurées en relief dominaient d'un mètre les dépressions, ce qui est énorme, étant donnée l'allure horizontale que possédait antérieurement le terrain.

ACTION SUR LES ROCHES MEUBLES

Outre les actions de ravinement, beaucoup plus intenses que dans les régions tempérées d’un relief comparable, le ruissellement a surtout pour effet de mettre à nu le squelette rocheux qui constitue la plateforme granito-gneissique du Dahomey. À côté de ces résultats, d’un caractère très général, on constate certains phénomènes de détail qu'il faut signaler, comme par exemple, la formation — fréquente dans bien des pays — de pyra-

mides coiffées. Le meilleur type rencontré se tronve sur la route de Niamey à Goudel. En ce point, la falaise qui domine le Niger est constituée par une argile feldspathique (13) couronnée d’un revêtement de conglomérat ferrugineux compact (19) (près de trois mètres) (Fig. 13). Sur le bord de la falaise, les eaux désagrègent le conglomérat ferrugineux en blocs, atteignant parfois plusieurs mètres cubes, qui roulent le long du talus et demeurentsouvent à mi-chemin. Ceux de ces blocs dont les dimensions ne dépassent pas 0 m. 50 de côté demeurent perchés parce qu'ils n’offrent pas une masse suffisante pour faire ébouler la colonne d'argile que le ruissellement ne tarde pas à former au-dessous d'eux et qui peut très bien atteindre 0 m. 70 de hauteur.

C'est plus encore à des actions de ruissellement qu'à des phénomènes de dissolution qu'il faut rapporter l'aspect de certaines formations argileuses. A Niamey, la falaise, couronnée le plus souvent de conglomérat ferrugineux et qui se présente d'ordinaire avec une paroi verticale ; à Say, les piliers le kaolin, rapidement isolés, puis érodés ; À Youri, les puissants ravinements intéressant toute la masse argileuse (PI. XVII, 1) doivent avant tout leur faciès typique au ruissellement alors que les actions dissolvantes de l'eau ne sont le plus souvent intervenues que pour décomposer la roche préexistante ou la désagréger.

GRÈS

Suivant la nature de leur ciment, les grès affectent un faciès un peu différent, mais ne s’écartant pas sensiblement du type caractéristique. La régularité souvent parfaite de leurs dépôts facilite la dénudation suivant des directions toujours horizontales ; la compacité de la roche et son homogénéité contribuent à former des talus fort raides dont le sommet est toujours une arète vive. De là vient cet aspect tabulaire bien connu, aux talus obliques, donnant aux formations gréseuses leur profil trapézoïdal.

Les hauteurs de la région de Lamordé présentent les caractères en quelque sorte classiques des formations gréseuses, que je viens de rappeler. (Fig. 14) Vue de loin, la falaise qui termine ces étendues tabulaires apparait fréquemment marquée de lignes

IELLES

EAUX SUPERFI

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