ÉTUDE ANATOMIQUE ET MORPHOLOGIQUE
Si la forme, le poids, les dimensions de la glande pinéale présentent de nombreuses variations, sa situation anatomique et ses rapports diffèrent peu suivant qu’on la considère chez l’homme ou chez la plupart des mammifères, ce qui va nous permettre d’en donner un aperçu anatomique général, quittes à signaler ensuite les différences intéressantes se rapportant aux espèces étudiées.
Du reste, au point de vue purement anatomique, la glande pinéale est trop bien connue pour qu'il soit nécessaire d’insister longuement.
Tandis que chez l’embryon, le plancher du Thalamencéphale émet un bourgeon qui donnera le lobe postérieur de l’hypohpyse, son plafond s’épaissit considérablement en avant pour donner les couches optiques, et, immédiatement en arrière, émet une invagination qui sera la glande pinéale ou épiphyse.
Cet organe, le «Conarium », dont nous étudierons tout à l’heure la morphologie propre, est facile à mettre en évidence avec ses moyens d'attache et ses rapports, sur des cerveaux frais ou dureis par le formol, cette opération, si elle n’est pas trop brutale d'emblée, ne modifiant pas sensiblement sa position naturelle et facilitant singulièrement la dissection.
Lors du prélèvement des cerveaux, il est nécessaire, surtout chez le Porc, le Bœuf et tous les jeunes animaux, de ne pas extraire trop brutalement l’organe de son sac méningé, sans quoi, et nous en verrons la raison, c’est en vain qu'on chercherait la glande à sa place habituelle : elle serait restée adhérente aux méninges par son sommet.
SITUATION. — Après avoir déposé le cerveau sur sa face inférieure, écartons l’un de l’autre les deux hémisphères et incisons Corps calleux et Trigone; nous tombons ainsi dans le troisième ventricule.
C’est alors, qu’exactement sur le plan médian. juste au niveau du bourrelet du corps calleux, faisant saillie sur le toit de la paroi dorsale du troisième ventricule, en arrière des couches optiques, entre les deux tubercules quadrijumeaux antérieurs, nous apercevons, souvent encore dans ses enveloppes, la glande pinéale ou épiphyse (fig. 5).
D'un animal à l’autre, la pinéale varie beaucoup de forme et de dimensions, mais cette variabilité est également remarquable pour une même espèce, comme nous le verrons plus loin.
On peut dire cependant qu’en général, l’épiphyse se présente sous la forme d’une petite masse conique dirigée de bas en haut et d'avant en arrière, assez souvent pigmentée en noir, d'aspect lisse, à moins qu'elle ne soit bosselée par des calculs plus ou moins gros et plus ou moins nombreux qui peuvent lui donner l'apparence d’une petite mûre.
Sa base est comme fendue d’un côté à l’autre, ce qui permet de distinguer une lèvre supérieure et une lèvre inférieure, limitant une sorte de cul-de-sac appelé récessus pinéal ou ventricule pinéal, ouvert en avant et en bas.
MOYENS D'ATTACHE. — Les attaches de la pinéale avec le cerveau sont fragiles. De la lèvre supérieure se dégagent en avant deux petites languettes d'apparence nerveuse qui vont se perdre dans le tissu des couches optiques sur le bord de la dépression qui les sépare l’une de l’autre. Ce sont les pédoncules antérieurs ou freins, ou habenae (rênes), ou habenulae (petites rênes), entre lesquelles, à la base donc de la pinéale, vient s'ouvrir l’aqueduc de SYLVIUS (ouverture commune postérieure de certains auteurs).
La lèvre inférieure se continue par une languette également d’apparence nerveuse qui rattache la glande aux tubercules quadrijumeaux antérieurs et à la commissure postérieure. C’est le pédicule pinéal ou pièce intercalaire d'OBERSTEINER et MaR- BURG. On à signalé d’autres pédoncules (pédoncules moyens), mais ils semblent souvent faire complètement défaut. Chez les
TRS ee)