ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE
Avant d'entreprendre l'étude physiologique d’un organe supposé être une glande à sécrétion interne, il nous à paru nécessaire, afin d'établir un programme logique d’expériences, d'envisager la manière dont il convenait de conduire une telle étude.
Le physiologiste GLEY nous donne à ce sujet d’utiles enseignements (1).
Trois conditions dit-il, permettent de reconnaître sûrement si une glande doit être considérée comme endocrine, et à la fois de découvrir son rôle : la première histologique, la deuxième chimique, la troisième physiologique.
Si on s’en rapporte aux exigences de GLEY, la condition physiologique qui nous occupe ici semble particulièrement ardue, et, à vrai dire, peu d’organes étudiés jusqu’à ce jour y satisfont pleinement.
Pour cet auteur, en effet, il serait nécessaire de déceler et de déterminer l’action physiologique du sang veineux glandulaire.
Autrement dit, il faudrait prélever du sang dans les veines à leur sortie de l'organe et en démontrer l’action physiologique spéciale sur l’organisme. Mais ce n’est pas encore suffisant, car avant d'arriver aux organes auxquels il est destiné, le produit existant dans le sang veineux efférent de la glande étudiée subit beaucoup de modifications (passage à travers les poumons, etc.), de sorte que la substance qui agit réellement peut être différente de celle qu’on recueille dans les veines à leur sortie de la glande.
(1) E. Gzey, Quatre leçons sur les sécrétions internes.
Il faut donc, dit GLEY, pour caractériser une glande à sécrétion interne, pouvoir retrouver dans le sang du cœur gauche ou dans le sang artériel un principe actif dont les propriétés manifestent la présence dans le sang.
Combien de glandes, dont la sécrétion interne n’est pourtant douteuse pour personne satisfont à cette condition ?
En tout cas, pour la pinéale ,nous n’en sommes pas là, et je ne vois pas venir le jour où on recueillera le sang veineux qui s’en échappe, ni où on pourra déceler sa sécrétion dans le sang artériel !
Nous sommes obligés, pour l'instant, de nous contenter de beaucoup moins.
Quelles sont les méthodes d’étude qui s’offrent à nous?
Ce sont les suivantes :
a) L’extirpation de l'organe ;
b) La transplantation ou la greffe.
Ces deux premières méthodes & et b pouvant se compléter l’une par l’autre.
c) L’injection d'extraits :
d) L’ingestion par voie buccale.
&) L’EXTIRPATION. — C’est un procédé qui est facile pour certains organes (testicules, ovaires, pancréas, thyroïde, etc.) et qui permet de tirer des conclusions présentant un maximum de certitude, mais quand il s’agit de la pinéale ?
Chez les oiseaux, qui résistent bien aux traumatismes opératoires même infectants et où la glande est plutôt superficielle, l'opération est bien difficile à réaliser. Sur les mammifères, la situation profonde de l'organe (qu’on ne peut espérer atteindre par voie buccale comme l’hypophyse) ses connexions délicates, la richesse de son irrigation sanguine comme celle de la zone qui lui correspond, ne font pas augurer grand chose de bon pour résultat final. En admettant même que des observations intéressantes puissent être faites par la suite, elles seront toujours entachées de doute en raison des perturbations redoutables apportées dans la physiologie des animaux d'expérience, même survivant longtemps après, par le choc opératoire qu’ils ont subi.
Et encore faut-il être bien assuré de l’extirpation totale, et de la non existence d’une pinéale accessoire (déjà signalée) pouvant échapper à l’opération et même aux recherches postmorten ultérieures.
On pourrait penser à détruire la glande à l’aide de sérums anti faciles à obtenir, mais, outre que les destructions réalisées par cette méthode sont toujours très infidèles et très incomplètes, l’épiphyse contient des éléments communs avec le cerveau, la névroglie par exemple, et risquerait de n'être pas le seul organe atteint.
Quant à l’irradiation, sa situation en profondeur interdit d’y songer.
