‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 81 sur 276 · BASSIN DU NIGER · texte numérisé non relu

BASSIN DU NIGER

Tel que nous le connaissons aujourd'hui, c’est-à-dire tel que nous le montrent quelques cartes très récentes, le bassin du Niger, dans le tronçon considéré, offre un excellent type de réseau orthogonal (1).

Les influences tectoniques les plus nettes sont celles qui se traduisent aujourd'hui encore par l'existence de l'Atacora et des massifs cristallins parallèles (chaîne de Bouay). Ces accidents, qui prolongent (avec une orientation légèrement différente) ceux du bassin de l'Ouémé, ont déterminé la direction de tous les affluents du Niger, bien au delà même des limites des pays visités. C'est à eux que sont dus également les coudes du Niger de la région du W et la plupart des rapides (Boubon, Kirtachi, Kompa, etc). (2).

4. Je ne considère ici que les affluents de la rive droite : les dallols peuvent échapper à celle considération, mais n'oublions pas que leur régime est très spécial et que leur cours se déroule dans des régions désertiques nettement différentes de celles traversées.

2. Cestdans ce sens que j'avais autrefois formulé des hypothèses avant d'avoir pu visiter ces régions. La seule restriction qui soit à faire est que les accidents ayant eu une influence sur l'évolution du réseau sont surtout d'ordre tectonique et non pas, Comme je le pensais tout d’abord, principalement d'ordre topographique.

Tandis que les affluents du Niger ne semblent pas avoir subi de modifications de direction appréciables depuis l'établissement des plissements anciens, il n’en est pas de même pour le fleuve. Déjà la constitution des quartzites dans la région du W, où les dépôts torrentiels et les galets roulés sont nettement discernables, montrent qu'une artère très puissante existait en certains points de la vallée actuelle du Niger, avant même l'individualisation de l'Atacora.

Mais c'est seulement à une époque très postérieure que le Niger à adopté l'allure que nous lui connaissons aujourd'hui. La présence de la mer tertiaire en aval de Tosaye (1), celle de la mer pléistocène à Tombouctou (2) montrent surabondamment que dans son ensemble le fleuve ne forme une artère continue du Fouta-Djalon au cap Formose que depuis la période contemporaine.

En ce qui concerne sa branche descendante, qui nous occupe seule, elle s’est établie après le dépôt des grès argileux, beaucoup plus récents (3) que les formations affectées de plissements(schistes cristallins, quartzites). Le fleuve s est creusé rapidement une vallée au milieu de ces grès ; il les a entamés profondément, et, comme il n'a rencontré aucune résistance appréciable, il à pu adopter d'autant mieux la direction rectiligne qui lui convenait le mieux. Ainsi s'explique, contrairement à ce qui se passe pour toutes les artères du Dahomey, que cette direction n'ait aucun rapport avec celle des plissements.

Plus tard enfin, sa vallée était définitivement établie lorsqu'il a atteint le sous-bassement de roches cristallines (éruptives ou métamorphiques), de direction normale à la sienne. Alors trois cas se sont produits. Ou bien les roches anciennes étaient entièrement décomposés, et elles se sont laissé affouiller comme les grès argileux ; — ou bien elles ont subi des actions érosives nota-

4. A. de Lapparent. Sur l'extension des mers crétacées au Soudan in Comp. Rend. Ac. Sc. CXXXX, pp. 349-350. Paris, 1904.

2. À. Chevalier. Sur l'existence probable d’une mer récente dans la région de Tombouctou, in Comp.Rend. Ac. Se. CXXXIL, pp. 926-928. Paris,

Page 1