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ACTION SUR LES GRANITES ET LES GNEISS

Comparés aux quartzites, les granites et les gneiss s’usent beaucoup plus rapidement, ce qui tient évidemment à leur composition minéralogique. Aussi, dans le lit des fleuves, ces roches se présentent-elles toujours dépourvues d’'arêtes vives, et certaines d’entre elles, les pegmatites surtout, sont-elles susceptibles d'acquérir un poli remarquable.

Si les granites et les gneiss se comportent de même au point de vue de l’usure de leurs éléments, il n’en est pas moins vrai qu'en raison de leur diversité de structure ces roches affectent une altération superficielle différente. C'est à un point qu'on arrive à diflérencier, du premier coup d'œil, les divers granites ou les divers gneiss qui tapissent le lit d’un fleuve, malgré la patine uniforme qui les recouvre généralement. Ainsi plusieurs gneiss, qu'un examen macrospique ne permettrait pas de différencier sur une cassure fraiche, présenteront : les uns une surface lisse et polie, les autres seront rugueux, d’autres encore caverneux (fig. 17).

Les minéraux durs entrainés par les crues accroissent considérablement le travail des eaux. C'est à eux qu’on doit l’usure rapide des blocs qui tapissent le lit des fleuves. Lorsque les barrages sont importants, les actions tourbillonnaires participent beaucoup à leur destruction. Les marmites de géants nuisent déjà à la solidité du banc rocheux lorsqu'elles atteignent, comme sur le Mono, au rapide d’Adjarala, 3 et 4 mètres de hauteur (PI. XI, 1). Mais ce banc rocheux est bien près de disparaitre lorsque les marmites deviennent si nombreuses qu’elles communiquent presque toutes les unes avec les autres, leurs parois com-

munes ayant été souvent usées jusqu’à disparaître (Adjarala) (1) (PI. XI, 2).

Il est évident que les sables sont les outils presqu'exclusifs du creusement de ces marmites, les galets étant extrêmement rares. Les excavations sont toujours très sensiblement cylindriques avec un fond concave ou horizontal. Le type à fond convexe (PI. XI, 2) est exceptionnel ; comme il nese trouve que dans les cavités éventrées et que ce mode d'usure peut être dû à des actions postérieures du creusement, il n’est pas possible de se faire une opinion sur la raison pour laquelle la force centrifuge est dans ce cas si développée.

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