OBSERVATION XXV
MM. LOEPER, DE SEZE et LEROY : Hernie épigastrique étranglée au cours d’un syndrôme ascitique. Cure radicale; guérison (résumé). Le Progrès Médical, N° 31, 3 août 1929. (In thèse KERZREHO). :
M. P.. Raoul, âgé de 24 ans, entré à l'Hôpital de la Pitié, le 7 septembre 1928, pour syndrôme ascitique, est trouvé porteur d’une hernie épigastrique, facilement réductible, d’ailleurs. Elle est constituée par une saillie arrondie, rénitente, et communique avec l’abdomen par un orifice où le doigt pénètre facilement et se sent entouré d’un anneau dur et tranchant. À certains moments, la poche ne contient que du liquide d’ascite, tantôt elle contient une anse intestinale. La peau, à ce niveau, est amincie et parcourue par un fin réseau veineux. Lorsque le malade tousse, ou fait un effort pour s'asseoir, la hernie exagère son volume et atteint les dimen-
sions de la tête d’un fœtus à terme ; en même temps, la peau s’amincit d’une façon inquiétante, devient presque transparente et prend une teinte violacée.
Au dire du malade, la hernie est d'apparition récente. Elle s’est installée brusquement, au début d'octobre, au moment où l’ascite, très abondante, allait nécessiter une ponction pour la première fois.
Le malade, qui présente une cirrhose hépatique avec poly-
sérite inflammatoire (dans l’étiologie desquelles la tuberculose et la syphilis entrent pour une large part) est l’objet de plusieurs ponctions successives. À chacune d’elles, la peau se distend devant la hernie, s’amincit davantage, de mois en mois. On commence à redouter la possibilité d’une ulcération. Mais un fait nouveau se produit vers le 15 avril 1929 : la hernie ne rentre plus ; le malade, qui a bien remarqué ce fait, n'y attache aucune importance. Dans la nuit du 21 au 22 avril, il fait de violents efforts de toux, et le 22 au matin, il ressent de vives douleurs dans la région épigastrique. Il y a arrêt complet des matières et des gaz ; le malade vomit coup sur coup quatre à cinq fois. La température s'élève à 37°5, le facies s’altère. À l'examen, la hernie est tendue ; on sent, à travers une couche de liquide, une tuméfaction arrondie, très dure, irréductible. Pas de modification à la toux. Douleur vive au collet.
Le diagnostic de hernie épigastrique étranglée s'impose et on décide d'intervenir. Le jour même, à 18 heures, l’intervention est pratiquée d'urgence par MM. LEROY et SENÈQUE. Anesthésie locale. Deux incisions curvilignes à direction générale transversale. Libération par en haut et par en bas, jusqu'au collet. Laparotomie verticale médiane, au-dessous de la hernie. Puis, section du collet. Le sac contient une portion du colon transverse en bon état que l’on réintègre. On ferme la paroi en un plan aux crins. On laisse un drain sous la peau. à
Les suites opératoires sont plus satisfaisantes qu’on n’eût jamais osé l’espérer. La température, dès le troisième jour, est de 37° et s’y maintient. La brèche opératoire se ferme per primam, et les sutures tiennent parfaitement. Un mois après, le malade quitte l’hôpital. L'opération semble avoir notablement diminué la rapidité de production de l’ascite.
wi
Pi MON