‹ Contribution à l'étude de la glande pinéale ou épiphyseChapitre 51 sur 71 · II. — EXPÉRIENCES PORTANT SUR LUCILIA CŒSAR · texte numérisé non relu

II. — EXPÉRIENCES PORTANT SUR LUCILIA CŒSAR

Cet insecte est particulièrement favorable à ce genre d’expérience, car ses larves, ses asticots, sont essentiellement carnivores, très voraces et leur développement, rapide, est facile à suivre et à observer.

Récolte des œufs et dispositions des expériences : un morceau de viande très rassise, ayant subi une maturation de quelques jours à l’abri des Mouches, est tailladé et placé en un endroit bien exposé, chaud, mais à l’ombre. Presqu’aussitôt arrivent de nombreuses Mouches, parmi lesquelles nous suivons les évolutions des Mouches vertes (Lucilia cæsar).

Bientôt l’une d'elles, à l’abri d’une anfractuosité a déposé sa ponte : un grand nombre d’œufs, agglomérés entre eux, dont nous nous emparons et dont nous faisons plusieurs parts. Chacune

de ces parts est délicatement posée à la surface de l’aliment qui lui est destiné, au fond d’un pot à fleurs (fig. 92).

Ce pot à fleurs est lui-même placé dans un récipient plus grand, fermé par une fine gaze, et dont le fond est recouvert d’une couche de 5 centimètres de sable fin.

La gaze est destinée moins à éviter les évasions qui sont peu à craindre, qu’à protéger la viande contre les mouches qui seraient tentées de venir pondre à sa surface.

L'évolution des insectes passera toujours par les mêmes phases : éclosion des œufs. développement des larves. exode des larves du pot à fleurs vers le sable du grand récipient, transformation en pupes, éclosion de l’imago.

Première expérience. — En juillet une ponte de Lucilia cœsar est recueillie et divisée en deux lots. placés chacun comme il vient d’être dit :

Le premier sur le mélange suivant :

Chair musculaire de Bœuf pulpéeseneisse 3 parties Glande pinéale de Bœuf...... rHrasntl partie

Le deuxième sur le mélange suivant :

Chair musculaire de Bœuf pulpée......... 3 parties Cervelle de Bœuf (hémisphère)............ 1 partie

Dès le lendemain, sous les amas formés par la nourriture grouillent déjà dans les deux récipients de nombreuses petites larves très actives.

Au fur et à mesure du développement des larves, on renouvelle les provisions pour éviter qu’on nous objecte à l’encontre des résultats obtenus, que la glande pinéale, comme la cervelle, étant des organes à décomposition rapide, cette décomposition pourrait amener des modifications profondes dans leur composition et leurs propriétés.

Plusieurs fois par jour, on observe attentivement ce qui se passe dans chacun des récipients; bientôt les larves du premier lot (pinéale) paraissent plus grosses que celles du deuxième; puis, quelques jours après, c’est le contraire. Le huitième jour après l’éclosion, les larves, dans les deux lots, quittent la nourriture et commencent à gagner le sable où elles semblent s’engourdir, se racornir, se durcir, pour se transformer finalement en petits tonnelets chitineux ou pupes dès le 11€ jour.

Le 12e jour, toutes les larves étant transformées, on prend 50 pupes dans chaque lot, on les pèse et on obtient les résultats suivants :

Premier lot (pinéale) : 50 pupes pèsent 1 g. 61 ou, chacune, 0,0322.

Deuxième lot (cervelle) : 50 pupes pèsent 1. g 79 ou, chacune, 0,0358.

Chaque lot de pupes est placé sur du sable, dans un bocal fermé d’une gaze et à l’éclosion des adultes qui eut lieu en même temps pour les deux lots, on obtient :

Premier lot (pinéale) : 45 mouches Lucilia cœsar normales.

Deuxième lot (cervelle) : 48 mouches Lucilia cœsar normales.

Rien ne permet de différencier les insectes issus de l’un ou l’autre lot.

Il s’en suit que la glande pinéale n’a modifié en rien l’évolution de l’insecte,

Les pupes du premier lot (pinéale) sont plus petites que celles du deuxième lot dans leur ensemble, mais dans un lot comme dans l’autre, les pupes ne sont pas d’une grosseur homogène, il y en à de plus ou moins grosses et on peut en trouver dans le premier lot qui sont plus grosses que certaines du deuxième lot.

Il est possible que certaines larves aient mangé de préférence la pinéale ou la cervelle et d’autres le muscle, ce qui expliquerait ces différences. Pour éviter cette cause d’erreur. procédons à une deuxième expérience.

Deuxième expérience. — Nous allons cultiver un lot de larves exclusivement sur de la pinéale, et un autre lot sur le mélange viande-cervelle. Comme les asticots sont voraces et que nous risquons de manquer de glandes, le lot cultivé sur pinéale comprendra peu de sujets.

Dès le lendemain de la récolte des œufs (août) l’éclosion a eu lieu, et fournit de petites larves très vigoureuses dans les deux lots.

Bientôt les larves du premier lot (pinéale) paraissent croître plus vite, puis leur croissance se ralentit. paraît troublée; 5 jours après, apparaît une pupe précoce: les autres larves sont comme engourdies sur la nourriture, beaucoup sont mortes sans raison apparente.

Dix jours après l’éclosion, toutes les larves sont en pupes dans le deuxième lot, alors que dans le premier lot, on trouve encore des larves engourdies et non transformées.

Le onzième jour ,on trouve les résultats suivants :

Premier lot (pinéale) : 3 pupes pesant 0 g. 093, soit, chacune, 0,031.

Deuxième lot : 10 pupes pesant 0 g. 390, soit, chacune, 0.039.

A l’éclosion des adultes. qui à lieu en même temps pour les deux lots, on obtient :

Premier lot : 3 mouches (Lucilia cæsar) normales.

Deuxième lot : 8 mouches (Lucilia cœsar) normales, mais plus grosses que les premières.

Dans la première expérience, la différence de poids entre les pupes était moindre que dans cette deuxième expérience (0 g. 0036 et 0 g. 008); mais, sans qu’on en puisse bien établir

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