ANALYSE DES ACTIONS SUPERFICIELLES
On peut ainsi diviser la région des actions superficielles en quatre zones successives :
Première zone. — Les lames se creusent de plus en plus, mais ne déferlent pas. La vitesse de déplacement à la surface est nulle. Pour 1906, cetté zone s’étendait depuis le large jusqu'au 20e pylône du wharf (établi à 106 mètres du rivage, profondeur moyenne de l'océan en ce point3 m. 20).
Deuxième zone (formation de la volute de barre). — Comme on l’a vu, la lame venant du large déferle par suite du relèvement du fond et de l'insuflisance de la profondeur. À ces deux causes principales s'en ajoutent deux autres accessoires : 1° obstacle offert par la masse liquide située le Tong du rivage, opposant au mouvement ondulatoire venant du large une résistance qui peut être considérable ; — 2° abondance du sable en suspension dans cette masse liquide, ce qui vient augmenter la force d'inertie qu'elle oppose à la propagation du mouvement ondulatoire.
Au moment où le mouvement ondulatoire se transforme en un mouvement de translation, celui-ci acquiert une vitesse considérable qu'on n a pas mesurée — la mesure approchée serait possible en se servant d’un cinématographe — mais qui est certainement voisine de 40 kilomètres à l'heure.
Dans cette zone, entre deux lames déferlantes il y a toujours une période de calme.
4. On a écrit que la première volute se formait à 300 mètres dela côte. C’est une erreur manifeste puisque le wharf de Cotonou ne s'avance même pas à 230 mètres du rivage et que les phénomènes superficiels ne se produisent que dans la moitié contiquè à la terre.
La cause principale de la formation de la première volute étant le relèvement du fond, cette volute se produira toujours sensiblement à la même distance du rivage, soit, pour 1906, aux environs du 19° pylone du wharf({) (établi à 94 mètres de la côte, profondeur moyenne de l'océan en ce point 2 m. 40).
Troisième zone (volutes de plage). — D'ordinaire le mouvement de translation de la première vague est amorti assez rapidement au point de devenir nul. Mais le mouvement ondulatoire direct persiste ; ilse compose, comme on l’a vu, avec le mouvement ondulatoire réfléchi pour former les volutes de plage. Seulement la position de celles-ci n’est pas constante, parce que la période vibratoire comprise entre deux ondes directes n’est pas régulière.
Les déplacements continuels des volutes de plage sont mis en évidence par le relief, car les sillons qui marquent leur place existent en nombre variable (un ou deux) et souvent font défaut. Si la place des volutes était constante par rapport au rivage, il faudrait, contrairement à ce qui se produit, que la place des sillons fût toujours aussi relativement la même.
Cette troisième zone est très étendue par rapport à la précédente, elle commence à une distance variable en arrière du 19° pylone et finit au 8° (ce dernier établi à 10 mètres du rivage, profondeur moyenne de l'océan en ce point 1 m. 30). Par conséquent il s'y trouve presque toujours une onde directe (ou deux) en conflit avec une onde réfléchie (ou deux) (1). C'est la zone la plus dangereuse : les eaux y sont constamment en mouvement ; elles
4. A Cotonou, où les phénomènes superficiels paraissent plus réguliers qu’ailleurs, les volutes se forment généralement dans l’ordre suivant :
49 Volute de plage à proximité de la côte ;
20 Volute de plage sensiblement au milieu entre la précédente et la barre ;
30 Volute de barre.
Le temps qui sépare la formation de chacune de ces trois volutes est ordinairement tel qu'au moment où la 2° volute de plage atteint son maximum d’amplitude, la {re volute de plage a déferlé sur la côte et la volute de barre commence à déferler. C’est ce que montre précisément la photographie de la planche XIV 4. Tous les instantanés que j'ai eus entre les mains sont beaucoup moins intéressants au point de vue de la théorie parce qu’ils sont pris au moment où la 4e volute de plage a son maximum d'amplitude, de sorte que si l’on distingue très bien la 2e volute de plage, on ne peut voir la volute de barre.
sont jaunâtres et boueuses par suite de la quantité de sable qui est soulevé au passage de chaque vague, et leur surface est continuellement recouverte d'écume.
Les mouvements de translation à la surface n’ont guère lieu que dans le sens de l’onde directe.
Quatrième zone. - Il n'y a plus jamais qu'une vague directe ou une vague réfléchie. La vitesse de translation à la surface dans un sens ou dans l’autre est faible, souvent nulle, sauf bien entendu lorsque la vague s'étale sur le rivage ou qu'elle le redescend.
Cette zone a dix ou douze mètres de largeur seulement.
On à attribué les hauteurs les plus diverses aux volutes. Celles-ci, comparées aux pirogues qui les traversent, n'apparaissent jamais supérieures à 2 mètres par beau (emps (1). Par mauvais temps, auquel cas je n'ai pas de chiffres, même approximatifs, je me bornerai à signaler que les volutes demeurent toujours très au-dessous du tablier du wharf, lequel ne domine que de 5 m. 52 le niveau moyen de l'océan.