‹ Contribution à l'étude de la greffe osseuseChapitre 5 sur 9 · LS MERE · texte numérisé non relu

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b. Transplantation d'os pris sur un animal mort depuis un certain laps de temps et placés au milieu des tissus d’un animal de même espèce.

Ces expériences de la seconde série prouvèrent que la vita-

té des tissus périostique et osseux ne disparaît pas avec les : grandes fonctions nécessaires à la vie générale. Ollier transplanta des lambeaux pris sur des animaux tués dans des vivisections, depuis 10, 20, 40, 60 et 90 minutes, et il vit qu'après ce laps de temps, le transplant était susceptible de se greffer dans des conditions relativement favorables.

Les greffes peuvent donc après la cessation de la respiraton, de la circulation, de l’influence nerveuse, conserver une die latente capable de réapparaître dans des conditions propices. =

c. Transplantation d'os pris sur un animal vivant et greffés sur des animaux d'espèce différente

Ces dernières expériences, que nous passerons sous silence,

vu leurs résultats négatifs, montrèrent que la greffe osseuse,

comme les greffes animales en général, n’était possible qu'entre

des individus de la même espèce.

Pratiquées sur des animaux d'espèce différente, elles échouèrent toutes avec d'autant plus de facilité que Le animaux étaient plus ou moins éloignés les uns des autres dans l'échelle zoologique.

Sachant comment se comportaient les os entiers, Ollier chercha à transplanter des portions d’os garnies de ls périoste et de leur moelle.

Voici le détail des deux principales expériences.

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Expérience I. — Réapplication d'un disque osseux enlevé par la trépanalion. — Trépanation au niveau de la suture pariétale ; réapplication du disque osseux enlevé ; greffe de la portion transplantée ; accidents cérébraux chroniques dus à nne méningo-encéphalile diffuse,

Sur un chien adulte, nous enlevâmes par le trépan un disque osseux à la voûte du crâne, un peu à droite de la suture médiane, à la région pariétale. Opération faite le 21 mars

La plaie fut bientot cicatrisée ; mais, à partir, de l'opération les allures et le caractère du chien avaientchangé. A Pexamen de la pièce, le 5 mai, on trouva la réunion dela peau parfaite, ainsi que celle des tissus avoisinant directement la rondelle. Celle-ci mise à nu, on voit qu'une partie du rebord de la table externe est sur le point de se séparer; cette partie estblanche, non vasculaire, consislante comme l'os normal.

Le reste de la rondelle est solidement adhérent, mais son Fe propre semble un peu plus raréfié qu'au moment de la

transplantation.

La circonférence de la rondelle est unie à la circonférence de l'ouverture crânienne par un issu fibroïde, rouge, VasCculaire; en un point cependant, il y a déjà des adhérences osseuses où ostéoïdes. La rondelle est adhérente à la duremère ella dure-mère est elle-même adhérente au cerveau’; la substance grise est ramollie.

Le point le plus important à signaler sous le rapport de la greffe, c’est que la rondelle s’est épaissie par l’addition de couches osseuses sous-périostales. Le péricrâne avait été conservé avec soin au niveau de la rondelle. Pendant l'opération, le crâne n'avait pas été percé par la pyramide, il restait la table interne : nous signalons cette particularité pour montrer que

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probablement parce que le périoste en n avait élé séparé à ce

la méningo-encéphalite n'était pas due à cet accident de l’ Opé-

ration. C’est le seul cas, du reste, où nous ayons observé cette complication.

Expérience II. — Echange de deux fragments de la diaphyse du radius ; transplantation à gauche du morceau pris sur le radius droit et vice versa — Réunion immédiate et parfaite à droite — A gauche, suppuration et greffe incomplète ; le périoste du fragment osseux s'est seul greffé,

Le 8 avril 1860, sur un lapin de huit mois, nous fimes une résection de la diaphyse des deux radius sur une longueur de 13 millimètres ; nous réimplantämes à gauche, à la place de l'os enlevé. le fragment du radius droit, et à droite le morceau enlevé surle Ait gauche. L'animal fut sacrifié six ou huit mois après. |

Examen du radius droit. — Après avoir dépouillé l'os de son périosle, on voit vers son extrémité inférieure des couches osseuses uniformément unies qui trahissent par leur relief les limites du morceau transplanté.

La surface de l'os est, du reste, parlout unie ; en un seulpoint, le rebord de la circonférence inférieure du morceau transplanté faithernie ätravers ces couches osseuses nouvelles,

niveau au moment de l'opération.

La continuité de l'os est ainsi parfaitement rétablie ; l'os transplanté paraît faire corps avec l’ancien. Pour nous en assurer, nous pratiquons une coupe longitudinale et nousconstatons ce qui suit :

Le morceau transplanté se reconnait à la coupe comme les bouts de l'os d’une ancienne fracture au milieu d’un cal. Il est blanc, compact, quoiqu’un peu plus raréfié peut-être que la substance compacte du radius d’un lapin de 16 mois. Il est rempli de moelle à l’intérieur, et ses extrémités sént englobées à l’intérieur et à l'extérieur dans du tissu spongieux nouveau.

La substance osseuse nouvelle sous-périostique, quoique moins compacte que l’ancienne, lui est intimément unie et se confond presque avec elle. Au-dessous de la partie transplantée, le vide qui le sépare du cubitus est rempli par du tissu spongieux. Ainsi maintenue, la partie greflée fait corps avec l'os ancien, comme les fragments osseux font corps avec le cal lui-même.

