‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 69 sur 276 · Grès grossier ferrugineux fissuré (3 m · texte numérisé non relu

Grès grossier ferrugineux fissuré (3 m

1. Gneiss blanc altéré, dont le niveau supérieur arrive à 3 mètres au-dessus du fond du ravin.

Ces formations sont surmontées d’une épaisseur d'environ 20 mètres de terre de barre, à pente douce, au milieu de laquelle sont répandus certains des matériaux détritiques du sous-sol.

Le grès grossier ferrugineux, d’une teinte rouge brune analogue à celle de la terre de barre — sauf dans le cas où un lessivage partiel lui donne une teinte rosée ou jaunâtre

est une roche friable, très fissurée. La couche qu'il constitue donne souvent l'impression d'une accumulation de gros blocs.

Quant au gneiss, il est entièrement kaolinisé, mais sa texture originelle a été conservée, etses feuillets verticaux, d'orientation magnétique Nm-40°-E (1), demeurent très nets (PI. IX, 2).

1. Toutes les orientations indiquées au cours de ce travail sont, sauf mention spéciale, rapportées au nord magnétique (représenté par le signe Nm) pour les années 1904 à 1906. Comme les variations de la déclinaison ont été, pendant ce temps, inférieures à 10! pour chaque point, il n’y a pas à en tenir comple, les

Les sources jaillissent entre le grès et le gneiss : celui-là constituant une masse poreuse où la circulation des eaux est facile, celui-ci représentant au contraire un niveau imperméable avec ses feldspaths kaolinisés.

L'espace compris entre les deux roches forme un vide qu'il faut attribuer à l'action des eaux : le gneiss, très altéré, a été enlevé sur une certaine épaisseur, en même temps que quelques menus éboulements dans la masse des grès venaient augmenter encore l'intervalle préexistant.

Le débit des sources de Zagnanado est important. Il y a, en outre, de nombreux suintements au contact du grès et du gnelss.

La source Demfoli, à Thoun, se trouve au fond d'un véritable entonnoir. Elle coule sur un lit de grès (PI. IX, 1) au ciment légèrement argileux, et sillonné de filonnets parfois parallèles. Ces filonnets, de composition minéralogique identique à celle de la masse elle-même, ne semblent pas être autre chose que des fractures multiples, remplies postérieurement de sable blanc qui à été recimenté.

Les grès blancs sont surmontés irrégulièrement d'un grès argileux, rougeûtre, friable, à grain très fin, et légèrement caverneux, qui, à la surface du sol, se transformerait en grès ferrugineux compact. Ici, la différence de perméabilité des couches superposées apparait beaucoup moins nettement, mais ce défaut est compensé par un dispositiftopographique plus favorable que précédemment.

A Parahoué, le sol est recouvert uniformément de terre de barre dans les endroits élevés, avec immédiatement au-dessous un grès ferrugineux grossier, peu abondant. Dans les endroits d'altitude moindre, on rencontre du conglomérat ferrugineux.

Il est certain que celui-ci s'est formé aux dépens de roches acides et de schistes métamorphiques dont on voit des blocs non

chiffres étant toujours exprimés en degrés. J'ai signalé précédemment les deux seules valeurs données pour la déclinaison. On a vu qu’elles différaient sensiblement. Le feuilletage des gneiss de Zagnanado est appréciable sur la photographie de la PI. IX, 1, au premier plan, à gauche, dans une partie qui n’est malheureusement pas au point.

LES EAUX SUPERFICIELLES 133 encore décomposés, mais il n’est pas possible de savoir à quelle profondeur ceux-ci forment une masse compacte imperméable.

On ne peut donc dire si, pour les sources de Parahoué, où la végétation est très dense, la présence d’une roche sous-jacente a pu élever le niveau hydrostatique. Le fait est très vraisemblable, mais la brusque différence de niveau, au point où se trouve les sources, a pu suffire pour déterminer le drainage des eaux souterraines.

