‹ Contribution à l'étude de la grenouillette sus-hyoïdienneChapitre 15 sur 47 · Bazy Societe anat. Mai · texte numérisé non relu

Bazy Societe anat. Mai

Rs ET NS ie

ches profondes, au contraire, seraient constituées par des

cellules cylindriques.

Dans l'épaisseur de la paroi, on aperçoit très facilement

de petits diverticules, « de petits kystes en miniature, qui après l'oblitération de la poche principale seraient susceptibles d’augmenter de volume et de reproduire une nouvelle grenouillette » (1).

Le liquide contenu dans le kyste est souvent brun, orangé, et tellement visqueux qu’il ne sort pas par l’orifice du trocart. Il est donc beaucoup plus dense que lasalive.

€ Cliniquement, il diffère de cette dernière par la présence d’une grande quantité de mucus, l’absence de

ferment diastasique et du sulfocyanure de potassium, dit-

férences qui ne contredisent pas le moins du monde l’o- ‘150

rigine salivaire du liquide. » (2)

1. Morestin Trailé de Chirurgie Le Dentu et DelbetT. V. p. 281. 2. Morestin Traité de Chirurgie Le Dentu et DelbetT,. P. p. 281.

ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE

La grenouillette sus-hyoïdienne esten somme une affection très rare. Toutefois cette rareté tient-elle peut-être à ce que la maladie qui nous occupe est encore actuellement assez mal connue.

Le sexe semble n’avoir aucune influence.

C’est habituellement à l’âge moyen de la vie qu’on observe la grenouillette sus-hyoïdienne qui peut cependant se montrer exceplionnellement chez les vieillards et chez les enfants, et qui peut même être congénitale. Schwerin a publié dans le Berlin Klin. Wocks, n°3, page 37, 1877 l'observation d’un nouveau-né atteint d’une grenouillette sublinguale et d’une tumeur considérable au niveau de la région antérieure du cou.

Les causes occasionnelles ou déterminantes sont générlément inconnues. Dans certains cas on a invoqué les traumatismes, dans d’autres, des infections buccales, telles que stomatite, érysipèle etc.

Enfin quelquefois la grenouillette sus-hyoïdienne s’est développée à la suite de la pénétration d’uu corps étrangers, tel qu’une barbe d’épi de blé dans le plancher de la bouche. Peut-être alors le canal de Wharton se trouvet-il oblitéré soit directement pour ce corps étranger, soit

indirectement et la suite de la formation d’un abcès. Mais

ce ne sont là que des hypothèses qu’il s’agirait de vérifier.

Au point de vue de la pathogénie, il nous faut ici distinguer deux cas :

1° La grenouillette ne fait saillie qu’à la région sushyoïdienne.

2 La grenouillette fait à la fois saillie à la région sushoïdienne et sublinguale.

Dans le premier cas, il se peut que la tumeur kystique se développe aux dépens /de la glande sous-maxillaire comme dans ies observations de M. Hartmann mais il se’ peut aussi qu’elle se développe aux dépens de ces prolongements glandulaires que la sublinguale envoie à travers le muscle mylo-hyoïdien, dans la région sus-hyoïdienne. MS |

Sans doute, ce s’est là qu’une hypothèse, mais c’est une hypothèse très acceptable, du moins théoriquement, d’après les données anatomiques exposées plus haut.

Quand la grenouillette fait à la fois saillie à la région k sublinquale et à la région sus-hyoïdienne, il se peut qu’elle soit constituée par deux tumeurs distinctes développées … lune aux dépens de la glande sublinguale, l’autre aux dépens de la glande sous-maxillaire, mais cette théorie soutenue par Delens et Giraldès n’est vraie qu'exceptionnellement. Habituellement la tumeur est une. |

Dans ce dernier cas, presque toujours la grenouillette sus-hyoïdienne est précédée par une grenouillette sublin=

quale de sorte qu'il nous réste successivement à étudier

comment se forme cette dernière variété de grenouillette,

et comment elle se transforme pour donner nais sance à

l'affection que nous étudions.

Nous passerons très rapidement sur la pathogénie de la grenouillette sublinguale qui ne nous intéresse qu’indirectement. ñ

Certains auteurs ont considéré celle-ci eomme le résultat de l’oblitération du canal de Wharton, mais cette théorie n’est plus ordonnée aujourd’hui, du moins dans limmense majorité des cas, pour la raison toute simple que presque toujours le canal de Wharton est reconnu

. perméable, soit par le cathétérisme, soit par l'épreuve du sel.

Nous en dirons autant de la théorie soutenue par le professeur Tillaux à la Société de chirurgie en 1874; le maître éminent distinguait deux formes ; l’une chronique, résultant de la dilatation d’un des conduits oblitérés de la glande sublinguale, l’autre aiqué, consécutive à la rupture du canal de Wharton oblitéré et altéré quant à sa structure, dans la bourse séreuse de Fleischmann. Pour le professeur Tillaux, la grenouillette sus-hyoïdienne serait simplement un kyste séreux de cette bourse qui en se développant s’est insinué entre les muscles sus-hyoïdiens. ïe

Recklinghausen et en France Cornil et Ranvier considérent la grenouillette sublingnale comme un kyste développé dans la glande de Blandin. Ils se fondent principalement sur ce premier fait que la paroi de la poche est couverte de fibres musculaires qui n’existent-pas au niveau du plancher buccal, et sur cet autre fait qu'après l’extirpation, le doigt pénètre vers la pointe de la langue. Or, les raisons invoquées par les partisans de cette théorie

, sont absolument sans valeur, car d’une part Suzanne a

démontré l’existence, à la face profonde de la muqueuse buccale de fibres musculaires striées à direction antéropostérieure, provenant du génio-glosse, et d'autre part, il est bien reconnu aujourd’hui que presque toujours, la tumeur kystique se développe au début derrière la face postérieure du maxillaire inférieur, loin de la glande de Blandin par conséquent. 442

Puisque tous les auteurs sont d'accord aujourd’hui pour admettre que la grenouillette se développe presque tou- Jours au dépens de la glande sublinguale elle-même. Quant à son mode exact de formation, il est loin d’être bien connu, Cependant les recherches anatomiques de Suzanne ont démontré qu'il existait une «sclérose de la glande avec atrophie puis destruction par dégénéressence muqueuse des éléments glandulaires: le tissu fibreux séparant les alvéoles finirait par participer à la lésion, et par se transformer progressivement en une masse hyaline et réfringente. Cette destruction de tous les éléments des lobules aboutirait à le formation d’une pseudo-cavité hystique. Des cavités semblables formées à côté de la première s’en rapprocheraient et se confon-’ draient avec elles, arrivant ainsi à constiluer une véritable poche kystique (1) ». |

Bref il s’agirait là, suivant Suzanne, d’un processus analogue à celui des kystes Ovariques, quant à la cause de ce processus, nous Pignorons absolument. Certains auteurs Invoquent bien une infection locale, mais c’est

là une pure, hypothèse sur läquelle nous ne pouvons insister. |

Page 1