‹ Contribution à l'étude de la grippe cardiaqueChapitre 27 sur 40 · ADO · texte numérisé non relu

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grippe, apparaît une tachycardie à 130 avec des paroxysmes qui s'accompagnent d'angoisse et de douleurs précordiales et où le pouls devient incomptable. Après quelques jours où le cœur menace de fléchir, la situation s'améliore brusquement et la guérison survient, complète.

La tachycardie grippale survient à la période d'état de l'affection. La fréquence du rythme est variable, en général 120-150 pulsations. Le trouble peut prendre un caractère paroxystique, se présentant ‘alors avec tout le cortège fonctionnel classique; Pawinski rapporte des cas où le nombre des battements atteignait 300 par minute. Il est alors fréquent que la crise s'accompagne de douleurs thoraciques plus ou moins précises, d’un peu d'angoisse, de sueurs, d’une tendance lipothymique. D'après les auteurs, cette tachycardie grippale comporte un pronostic bénin et elle cesse, en général, brusquement et rapidement. Dans certains cas cependant, elle pourrait persister longtemps, mais elle finirait toujours par s’atténuer et disparaître.

Qu'elle est la pathogénie de cette tachycardie grippale? SAMSON qui prétend l'avoir fréquemment rencontrée, l’attribue à une « excitabilité spéciale du nerf accélérateur du cœur ». Îl aurait notamment été frappé de la constance dans certains cas de troubles traduisant une dysthyroidie : augmentation du volume du cou, exophtalmie et petits signes oculaires, ‘tremblements, déséquilibre vaso-moteur. Il n’est pas loin d’attribuer à cette atteinte primitive de la fonction thyroïdienne, la pathogénie de la tachycardie grippale. Récemment Jacquet et Even ont signalé les poussées de basedowisme aiguë et transitoire consécutives à la grippe. Sans vouloir systématiser il est possible que cette dysthyroïdie explique dans une certaine

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mesure certaines tachycardies, en particulier celles de la convalescence.

D'autres auteurs invoquent au contraire une inhibition du pneumogastrique (Huchard-De Batz). Il est hors de doute que de nombreux faits démontrent l'atteinte fréquente du vague au cours de la grippe.

Mais nous pensons que très souvent le trouble peut être d’origine cardiaque pure: « Le cœur trouve en lui-même des raisons d'accélérer son rythme et de modifier la nature de son excitation » (LAUBRY). Nous avons vu les nombreuses analogies entre la diphtérie et la grippe. AVIGNARET et LUTEM- BACHER rapportent au sujet de la diphtérie des cas de tachycardie dont ils trouvent la raison dans un effleurement toxinique léger du faisceau de Hiss. Il en est de même dans la grippe.

En somme, comme dans la plupart de arythmies, nous voÿons s'affronter les anciennes théories neurogène et myogène, sans qu'aucune d'elles puisse accaparer la totalité des cas.

En fin de compte peut-être est-il, là encore, possible d'invoquer un changement du rapport chronaxique entre le muscle et le nerf, que l’atteinte morbide ait porté sur l’un ou sur l’autre, la conséquence de ce défaut de liaison normale étant une perturbation dans la transmission ou la réception des influx.

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