C'est du reste ce qui se passe à Abomey pour les sources Dido, lesquelles sont, au pied du plateau, dans une tranchée d’environ 6 mètres de profondeur, c'est-à-dire dans des conditions rappelant celles de Zagnanado. Mais ici, on ne rencontre plus sous la terre de barre (3 m. environ) qu'une formation très semblable, seulement moins homogène. Au fond de la tranchée, on remarque de petites cuvettes d'où l’eau s'écoule comme à Allada. Bien qu'on ne rencontre pas de couches particulières au niveau de la source, elles existent néanmoins à une faible profondeur puisqu'on les rencontre partout aux environs (roches éruptives fraiches ou décomposées).

Quant à la source de Paouignan, elle est sur une hauteur, sans doute au contact du gneiss et du conglomérat ferrugineux. L'abondance de la végétation ne m'a pas permis d'arriver au point où l’eau sort du sol.

J'ai tenu à développer les renseignements recueillis sur toutes les sources du Bas-Dahomey, parce que, dans cette partie de la colonie, les causes de leur formation apparaissent tout d’abord comme très variables. On voit au contraire qu'on se trouve en présence d’un seul type caractérisé par l'existence simultanée d’une dépression brusque (souvent même une sorte d'entonnoir) et d’un niveau de draînage imperméable. En d’autres termes, elles affectent à la fois les caractères de sources de thalwegq et de

sources d'affleurement.

Dans le Haut-Dahomey, au contraire, les sources sont exclu-

sivement des sources de thalweg (1). Mais elles ne peuvent exister qu'au pied d'accidents du relief étendus et suffisamment perméables.

Les sources les plus nombreuses et les plus importantes dans le nord sont celles de l'Atacora. À Kouandé, elles s'écoulent au pied des hauteurs sans qu'aucune roche sous-jacente particulière soit venue faciliter leur établissement. Sans doute, des diaclases, des désagrégations locales, des superpositions d'assises continues ont pu déterminer la position exacte d'une source, mais néanmoins on peut affirmer que tout s'est passé comme s'il s'agissait d’un massif homogène moyennement perméable (2).

Sur le versant méridional du massif, les principales sources en dehors de celles de Kouandé sont celles de Birni, de Nioro, de Firou, auxquelles il faut rattacher celle de l'Afon près de Sobrokou (3). Sur le versant septentrional, je ne connais que celle voisine de Pébourgou; par contre dans l’intérieur du massif il en existe un assez grand nombre ; mes itinéraires ne m'en ont fait rencontrer que sur la route de Firou à Konkobiri, mais il est certain qu'il s’en trouve beaucoup d’autres.

Entre Konkobiri et Logobou, à deux heures environ du premier de ces deux villages, on traverse une série de hauteurs gréseuses d’une cinquantaine de mètres d’élévation. Au pied de l'une d’elles naît une petite source ; il y a tout lieu d'en rapporter l'établissement aux causes indiquées pour l'Atacora.

Il en est de même pour les sources qui apparaissent au pied de la falaise gréseuse du Gourma (Iérina) et qui drainent la partie septentrionale du plateau.

La source de Bembéréké est également de tous points com-

1. C'est également le cas pour les sources d'Adjohon, qui se trouvent au pied de la falaise gréseuse dominant l'Ouémé. Elles sont sensiblement à la hauteur des caux du fleuve, et par conséquent montrent l'affleurement régulier du niveau hydrostatique. .

2. Ce massif n’est perméable que grâce aux fentes nombreuses des roches qui le constituent.

3. Je n'ai point visité celles-ci, mais les renseignements recueillis, joints

aux observations que j'ai pu faire, montrent que des sources pérennes se trouvent bien dans la région.

parable à celle de Konkobiri, bien qu'elle soit plus importante. Les hauteurs d'où elle sort ont évidemment une composition minéralogique toute différente, mais leurs caractères physiques extérieurs (dureté, mode d'érosion) sont identiques et autorisent le rapprochement fait ici.