Nous ajouterons autre chose : Cette extirpation, pour être utile, doit être faite, de toute nécessité, sur de très jeunes animaux, particulièrement délicats, car, sur les sujets âgés, l’ablation de la glande est souvent réalisée sans aucune opération, et sans qu'aucun trouble notable ait jamais été signalé, par infiltration calcaire pouvant atteindre un degré tel que tout tissu vraiment noble semble avoir totalement disparu.
b) LA TRANSPLANTATION OÙ LA GREFFE. — Les deux termes ne sont pas synonymes; la greffe est une transplantation suivie de « prise » de l’organe ou de la portion d’organe transplanté qui arrive à se nourrir et même à prospérer sur le porteur. Si les vraes greffes sont rarement constatées (même avec une technique minutieuse et bien au point comme celle de VoRoNoFrr, les greffes ne sont presque toujours que des transplantations) les transplantations d’organes ou de fragments d’organés sont faciles à effectuer, soit dans le conjonctif sous-cutané, soit dans le péritoine ou une autre séreuse soit en plein nude soit même au sein d’un autre organe.
Il suffit le plus souvent de mettre en place le morceau du tissu choisi en le faisant passer par la canule d’un trocart implanté dans la région voulue. L'opération est facilement aseptique, rapide, ni douloureuse, ni délabrante,; c’est une simple injection de solides à l’aide d’une aiguille ad hoc.
Mais cette transplantation est surtout utile quand elle est pratiquée sur un sujet qui ne possède pas déjà un organe semblable (testicules sur femelles, ovaires sur. mâles, par exemple),
ou chez lequel l’organe étudié est manifestement déficient (greffes de rajeunissement de VORONOFF) ou a été expérimentalement extirpé.
Dans ces conditions, qui ne sont pas les nôtres, cette méthode présente sur l’injection d'extraits des avantages qui sont les suivants : on est sûr d'introduire dans l'organisme récepteur la totalité des sécrétions non altérées, de l’organe à étudier. Les transplantations n’ont pas besoin d’être répétées aussi souvent que les injections d'extraits. Malheureusement, là aussi, les observations peuvent être faussées par les perturbations d'ordre anaphylactique, parfois graves, apportées dans un organisme par l'introduction réitérée dans la circulation, d’albumines étrangères.
c) LES INJECTIONS D’EXTRAITS. — (C’est une méthode d’étude très courante et d'application facile, mais dont les résultats valent ce que valent les extraits injectés, pour lesquels plusieurs conditions doivent être réalisées :
19 On doit injecter des extraits totaux, sans quoi ce n’est qu'une partie des effets de la sécrétion qui se manifestent;
29 La sécrétion ne doit pas être altérée par les manipulations et les traitements physiques et chimiques que son extraction fait subir à la glande;
30 L’extrait doit être obtenu à partir de matériaux très frais, car l’autolyse qui suit immédiatement la mort des cellules peut modifier la sécrétion incluse dans la glande:
40 L’extrait obtenu doit être injecté de suite et être par conséquent de préparation extemporanée ou être susceptible de se conserver plus ou moins longtemps avec toutes ses propriétés ;
5° La solution obtenue doit être injectable (non dommageable pour les tissus qui la reçoivent, et aseptique).
Or, connaît-on un solvant capable d'extraire sans les altérer, tous les produits actifs de la sécrétion d’une glande ?
Ce n’est, en tout cas, ni l’alcool, ni le chloroforme, ni l’éther, ni même la glycérine, ni aucun autre des réactifs chimiques habituellement utilisés. |
Le meilleur serait peut-être l’eau physiologique dans laquelle l'organe serait broyé à froid. Mais aucun procédé physique (filtration, défécation, centrifugation, etc.) ne séparera de la
solution obtenue les albumines dangereuses à injecter. De plus, il n’est pas toujours facile d'obtenir de cette façon un produit aseptique, et sa conservation, même en chambre froide est des plus aléatoire. Le chauffage, en coagulant les albumines et en aseptisant la solution serait un palliatif désastreux, car il risquerait fort de modifier, sinon de détruire, les sécrétions actives dont une bonne partie pourrait, d’autre part, rester fixée aux albumines précipitées, par adsorption.
Mais ces considérations, si sérieuses soient-elles, ne sont pas celles qui nous ont fait proscrire ce procédé d'investigation. On peut parfois, en effet, étudier un extrait à la faveur d’une seule injection (effets sur la pression sanguine, sur la diurèse, ete.), mais comme nos expériences devaient être de longue durée et se poursuivre nécessairement pendant toute la période de croissance de nos sujets, il aurait fallu répéter souvent les injections, voire même tous les jours.
