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croyons à une atteinte à peu près aussi fréquente de celui-ci. Cette atteinte est toute passagère d’ailleurs. La cellule ne subit pas, sous l'effet du poison grippal, une modification anatomique profonde et définitive. Plus ou moins rapidement, elle se désintoxique, et reprend sa fonction normale.
Cette propriété du virus grippal ou de la toxine grippale : est à rapprocher de certains poisons, en particulier de la toxine diphtérique. Avignaret et Lutembacher ont rapporté chez un diphtérique grave un block partiel qui régressa peu à peu sous l’effet du traitement sérothérapique.
Il n’est dailleurs peut-être pas besoin d’invoquer l'idée d’une intoxication touchant d’une façon univoque les nerfs ou le faisceau de Hiss, pour cataloguer la bradycardie grippale. La diffusion d’un système à l’autre paraît assez fréquente et nous rappelons à ce sujet la conception extrêmement compréhensive de Laubry qui se fonde sur les travaux primordiaux de Lapicque sur la chronaxie: la toxine grippale n’agit peutêtre qu’en modifiant l'isochronisme de la chronaxie respective du nerf, du faisceau et du muscle, rompant l'harmonie chronaxique de !/3, c'est-à-dire le rapport des excitabilités normales du myocarde, du faisceau de Hiss et du vague.
LA TACHYCARDIE GRIPPALE
La tachycardie au cours de la grippe a été moins souvent signalée que les autres altérations du rythme. Elle est certainement beaucoup moins fréquente que la bradycardie, si l’on met à part, bien entendu, la tachycardie fébrile. Cependant là encore on retrouve cette discordance habituelle en matière de grippe cardiaque. Pour SAMSON par exemple, c’est le plus fréquent des troubles observés. EICHHORST, au contraire, considère la tachycardie grippale comme très rare. Cest également l'opinion de Minet et Legrand qui n’ent peuvent rapporter qu'une observation, et qui n’en ont trouvé que très peu en étudiant la littérature concernant ce sujet.
Nous pensons que cette contradiction n’est qu’apparente, si l'on prend soin de considérer à quel stade de la grippe on étudie cette accélération du rythme. Nous pensons qu'il faut distinguer :
La tachycardie banale, sans signification cardiaque, de la période fébrile. Elle est comparable à la tachycardie de la plupart des mladies infectieuses.
La tachycardie éphémère rentrant dans le cadre des instabilités du rythme de la convalescence. ;
Enfin la tachycardie d’allure paroxystique, la plus rare et la plus importante, qui survient à la période d'état de l’influenza. \
HE NARNERL
Nous n'avons jamais trouvé de tachycardie isolée. Nous signalons plus loin, au chapitre des insuffisances cardiaques grippales, une observation où l'accélération anormale du pouls mettait sa note dans un syndrome complexe. Marchal l’a notée chez une malade où elle coïncidait avec des signes d’insuffisance cardiaque : -
Observation VII. — Mme Mo... 71 ans. — D' Marchal. — Cette femme présentait depuis plus de vingt ans des manifestations arthritiques. Depuis la soixantaine elle avait eu trois crises d'œdème aigu du poumon, et, en octobre 1930, une crise de tachycardie paroxystique. Elle est atteinte en janvier 1931 d’une grippe caractérisée par des myalgies et une température à 39°. On trouve à l'examen du,cœur un souffle systolique mitro-aortique, en écharpe, typique. Le pouls est à 150, régulier; la tension artérielle à 22.11. La tachycardie oscille entre 150 et 185 avec de courts paroxysmes pendant lesquels la malade pâle, lipothymique, présente un pouls incomptable. Le rythme ne reprend sa fréquence normale que très progressivement, après six Jours. La malade avait présenté une nuit une crise d'œdème pulmonaire aigu. Après la grippe, tout rentra dans l’ordre et la tension redescendit à 14 1/2-8 1/2. Un souffle diastolique qui préexistait à la grippe, a disparu pendant toute la période tachycardique et réapparu ensuite.
Il faut noter chez cette malade en dehors de l'accélération du rythme avec paroxysme, l’action de la grippe sur la tension artérielle, qui fut temporairement augmentée.
Observation VIII. — Minet et Legrand. — Résumée. — T] s'agit d'un jeune soldat grippé, qui rentre à l’hôpital pour congestion pulmonaire. Au cours d’une rechute de la