INFLUENCE DES ACCIDENTS DU RELIEF
Pour tout ce qui vient d’être dit précédemment, il convient d'établir une différence très nette entre l'influence des accidents tectoniques et celle des accidents du relief.
Les actions tectoniques sont des mouvements de l'écorce terrestre, généralement tangentiels, qui se traduisent, au moins superticiellement, par des plissements ou des fractures. Ils affectent au Dahomey une continuité remarquable et coïncident toujours en direction avec les grandes artères (sauf le Niger). Les accidents du relief sont fonction de la direction des plissements, de la constitution pétrographique, et de l’action des agents exté-
rieurs. Au Dahomey, ils coïncident souvent en direction avec les plissements, mais ils ne sont pas continus. De plus, ils sont susceptibles de subir, dans une période géologique relativement courte, les plus grandes modifications. Leur influence, pour un pays comme le Dahomey, peut donc ne pas porter sur un bassin tout entier, mais être très localisée.
Afin d'éviter les redites, je montrerai combien est médiocre, dans toute la colonie, l'influence du relief sur la direction des rivières.
a) Lignes de partage des bassins. — On a vu que les lignes de partage du Niger et de l'Ouémé d’une part, du Niger et de la Volta d'autre part, ne correspondaient à aucune ligne de faite.
Par contre, l'Ouémé et la Volta sont séparés par l'Atacora. Mais ce massif semble ètre un obstacle plus grand entre la Mekrou etla Tapoa (affluents du Niger) qu'entre la Volta et l'Ouémé, car les tributaires de ces deux fleuves naissent l’un et l’autre au centre de la région montagneuse, souventen des points qu'aucune ligne de relief ne sépare plus. = b) Lignes de partage secondaires. — Les cours d'eau étant alimentés par le ruissellement, il n'ya pas de raison pour que les lignes de hauteur, généralement discontinues, soientdes lignes de partage. Il estévident qu'entre deux dômes, rien ne fait obstacle à la marche régressive d’une rivière torrentielle, et comme ces dômes sont généralementimperméables etdénudés, les eaux qu'ils reçoivent ne sont jamais canalisées. Il n'y à du reste pasde raison pour qu'il s'établisse en un point spécial un thalweg puissant, puisque les eaux qui tombent sur les dômes s’écoulent également de tous les côtés. C’est pourquoi les rivières cherchent seulement à allonger le plus possible leur cours et vont presque toujours prendre naissance dans des régions d'altitude médiocre, en tous cas notablement inférieure à celle des dômes qui parsèment la contrée.
Ce fait est très général ; on trouve la preuve à chaque pas au Dahomey.
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