Or, les animaux, toujours plus ou moins indociles, craintifs, redoutant toute manipulation, souffrent plus qu’on ne pense de telles manœuvres; ils deviennent tristes, sont constamment inquiets, prostrés ou agités, mangent mal, maigrissent, leur croissance s’en ressent et les résultats obtenus sont absolument inutilisables.
Je ne citerai ici que pour mémoire un autre inconvénient grave des injections d'extraits devant s’échelonner sur une longue période, c’est le phénomène auquel GLEY a donné le nom de tachyphylaxie, phénomène étudié simultanément en 1911 par CEsa-BrancHt en Italie, ROGER, ANCEL, BouIx, LAMBERT, CHAMPY et GLEY en France, et DoLp en Allemagne. Il consiste dans le fait que l’organisme s’immunise très rapidement contre les effets d’un extrait d’organes, fait qui semblerait bien démontrer que dans ces extraits d'organes peuvent se trouver, en plus des sécrétions utiles, des substances toxiques contre lesquelles l’organisme se défend énergiquement et qui troublent tous les résultats expérimentaux.
INGESTION PAR VOIE BUCCALE. — (C’est encore la méthode que nous avons trouvée la moins mauvaise. File est loin d’être parfaite et au-dessus de toute critique.
GLEY a peut-être raison quand il dit que les physiologistes, n'ayant pas suivi la méthode logique d'étude qu’il préconise,
n’ont réussi qu’à encombrer de trop d’hypothèses non vérifiées et de trop de notions non démontrées, la physiologie et la pathologie.
Mais il s’agit ici de la glande pinéale, et le critérium de GLEY ne saurait, pour le moment du moins, y être appliqué. Nous devons donc renoncer à son étude, ou nous contenter de la moins mauvaise méthode qui soit à notre portée.
On peut évidemment reprocher à l’ingestion par voie buccale le fait qu’on ignore ce que deviennent les hormones soumises à l’action des sucs digestifs, et qu’on ne sait pas si elles arrivent dans le sang par voie intestinale sous la forme où elles se trouvent dans la glande.
Mais la plupart des composés chimiques solubles ingérés passent sans altération dans le sang et puis, il y a surtout les faits très nettement positifs se rapportant à la thyroïde, à la pituitaire, à l’extrait surrénal qui agissent particulièrement bien par voie buccale.
Mac LEop (1) et ses collaborateurs montrent que la survie des Chiens dépancréatés, nourris de viande et de sucre de canne est bien plus longue lorsqu’on les soumet à l’ingestion de pancréas cru que lorsqu'on se borne aux injections d'insuline, extraite de ces mêmes pancréas.
La pratique, déjà longue maintenant de l’opothérapie, montre que c’est encore par ingestion que les glandes à sécrétion interne, desquelles on veut faire un usage prolongé, agissent le mieux.
Enfin cette méthode ne présente pas les multiples et graves inconvénients de celles que nous avons citées plus haut et qui contre-indiquent formellement leur emploi en vue du but que nous poursuivons,
Cette méthode une fois adoptée, il convenait de l’utiliser de la façon la plus rationnelle et la moins critiquable. Pour ce faire, un certain nombre de conditions sont absolument nécessaires.
Les glandes doivent être recueillies sur des animaux qui viennent d’être abattus, encore vivantes si on peut dire, et stabilisées, avant tout commencement d’autolyse, dans l’espace de quelques heures au plus après leur récolte. On risque en effet
(1) Mac Leon, Carbohydrate métabolism and insuline, chap. VII, p. 78.
de tomber sur un produit comme l'insuline ou le principe actif du lobe postérieur de l’hypophyse, qui perdent pendant l’heure qui suit la mort jusqu’à 5 % de leur activité initiale; c’est ce dernier risque qui nous a fait abandonner l’idée de n’utiliser que des organes frais, donnés tels quels, au jour le jour, car ils auraient pu ne pas être mangés immédiatement (1), mais plusieurs heures après seulement.
Tous les procédés physiques ou chimiques brutaux doivent être proscrits comme susceptibles de modifier ou de détruire des sécrétions souvent délicates et instables.
I1 faut disposer d’une quantité suffisante de glandes pour pouvoir en donner un poids relativement considérable.
