LE PRONOSTIC
Commandé par le mode de traitement, la question de souche, l'intégrité organique du sujet atteint, il est normal que le pronostic soit identique pour les conjoints. Cette assertion se trouve encore vérifiée en pratique.
Mais il est bien évident que la question de souche joue un rôle négligeable pour la direction du traitement. Rien ne peut faire prévoir qu'une syphilis s’éteindra d'elle-même ou qu'elle aboutira à la paralysie générale. Il faut donc agir en tout cas comme si on avait affaire à une infection grave, c'est-à-dire, soumettre rigoureusement le malade au traitement contrôlé, jusqu'à ce que le retour au sérum normal ait été obtenu et consolidé suivant les règles formulées par le Docteur A. Vernes dans l’Atlas de Syphilimétrie (page 29), puis, plus récemment, dans le 2° fascicule des « Travaux et hublications de l’Institut Prophylactique » (page 27) : « le résultat est atteint quand ce retour du sérum à l’état normal a été constaté, de trente en trente jours, pendant huit mois consécutifs ; le liquide cérébro-spinal étant normal, non pas à un moment donné, mais au huitième mois, et à la condition formelle d'effectuer tout ce contrôle à partir d'une dernière injection intra-veineuse du type arséno.…. »
Cette loi a été confirmée par le contrôle prolongé, sans limitation de durée, auquel restent soumis les malades qui ont été traités à l'Institut Prophylactique jusqu'à extinction de l'infection.
Croit-on, par exemple, que le malade J.-H. (graphique n° 20 reproduit dans le fascicule IT) traité de 1911 à 1914 pour une méningite syphilitique grave, et dont le liquide cérébro-spinal redevenu normal a été examiné à plusieurs reprises depuis 1914 et toujours trouvé normal, ait aujourd'hui chance de voir l'infection, éteinte depuis 11 ans, reparaître dans ses centres nerveux.