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LES VAISSEAUX ET L'IRRIGATION SANGUINE

Ce qui frappe dans la glande pinéale, c’est souvent son extrême vascularisation.

Elle est baignée d’un tissu où surabondent les vaisseaux sanguins dont certains s’accolent à sa surface, s’abritent dans les sillons dont elle est fréquemment creusée et collaborent à sa fixité (fig. 14 à 21-39-78).

Ceux qui pénètrent à l’intérieur s’y ramifient à l'infini en un réseau de multiples capillaires. Les plus gros trones suivent ou déterminent les espaces interlobulaires, accompagnés d’un conjonctif plus ou moins abondant. Mais on trouve sur les coupes, une grande quantité de capillaires réduits parfois à un simple endothélium et bourrés de globules, simulant une véritable poussée congestive de l’organe.

Souvent, et même très souvent chez les bovidés, en ouvrant en deux une glande pinéale d’un coup de ciseaux ou de scalpel, on voit, tranchant sur le fond jaune, des taches rouges d'aspect hémorragique. Ces taches hémorragiques nous ont paru si fréquentes que nous nous sommes demandé si elles ne se produiraient pas au moment de la mise à mort de l’animal en raison de son assommement, mais il n’en est rien, car nous les avons retrouvées chez des animaux abattus par tout autre procédé.

Au microscope, ces taches se révèlent comme des hémorragies en nappe, les cellules pinéales se trouvant noyées dans une multitude de globules rouges. Par contre, pas de trace d’inflammation ni d’altération d'aucune sorte, pas plus des cellules que des globules. On a l'impression d’être en présence d’un phénomène normal d’extravasation globulaire (hémorragies précalculeuses, voir p. 180).

Du reste, indépendamment des plages hémorragiques, des globules rouges erratiques sont fréquemment rencontrés. Il

semble que les capillaires débouchent et dégorgent leurs globules dans les mailles du tissu épiphysaire en dehors de toute lésion congestive où inflammatoire. On à en tout cas l’impression que les échanges peuvent être extrêmement intimes et faciles à ce niveau.

Les vaisseaux de l’épiphyse ont parfois une paroi extrémement épaissie, à l’intérieur de laquelle nous avons même trouvé des calculs.

Cet épaississement de la paroi des vaisseaux est surtout commun chez les animaux âgés, mais n’entraîne pas forcément une sclérose avancée de la glande.

Le calibre des vaisseaux semble parfois plutôt gros pour un si petit organe (fig. 46).

Les cellules pinéales sont dans certains cas plus ou moins systématisées par rapport aux capillaires qu’elles entourent, mais ce n’est pas une règle. Au contraire pour ce qui concerne les grains pigmentaires (fig. 50 et 73) qui ne manquent jamais d'accompagner les vaisseaux gros ou petits.

Une vascularisation aussi intense est à notre point de vue un des arguments les plus forts à opposer à l’hypothèse qui fait de l’épiphyse un organe rudimentaire et vestigiel sans fonction physiologique qui lui soit propre; surtout quand ces vaisseaux s’épanouissent dans un tissu lacunaire gorgé de liquide (fig. 60). ou entourent des cavités closes à paroi épithéliale comme dans la figure 69 (huit vaisseaux présentent leur coupe transversale autour du follicule).

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