GLEY et QUINQUAUD montrent que pour produire un effet avec de la thyroïde, la substance de toute une glande ne suffit pas, mais qu'il faut la matière de deux ou trois organes. Ch. FressINGER fait remarquer qu’une hypophyse de Bœuf pèse en moyenne 2 g. 20, soit 1 g. 80 pour le lobe antérieur et 0 g. 10 pour le lobe postérieur; pour obtenir un effet sensible en opothérapie, il faut employer par jour 0 g. 30 de lobe postérieur, soit la substance des hypophyses de trois Bœufs et que pour un traitement de quelque durée il faut des centaines de Bœufs.
Il est facile de comprendre pourquoi. Une glande, en place, est une usine qui travaille avec une activité parfois extraordinaïire et qui peut déverser dans le sang la quantité nécessaire de sécrétion, mais cette activité s’arrête dès que cesse la circulation sanguine dans la glande prélevée. Heureusement qu’en même temps qu’une usine, la glande est aussi un entrepôt. Mais cet entrepôt est très réduit et nous ne disposons en fait de sécrétion que de ce qui peut subsister dans cet entrepôt au moment de la récolte de l’organe.
Or, dans cet entrepôt, il ne reste pas grand chose du fait de l'extraordinaire vascularisation des glandes endocrines en fonctionnement, l’épiphyse en particulier. La sécrétion est emportée
(1) Notamment par les Rats qui ne mangent que la nuit. Nous verrons que pour les têtards, il n’en est plus de même et qu’il est possible de leur faire ingérer les glandes aussitôt leur récolte.
dans le torrent circulatoire presqu’au fur et à mesure de sa formation.
Ajoutons que pour que les effets obtenus soient appréciables, décelables, il faut qu’ils soient anormalement grands, qu'ils produisent des perturbations mesurables: si on restait dans une limite physiologique, on n’observerait rien. Il faut obtenir un hyperthyroïdisme, un hyperpituitarisme, un hyperpinéalisme, etc., et c’est pourquoi on est obligé d'utiliser un poids considérable de glandes.
Dans le cas particulier de l’épiphyse, il faut avoir soin d’éliminer les glandes présentant une infiltration calcaire trop marquée, diminuant d’autant la quantité de tissu actif. et pour obtenir les résultats les plus significatifs, il faudrait comme l'étude histologique nous l’a montré, n’utiliser que des glandes d'animaux aussi jeunes que possible.
Nous ne savons pas encore actuellement, en ce qui concerne une glande quelconque, quel est l’animal susceptible de fournir l'organe le plus actif.
Dans ces conditions, on s’adresse à l'animal qui offre le plus d'avantages pratiques.
C'est ainsi que les bovidés fourniront les testicules (jeunes Taureaux), les mamelles (Vaches de 5 à 6 ans en pleine lactation), les capsules surrénales, les ovaires, les corps jaunes (fréquents et gros chez la Vache), la paroi utérine, la thyroïde (1), l’hypophyse, le pancréas. Le Veau fournit la moelle osseuse, le thymus (ris), le poumon, le foie.
Le Porc fournira l'estomac, l'intestin, le rein, la prostate, la glande interstitielle (testicules énormes chez les adultes), le COrps jaune (moins favorable à notre avis que celui de Vache), l’ovaire.
Le Mouton fournira la thyroïde (1), le pancréas, l'ovaire, le placenta, le poumon (à tort, car il est presque toujours parasité).
Nous avons utilisé la pinéale de Bœuf, parce que c’est la plus grosse, la plus facile à prélever, et aussi parce que les
(1) On ferait mieux de s'adresser au Cheval chez lequel elle est beaucoup plus facile à prélever, car elle est isolée et ses connexions sont très lâches, tandis que chez les autres animaux elle est assez difficile à décoller du larynx,
bovins sont abattus en grand nombre et présentent un mélange d'animaux des deux sexes, d'animaux castrés et de tous âges.
Chaque fois que nous avons voulu donner de la pinéale autrement qu’en nature et à l’état frais, nous avons procédé de la façon suivante :
Les glandes fraîches, aussitôt après la récolte, sont broyées au mortier avec leur poids de sucre et un peu de farine d’orge ou de recoupe de blé. Puis, pincée par pincée, on ajoute de la farine ou de la recoupe jusqu’à l’obtention d’un gâteau solide et sec dont la conservation est pratiquement indéfinie.
Nous utilisons toujours nos glandes dans les quelques jours qui suivent leur préparation, mais nous avons remarqué que des pinéales, conservées de cette façon pendant un an, étaient aussi actives que des glandes fraîches.
