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pathologie expliquait tout: qu’ils aient commandé les descriptions et les classifications. Au contraire, les troubles physiopathologiques ont, sinon passé inaperçus, tout au moins, été classés d’une façon trop systématique. Chaque trouble, dans l'esprit des auteurs, correspondait à un désordre anatomique, d'une valeur plus ou moins discutable, et d’ailleurs souvent banal.
Nous savons maintenant qu'à côté des lésions du cœur, considéré en temps que muscle creux à triple tunique, 1l existe des troubles des fonctions cardiaques, sans que correspondent à des troubles fonctionnels intenses, des lésions anatomiques accentuées, ou bien sans que l’on puisse établir un rapport de cause à effet entre les troubles et les lésions observées. Ceci explique la gravité particulière de certains cas de grippe cardiaque, alors qu’à l’autopsie on ne trouve qu'un minimum de lésions dont nous aurons à discuter la valeur, la signification et même l'existence.
L'étude des traités classiques ne permet pas de se faire une idée précise sur la nature, la fréquence, les allures, la gravité de la grippe cardiaque. L'important chapitre des arythmies grippales est à peine esquissé, sans distinction des variétés: on ne fait que mentionner l’aggravation des cardiopathies antérieures.
Quant aux nombreux travaux originaux, ils abondent en interprétations contradictoires. Les uns dénient à la grippe le moindre méfait surle cœur; d’autres, au contraire, la rendent responsable des pires désordres anatomiques au niveau des trois tuniques du cœur. |
[l nous semble qu'il est possible de donner des bases plus solides à la grippe cardiaque, d’en fixer plus logiquement le cadre, d'en construire une classification plus rationnelle, grâce
à l’évolution de la cardiologie dans ce dernier quart de siècle: la radioscopie et l’électrocardiogrammie ont étendu le champ de nos investigations. WENCKEBACH, MACKENZIE, VAQUEZ et LAUBRY ont analysé et classé les arythmies. Nous connaissons mieux les formes larvées et atypiques du rhumatisme articulaire aigu, qui accompagne si fréquemment l’influenza et que l’on confond si souvent avec lui: HUCHARD, puis RI- BIERRE, ont mis en lumière son caractère évolutif et insisté sur sa recrudescence au cours de la grippe. Des études critiques sur les conditions d'examens et de prélèvement aux autopsies ont amené la plupart des auteurs, avec Noël FIESs- SINGER, à réviser maintes notions classiques sur les tests habituels ; enfin les travaux capitaux de LAUBRY et WALSER sur les myocardies ont rendu toute leur valeur aux troubles fonctionnels.
Au cours de l'épidémie de l'hiver 1928-1929 et dans les années qui ont suivi, 1l nous a été donné d'observer plusieurs cas de grippe avec des manifestations cardiaques, de nature et de gravité très variables. Nous les exposerons au cours de ce travail, et nous les opposerons à d’anciennes obervations sur les formes cardiaques de la grippe que nous discuterons à la faveur des conceptions actuelles de la cardiologie. Nous verrons qu au moins, de cette étude, nous pourrons tirer d’utiles conclusions thérapeutiques, seule chose importante en fin de compte, car nous n'avons plus le droit de nous contenter de l’aphorisme, que PETER, optimiste par force, proférait à la fin d’une de ses cliniques:
« La grippe, malthusienne sans pitié, balaye les nonvaleurs sociales. » |
Historique. — [La grippe évoluant par grandes vagues épidémiques serait connue depuis 1239. Mais ce n’est qu’en