ILest probable que si nous avions eu un sujet ‘plus jeune, à:

la médullisation aurait modifié plus profondément l aspect du morceau transplanté. En examinant des coupes au microscope, nous avons vu que la couche périphérique d’origine périostale est formée par du tissu osseux parfait.

Examen du radius qauche.— Malgré la suppuration continuelle de ce membre pendant plusieurs mois, l’os transplanté

setrouve exactement à la place où nous l’avions mis. Il est

retenu là par un cercle osseux de nouvelle formation, qui l’embrasse à son centre comme une cuirasse, et qui le fixe solidement au cubitus et à la partie supérieure du radius. Cette cuirasse osseuse, due à l’ossification du périoste, est très intimément unie à l'os transplanté, dont les extrémités,

surtout l'extrémité inférieure, baignaïent dans le pus. Ces par-

ties baignant dans le pus sont blanches et compactes comme au moment de la transplantation. La greffe a donc été ici seulement périostique et non osseuse.

Ces observations démontrent à nouveau les propositions suivantes : la réalité de la greffe osseuse, le rôle du périoste et l'utilité de cette aenBioie même dans les cas où le tissu osseux lui-même ne se able pas.

Les expériences sur les greffes hétéroplastiques ayant été

faites à une époque antérieure aux pansements antisepliques

actuels, Ollier se demanda si, en pratiquant des opérations

ou plus aseptiques, il n’obtiendrait pas d’autres résultats, et il fit de nouvelles recherches expérimentales.

Mais. les résultats obtenus, quoique plus favorables aux greffes hétéroplastiques, ne lui donnèrent pas une grande confiance dans les greffes qu'on pourrait pratiquer de l'animal à l’homme, malgré l'apparence de succès des transplantations faites de l’inférieur au supérieur.

Néanmoins, il constata, et ce fut là le point le plus intéressant, le mode d’adhérence du transplant aux extrémités osseuses avec lesquelles il avait été mis en contact. Le greffon élait fixé à ces extrémités par des expansions périostiques émanant des bouts osseux contigus. Ces expansions, totalement fournies par les tissus du sujet récepteur, étaient les véritables moyens d'union et de consolidation du transplant inclus dans la néoformation périostique.

Les travaux d’Ollier, on le voit; ont prouvé d’une façon péremptoire la réalité de la greffe osseuse expérimentale.

Nous n’en citerons point d’autres et nous terminerons ce second chapitre par la relation de lobservation qui nous est communiquée par M. le professeur Forgue.

Observation inédite (Résumé)

Communiquée par M. le professeur Forgue.

Un chien est opéré le 22 juin 1892; c'est un mayorquais de grande taille. Huit centimètres de tibia sont réséqués ; une tige de bois aseptisée est calée entre les deux fragments, elle est destinée à empêcher la fracture du péroné conservé et à

mouler la cavité où se feroni les greffes.

= Celles-ci sont faites le 5 juillet. Quinze fragments osseux, la plupart de chien, quelques-uns de chat, sont insérés en mo-

saique dans la cavité bourgeonnante. Pendant plus de quatre mois, le membre opéré est tenu en un plâtré, qu'il faut souvent renouveler, l'animal le déchirant à belles dents. Le 19 novembre, en sautant dans une caisse, l’animal se casse le péroné. Postérieurement à cette fracture, le membre qui jusqu'alors avait paru, lors du renouvellement du plâtré, garder la même longueur, présente un raccourcissement qui, le 18 décembre, est de 2 centimètres LR à la mensuration exté- rieure. | Ce jour-là, on sacrifie l’animal, près de six mois après la greffe. La différence de longueur du membre sain et du membre opéré, mesurée sur le squelette, est de 30 millimètres . Donc, il semble que cinq centimètres d’os aient été reconsti- | tués; mais, en examinant les pièces, on voit qu’en réalité la plus Ed partie de la reconstitution est due à un renflement hyperostosique émané du fragment inférieur du tibia et produit par un travail d’ostéogénèse périostique ayant inclus quelques greffons. De plus, la fracture du péroné s'était pro- duite à ce niveau; il est possible que le travail du cal soit intervenu pour grossir cette formation. Surle fragment sunérieur, la néoformation périostique est peu importante, elle se réduit à une sorte d’éperon irrégulier. Entre le fragment supérieur et inférieur est une traïnée osseuse en haut, fibreuse en bas, qui paraît résulter de l'inclusion, sous forme d’un. grain. osseux irrégulier, d’un transplant done une PACE d'origine périostique émanée du bout supérieur. |

Cette observation, comme toutes celles citées plus haut,montre que, dans la greffe, le principal rôle est dévolu au périoste qui devient le siège d’une ossification susceptible, dans certains cas, de reconstituer à elle seule la perte de substance osseuse. Ici, cependant, on a opéré dans des conditions un peu différentes; on s’est servi de la greffe fragmentaire, en

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ayant soin de ne déposer les transplants qu'après disparition des accidents inflammatoires et qu’en présence de bourgeons charnus de bonne nature. Quoiqu'il en soit, le résultat obtenu n’en à pas moins été remarquable; il consacre une fois de plus, au point de vue expérimental, la réalité de la greffe osseuse dont nous allons étudier les applications cliniques dans le chapitre suivant.

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