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Fig. 17. — Rapide d’Adjarala.
Les marmites de géants observées, qui ont toujours leurs parois lisses, se développent beaucoup plus facilement aux dépens des granites dont la constitution est homogène qu'aux dépens des gneiss qui se débitent plus irrégulièrement. La photographie de la PI. XI, 1, prise justement à Adjarala, montre l'allure des marmites, très régulières à la partie supérieure (granite),
1. L'aspect de cette partie du rapide d’Adjarala rappelle beaucoup la descriplion des marmites donnée par J. Brunhes (C. R. A. Sc. CXXXIV, pp. 354- 357) pour la cataracte d’Assouan. Au Dahomey, la largeur des marmites n'excède également pas deux mètres.
se modifiant brusquement à partir du niveau où le sous-bassement gneissique commence (1).
L'influence de la diversité de structure des granites et des gneiss apparait surtout lorsqu'on envisage l’action des eaux courantes sur des masses importantes : la topographie locale peut s'en trouver modifiée.
Lorsqu'il s'agit de granites francs, ils sont usés d'une façon très régulière, de manière à former des dalles d'une pente toujours un peu vive sur laquelle les eaux glissent rapidement.
Par leur inégalité de constitution suivant certaines directions, d'où résulte une inégalité de résistance suivant certains plans, les gneiss constituent des obstacles autrement sérieux.
Ainsi qu'on le verra relativement aux descriptions dans la partie consacrée à la géologie, il n'y à souvent aucun rapport entre l'orientation d'un fleuve en un point considéré et celle des accidents rocheux qui lapissent son lit au même endroit. Comme dans une région déterminée les plans de schistosité des gneiss affectent une direction qui est très constante, le fleuve, s'il est un peu sinueux, fera successivement tous les angles possibles avec cette direction. Dans tous les cas, l'érosion sera très irrégulière. Lorsque la direction des plans de schistosité des gneiss sera parallèle à l'axe du fleuve, celui-ci se bornera à affouiller les parties les plus tendres de la roche ; il se développera un système de cannelures plus ou moins profondes sur lequel le fleuve aux hautes eaux passera sans difficulté. Si au contraire les plans de schistosité des gneiss sont normaux à la direction du fleuve, l’action des eaux sera autrement efficace : les moindres fractures intéressant la roche seront peu à peu agrandies et des bloc énormes seront détachés. Leur accumulation en certains points pourra former un nouvel obstacle parfois aussi puissant que celui constitué déjà par le barrage primitif. Lorsqu'un fleuve franchit de pareils affleu-
!. La chute d’eau qu'on aperçoit sur celte photographie offre cet intérêt d'indiquer avec exactitude le débit du fleuve Mono, à la fin de la saison sèche. Pendant l’hivernage, cette petite cascade, d'environ trente centimètres de largeur, est remplacée par un cours d’eau puissant qui recouvre tous les obstacles et déborde de son lit, large cependant en cet endroit de plus de 100 mètres. Le mot « Adjarala » signifie textuellement « le point où l’eau coule des marmites ».
H. HUBERT. — Mission scientifique au Dahomey. DIPAVIRTÉ