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fait assister d’une garde compétente qui administrait la thérapeutique appropriée, au moment voulu. Plusieurs accès parurent mortels. Cependant la guérison, presque miraculeuse, survint, uniquement grâce au médecin. Le cœur de ce malade demeura, comme on s’y attendait, longtemps très faible. Pendant des mois persistèrent de la dyspnée d'effort et des palpitations. Plus tard la guérison complète survint; le malade redevint fort, actif, sans aucun signe de troubles cardiaques.
Obersation XV.-— Mlle G..., 35 ans. — Personnelle. — Cette femme a présenté à la fin de mars 1931 une grippe avec céphalée, toux, courbature lombaire violente, vertiges, et température à 39°. La période fébrile après un début très brutal dura trois jours. Cependant après la défervescence la malade se sent si fatiguée qu'elle demeure encore une semaine alitée. Elle se lève au bout de cette période mais l’asthénie demeure toujours très marquée. Quinze jours après le début de la grippe elle présente, étant seule dans sa chambre, une série de lipothymies qui lui laissent à peine le temps de s'étendre et qui sont suivies d’une syncope dont la malade ignore la durée. Ces phénomènes se sont amendés seuls. La malade a repris ses occupations. Elle est guérie lorsque nous l’examinons et ne présente au niveau du cœur qu'un souffle anorganique. Le pouls est régulier à 76. La tension est à 12.7.
Signalons accessoirement qu'au cours de la grippe sont apparues deux varices au membre inférieur gauche.
La syncope peut donc apparaître à n'importe quelle phase de la grippe, même à une période tardive de la convalescence. Isolée ou non elle est redoutable et commande une vigilance toute spéciale surtout à la phase aiguë et au déclin de l’in-
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fluenza. Dans la très grande majorité des cas, elle ne laisse aucune trace.
Quelle que soit la gravité de la situation, il ne faut jamais désespérer: Mais il faut savoir agir en temps voulu pour aider efficacement l'organisme à franchir une passe difficile, et se tenir prêt à lutter dans une bataille sans cesse renouvelée. C’est à cette condition thérapeutique qu’on peut espérer de rendre moins sombre un pronostic toujours grave. Une surveillance médicale active donnera ainsi souvent l'immense satisfaction de remporter la victoire.
La pathogénie de la syncope cardiaque est loin d’être unique, et le symptôme n’est le plus souvent que la résultante d'une atteinte pluri-organique.
La syncope au cours de la grippe témoigne d’une toxi-infection massive qui porte en même temps sur tous les organes en particulier le système nerveux et le cœur. On a pu invoquer,
comme dans la diphtérie, la sidération du bulbe, une insuff-
sance surrénale aiguë. Nous pensons qu'il est aussi légitime de faire intervenir une véritable déchéance fonctionnelle du myocarde, une « myocardie » temporaire due à l’imprégnation toxinique du muscle, à l’origine de la syncope grippale. Dans certains cas la syncope peut être en rapport avec un bloquage partiel qù traduit l’effleurement du faisceau de Hiss par la
-toxine, et l’on sait combien les troubles de conduction intracardiaque apparaissent aisément au cours de l'influenza.