‹ Contribution à l'étude de la Hernie Épigastrique ÉtrangléeChapitre 28 sur 70 · PERIODE D'ETAT · texte numérisé non relu

PERIODE D'ETAT

Comme nous venons de le constater, c'est le plus souvent après un nombre variable de crises douloureuses, et ÿeulement lorsque la tumeur a acquis de ce fait un volume relativement considérable (d'une noisette à la période de début à une grosse orange ou à une tête de fœtus à la période d'état) que le véritable étranglement survient. Malgré les moyens habituellement employés, et qui, normalement, réussissaient à tout faire rentrer dans l’ordre (cataplasmes ou vessie de glace), l'irréductibilité persiste, l’arrêt des matièresæt des gaz est absolu, les vomissements sont la règle. Ils sont abondants et répétés, l’état général s’altère rapidement.

Le médecin n'assiste pour ainsi dire "jamais au début brutal de l'étranglement. Lc malade, que des crises d’engouement ont instruit, a déjà essayé de conjurer le mal et d'éviter, avec l’arrivée du médecin, cette épée de Damoclès que représente toujours une intervention sanglante.

Le praticien est, en général, appelé de vingt-quatre à quarante-huit heures après le début de l’étranglement. Un fait intéressant est à noter ici : le temps qui s'écoule entre les premiers accidents et l'intervention est en rapport, dans une certaine mesure, avec le contenu du sac herniaire. En effet, une strangulation au niveau de l'intestin grêle, donne lieu à une symptômatologi2 brutale et dramatique : vomissements précoces, état géntral rapidement touché. Les observations de RIDGWAY (premier et deuxième cas), .de DUJARRIER et BERGER, de GATEWOOD sont probantes à ce sujet. Mais l'intervention Cst ici précocement pratiquée,

dans des conditions relativement bonnes et la guérison est la règle.

Il n’en est pas de même si l’étranglement a touché le colon transverse : le syndrôme s'accompagne rarement de vomissements pendant les prerniers jours, mais prend une ailure torpide, sans grande importance aux yeux du malade qui se croit simplement atteint d’embarras gastro-intestinal.

Deux observations mon‘reront avec évidence ces faits. Celle de POTHERAT (in thèse FABRE) : il s'agit d'une femme de 39 ans, sujette à des crises douloureuses au niveau d'une hernie épigastrique ancienne. La dernière crise remonte à un mois. La malade est prise brusquement de douleurs au niveau de la région épigastrique avec arrêt des gaz et des matières. Les vomissements apparaissent deux jours avant son entrée à l'Hôpital, au sixième jour. L'état général est profondément altéré, le pouls est filant; la malade présente une dyspnée toxémique. Elle succombe après lintervention.

L'observation de CHEVEREAU est aussi intéressante : le malade, âgé de soixante ans, est opéré au douzième jour de son étranglement. Au huitième jour seulement, après quelques nausées et régurgitations insignifiantes, le patient présente Son premier vomissement. D’autres suivent, rapidement fécaloïdes. Le ventre se ballonne, la faciès se grippe, devient terreux. Le malade est adynamique, choqué. Sorr pouls bat à 104, sa température ne dépasse pas 37°5. L'intervention révèle, comme dans le cas précédent, la présence du colon transverse dans le sac herniaire étranglé. La guérison s'obtient après injections intra-veineuses de sérum salé hypertonique.

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Le symptôme qui semble ie plus constant et le plus précoce n'est pas, Comme on pourrait l'imaginer, la douleur. Elle est souvent vive, mais on peut observer tous les degrés d'accidents, depuis les douleurs irrégulières et intermittenies, siégeant au creux épigastrique, jusqu'aux névralgies äbdominales incessantes : Crampe douloureuse pouvant simuler une affection gastiique, s’irradiant aux hypochondres, aux parois abdominale ou thoracique, prenant la forme de véritables douleurs en ceinture. à

il en est de même des troubles digestifs : on peut constater soit de simples malaises qui suivent l’ingestion des aliments, soit encore des vomissements alimentaires, bilieux et fécaloïdes.

L'arrêt des matières et des gaz est en général absolu : il constitue alors un symptôme d'une grande valeur diagnostique. Seul, il est pathognomonique. Mais souvent il est mal interprété par le malade qui y voit l’exagération d’une constipation habituelle et n’en est nullement inquiété.

L'interrogatoire lui ayant révélé tous ces symptômes, Île médecin procède alors à l'examen du malade.

À l'inspection, il constate l’existence, le long de la ligne blanche sus-ombilicaie, d’une tumeur de volume variable, La peau qui recouvre la tuméfaction est chaude et rouge, pouvant simuler une plaque d’érysipèle (MoscHOWITZ); elle peut même être noirâtre (RIDGWAY).

À la palpation, cette tumeur est dure, résistante à la main, tendue, sensation toute différente de celle que donne une hernie non étranglée qui est molle, et cède sous la pression.

De plus, elle est arrondie ou globuleuse, douloureuse à la pression — la douleur est surtout vive au collet et —

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fait important — sa réintégration dans l'abdomen est impossible : c'est ce qui constitue son irréductibilité.

L'impuision à la toux et à l'effort est négative.

La percussion est douloureuse; elle révèle en général de la matité dûe à la présence du liquide dans le sac. Cette matité peut parfois être remplacée par de la sonorité produite par les anses intestinales sous-jacentes, ou encore, dans le cas de gangrène, par la formation de gaz à l'intérieur du Sac.

Cette tuméfaction ne se différencie, en somme, en rien, à son siège près, des autres hernies étranglées. Voyons quelle en est l’évolution.,

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