TRAITEMENT
Les indications opératoires de la grossesse intersticielle dans les cas d’exception où elle peut être reconnue formellement avant les accidents de rupture se confondent avec celles des autres variétés de grossesses ectopiques et relèvent de l’aphorisme de Woerth : « Toute grossesse extra-utérine doit être opérée immédiatement comme une tumeur maligne ». à
Mais dans la règle, l'indication opératoire ‘est : fournie par les accidents classiques communs à toutes les grossesses ectopiques et non par le diagnostic de localisation intersticielle fait en pratique après laparatomie.
Plusieurs procédés d'intervention entrent alors en rang.
Greflié de Bellecombe, dans sa thèse (Paris 1944), rapporte les idées de Ségond : « Toute grossesse intersticielle rompue relève de l’opération de Porro, de l’hystérectomie supra-vaginale ou totale. »
On a pratiqué des interventions conservatrices. Rappelons pour mémoire le procédé aveugle proposé par Kelly et Welster. Ayant constaté par la laparatomie le siège exact de la tumeur fœtale ils interviennent par voie intra-utérine en effondrant le septum séparant la cavité utérine du sac.
De l'avis des auteurs qui se sont occupés de la question du traitement; il ressort que les seuls procédés conservateurs auxquels on peut s'adresser sont au nombre de deux :
L'an
1° L'incision du sac fœtal, suivie de suture après avoir établi une communication entre la cavité utérine et la cavité fœtale, opération pratiquée avec succès par Engstroem (Engstroem Centr. Gyn.-1896), puis Tyller, Bland Sutton, Martin.
2 La résection de la corne, comme l’a proposé Lequeux dans le Bulletin d'Obstétrique de 1911. Lequeux ajoute : « Quitte à compléter par une opération plus radicale si un incident opératoire, hémorragie, ouverture de la cavité interne, ne permet pas de conserver l’utérus ».
En terme de conclusion, nous nous bornerons à donner à ce sujet l’avis de MM. Cotte et Latreille. (Bulletin d'Obstétrique, 1925).
« Les interventions conservatrices semblent cependant conseillées avec quelques restrictions, du fait de certains risques, tels que ouverture de la cavité utérine, danger que peut apporter une suture de l'utérus au cours d’une grossesse ultérieure, risques qui paraissent maintenant de peu d'importance si l’on en juge par les nombreuses interventions conservatrices telles que les myomectomies pratiquées de facon courante actuellement.
« Il n’est pas douteux que chez une femme jeune, n'ayant pas encore eu de grossesse, il faudrait s’effor- , cer de réaliser une intervention conservatrice et pratiquer de préférence la résection de la corne si elle paraît possible. »
Corroborant cette opinion, Fruhinsholtz et Job rapportent (Obsrétrique, 1926) l'observation d’une grossesse interstitielle opérée en 1922 par Hamant, l'acte opératoire ayant consisté dans la résection de
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la tumeur fœtale comprenant le tiers supéro-externe droit de l'utérus. La malade eut l’année suivante une grossesse terminée, il est vrai, par un avortement jeune. Mais une nouvelle grossesse survenue 2 ans après se termina par un accouchement spontané et une délivrance normale.
En résumé, sila grossesse est jeune, on pourra, en tenant compte des réserves précédemment faites, tenter une opération conservatrice. Mais si la grossesse est opérée à uu stade plus avancé, seule l’hystérectomie subtotale paraît indiquée.