FRÉQUENCE
MM. Gosser et PETIT-DUTAILLIS, dans leur « Précis de Pathologie Chirurgicale », écrivent que l’étranglement des hernies épigastriques est absolument exceptionnel. M. Pa- TEL confirme cette opinion.
LUCAS-CHAMPIONNIÈRE ne l’a jamais observé. Au fait, les hernies épigastriques elles-mêmes, sont relativement peu fréquentes : dans la statistique de BERGER, elles entrent pour la proportion de 1,37 % (116 sur 40.000 hernies). Max SEBBA arrive à peu près au même chiffre (223 sur 28.348 hernies), et ces auteurs n'ont chacun observé qu’un seul étranglement.
Citons également les statistiques de Mac READY : 0,33 %,, et de CoLEY (1): 1,27 %; ces chiffres sont éloquents.
Avant eux, MALGAIGNE, rapportant dans son « Journal de Chirurgie », le tableau des hernies étranglées opérées par TEXTOR, à Würtsbourg, de 1816 à 1842, ne constatait aucune hernie épigastrique sur 172 cas.
Mais un fait a suscité l'intérêt des auteurs : si la hernie épigastrique est en général difficilement réductible, son
étranglement, par contre, est rarissime au point d’avoir été
(1) Ces chiffres sont empruntés à la Thèse de Daniel FABRE.
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nié par certains. On peut facilement en expliquer l’irréductibilité par un processus d'ordre inflammatoire qui fixe le contenu habituellement épiploïque hors du ventre.
MASSÉ (Revue de Chirurgie, 1925), se basant sur la classification de TERRIER, montre qu'il est normal que l’étran-
sglement de la hernie épigastrique soit fort rare. En effet, les
hernies épigastriques sont en général constituées par des lipomes sous-péritonéaux. Ces masses graisseuses n'ont que peu de chance de s'étrangier. MASSÉ affirme même qu’en aucun Cas elles ne peuvent donner lieu à un étranglement. Ceci explique pourquoi les observations de hernies étranglées à contenu uniquement épiploïque ont été mises en douté (Cf. Observation de WEISINGER).
Les hernies épigastriques à contenu viscéral (intestin grêle, colon transverse, estomac) sont, d'autre part, les seules pouvant donner lieu à un étranglement vrai. Or, elles sont relativement les moins fréquentes. Ainsi s'explique la rareté des cas publiés.