Il existe en outre de nombreux endroits, où, à la faveur de conditions très favorables, ilse produit quelques suintements irréguliers. Mais je n'ai pas cru devoir en faire mention au cours de cette énumération déjà longue.

Régime hydrologique.

Sauf dans l'Atacora, je ne crois pas qu'il y ait d’autres sources pérennes que celles mentionnées précédemment. Aussi demeure-t-on surpris de leur petit nombre par rapport à l'impression que donne le réseau hydrographique des territoires parcourus, ainsi quil est représenté sur les cartes.

Quelques-unes de ces sources, grâce à des conditions particulièrement favorables, parviennent à donner naissance à une rivière ; mais presque toutes engendrent des ruisseaux qui se perdent après quelques kilomètres de parcours. L'évaporation à la surface du sol ne tarde pas à diminuer très rapidement leur volume déjà très faible, ce qui les rend incapables d'irriguer de vastes espaces.

A la saison des pluies, le débit des sources n’est pas considérablement accru, ce qui montre combien est lente l'infiltration des terrains superficiels. Mais, par contre, les eaux de ruissellement viennent s’accumuler dans les dépressions et donnent ainsi naissance à des rivières tumultueuses et profondes.

C'est là en effet le caractère de tous les cours d’eau du Dahomey. Qu'ils soient alimentés ou non de sources pérennes, leur lit est toujours à sec pendant l'hiver ; mais pendant l’hivernage ils se transforment en rivières torrentielles, et, aussitôt après les dernières pluies, leur niveau baisse avec rapidité et leur cours tarit de nouveau.

Quant aux fleuves, tous (sauf le Niger, auquel la masse des eaux assure une régularité relativement plus grande) ne sont

représentés à la saison sèche que par des biefs plus ou moins profonds que réunissent de minces filets d'eau vive.

En somme, on peut dire qu'au Dahomey le régime hydrologique n’est qu'une des formes du ruissellement, canalisé en partie par la topographie.

Voici d’ailleurs quelques chiffres qui ont pour effet de préciser les variations de régime :

La rivière Ouéna, à 5 kilomètres environ de Dunkassa, n’est indiquée, en saison sèche, que par le lit d'un ruisseau totalement privé d'eau. Lors de mon passage, en septembre 1905, elle avait 50 mètres de large et 2 mètres de profondeur. Sa vitesse était telle que toutes les amarres lancées furent rompues par le courant.

Dans le Gourma, le lit de la rivière Tiounga (30 mètres environ, berges de 4 à 5 mètres de large), celui de la rivière Yanga (2 branches dont l’une à au moins 60 mètres, avec des berges de 4 mètres), sont complètement à sec pendant l'hiver ; ces rivières débordent largement à la saison des pluies. Le Mono, à Athiémé (PI. XII, 1) n'est représenté en saison sèche que par un ruisseau de deux à trois mètres de largeur, avec une dizaine de centimètres de profondeur. A la fin de l'hivernage, non seulement il remplit entièrement son lit (largeur 100 mètres, berges 3 à 5 mètres), mais encore il inonde une grande partie des régions qui le bordent. ,

Il en est de même du Couflo, lequel, à quelques kilomètres de son embouchure, ne parvient plus à repousser, en saison sèche, les eaux que la mer refoule vers l'intérieur ; il n’est alors-qu'un ruban d'eau stagnante, de quelques mètres de large (PI. XIIT, 2) mais à la saison des pluies, il s'étend sur plusieurs kilomètres.

J'ai vu l'Ouémé monter d'un mètre en une nuit ; en certains points, il monte, paraît-il, de 10 mètres en quelques jours (1). Quant au Niger, en un mois, son niveau s'élève de 5 mètres environ, et ses eaux couvrent alors en certains points une surface presque double de celle qu’elles occupent en saison sèche.

Le fait est donc général pour toute la colonie. L'influence

Page 1