Cette observation n’est pas pour nous surprendre, puisqu’un fait analogue et beaucoup plus probant encore a été signalé à propos d’une poudre de liquide folliculaire obtenue par dessiccation dans le vide à basse température et encore active après 22 ans (1).
Comme on a pesé au préalable les glandes, le sucre et la farine d'orge, et qu'on a malaxé le tout jusqu'à homogénéisation parfaite, il n’est pas difficile de préparer de petites portions de gàteau correspondant aux doses qu’on désire faire absorber.
En ajoutant un excès de farine d’orge et en insistant sur le broyage au mortier, on peut obtenir une farine très fine et très homogène. C’est ce qu'il faut faire quand on ne dispose pas d’un nombre suffisant de cages pour isoler chaque animal en expérience et qu’on distribue une ration destinée à plusieurs animaux à la fois. De cette façon en effet, un seul Rat par exemple ne peut s’approprier plusieurs morceaux pour lui seul, ne laissant rien aux autres; au contraire, tous peuvent manger ensemble la farine étendue sur une planchette.
Avec ce mélange, nous avons remarqué qu'aucune précaution spéciale n’était à prendre pour que la dose offerte soit totalement ingérée, car il plaît beaucoup aux animaux; il n’est pas néces-
(1) A. CHoay et S. FAURE. Activité oestrogène d’une poudre de liquide folliculaire 22 ans après sa dessiccation. C. R. Soc. Biol., t. CX, 1932, p. 936.
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saire de le donner avant toute autre nourriture, mais au contraire à n'importe quel moment, il est toujours mangé de préférence à tout le reste.
Ce n’est pas la première fois que des animaux ont été soumis à l’ingestion de substance épiphysaire.
DANA et BERKELEY en donnant une glande fraîche de Bœuf par jour à de jeunes Chats constatent une action favorable sur le développement corporel et psychique de ces animaux. Ces auteurs obtiennent des résultats analogues sur les Lapins et les Cobayes.
En donnant trois capsules d’extrait pinéal par jour à des enfants de 4 et 8 ans pendant trois semaines, ils notent une légère augmentation de l'élimination azotée, plus marquée chez la petite fille de 8 ans que chez le petit garçon de 4 ans.
BERKELEY, donnant pendant plusieurs mois à des enfants une capsule quotidienne d’extrait pinéal tel que cent capsules sont assimilables à douze glandes de jeune Bœuf, note parfois une augmentation de poids et un certain progrès intellectuel (21 observations).
CORNELL et GODDARD, par administration d’épiphyse à des enfants pendant quatre mois note une amélioration des facultés psychiques dans 14 cas sur 21 sans rien observer physiquement.
On connaît l'opinion actuelle selon laquelle l’ingestion d’épiphyse aurait une action favorable sur les troubles du langage chez les jeunes enfants.
Mac Corp et ALLEN, amènent un retard dans la métamorphose de l’axolotl en amblystome par administration de poudre de pinéale desséchée.
Mac Corp en mêlant à la nourriture de jeunes Poulets et Cobayes des glandes desséchées de jeunes bovins, constate une accélération de croissance de 100 % chez les traités contre 77 A chez les témoins, après deux semaines. Par contre, avec des pinéales de bovins âgés, il note un retard de développement.
GROEBBEL et KUHN signalent une accélération de l’évolution larvaire chez les Grenouilles grâce à de l’épiphyse desséchée.
GIAUFERRARI LUISA, alimentant des Truites (Salmo fario) avec de l’épiphyse, amène une contraction des chromatophores sans accélération du rythme respiratoire.
A côté de ces résultats positifs, notons les résultats négatifs : SISSON et FINNAY en 1920, ne constatent aucun effet favorable sur la croissance de jeunes Rats blancs qui recevaient de 1 à 10 centigrammes de pinéale de veau desséchée.
Il en est de même pour BERBLINGER qui, alimentant des Rats avec de la glande pinéale constata plutôt une diminution de poids.
CALVET, récemment, signale qu'aucun changement ne se produit chez les Têtards d’Alyte lorsqu'on leur fait consommer de l’épiphyse de Veau.
En présence de telles contradictions, contradictions qu'on retrouve du reste avec les autres modes d'investigation, il nous a semblé qu'il ne serait pas inutile de refaire à notre manière des expériences portant sur l’ingestion de glande pinéale.