‹ Contribution à l'étude de la grippe cardiaqueChapitre 23 sur 40 · AN TC HR · texte numérisé non relu

AN TC HR

cun signe d'auscultation. Par contre sa tension artérielle était montée à 22.12. Son pouls, régulier, était à 78.

Cetie observation est intéressante à un triple point de vue:

1° Elle montre une grippe cardiaque dont une des manifestations importantes a été la bradycardie. Pour celle-ci, il a été impossible de faire pratiquer un électro-cardiogramme, ce qui ne permet aucune précision sur la nature de cette bradycardie. Le fait qu'elle a disparu en quelques jours, à la suite des injections de Bellafohine (alcaloïdes totaux de la belladone) n'autorise pas davantage à conclure en faveur d’une bradycardie totale. En effet, des observations assez nombreuses ont déjà montré la coexistence d’un trouble d’origine nerveux extra-cardiaque (dixième paire) et d’un bloquage plus ou moins complet du faisceau unitif.

2° Cette grippe a, d’autre part, touché d'emblée le cœur, et déterminé une insuffisance cardiaque à prédominance gauche, se traduisant par un souffle d'insuffisance mitrale fonctionnelle, la dyspnée, les crises d’angor pectoris.

3° Le troisième point intéressant de cette observation est le fait que la grippe a frappé un cœur atteint d’une affection latente et qu'elle a révélé une aortite syphilitique jusqu'alors méconnue, et déclanché une hypertension consécutive.

La bradycardie grippale a été maintes fois signalée. Les différents auteurs qui ont traité la question en ont rapporté des exemples, lui attribuant une pathogénie variable, un intérêt pronostique différent. DE BATZ lui accorde une pathogénie uniquement extra-cardiaque, et l’attribue à une action du virus sur le sympathique ou, comme Huchard, à une intoxication bulbaire. C’est surtout après l'épidémie de 1918 que l’on en rapporte de nombreux cas.

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