OBSERVATION XXVI
M. PATEL : Lyon Chirurgical, Séance du 14 mai 1929 : Hernie épigastrique étranglée au cinquième mois de la grossesse; cure radicale. (In thèse KERZREHO).
Il s’agit d’une jeune femme de 29 ans, enceinte de cinq mois et demi, porteuse, depuis longtemps, d'une petite hernie épigastrique nullement douloureuse. Depuis un mois, la hernie est devenue le siège de douleurs qui augmentent peu à peu et mènent la malade à l'hôpital. À son entrée, on constate une grossesse de cinq mois, absolument normale. Ii existe, à quatre travers de doigt au-dessus de l’ombilic, une petite tuméfaction du volume d’une noix, tendue et douloureuse, irréductible. Malgré quatre jours de repos, les symptômes ne s’amendent point.
Intervention le 28 février 1929. On constate l'existence d’un lipôme sous-péritonéal congestionné et déjà noirâtre. Le sac péritonéal, tout petit, est vide. On pratique une cure radicale. La malade sort guérie de l’hôpital, le 8 mars 1929. La grossesse continue sans incident.
OBSERVATION XXVII Docteur Jean CHEVEREAU : Gazette Médicale de France, 15 novembre 1929 ; Occlusion intestinale par hernie épigastrique; opération au douzième jour; injection intraveineuse de Sérum salé hypertonique. Guérison.
M. P.., âgé de 60 ans, soigné depuis huit ans pour spécificité cérébro-médulaire,. présente depuis le 1‘ avril 1929 quelques troubles digestifs : douieurs abdominales à forme de coliques, constipation opiniâtre, nausées et quelques régurgitations. Peu à peu, les signes s’accentuent : vomissements, arrêt des matières et des gaz, ballonnement du ventre.
SM DCE
Le médecin appelé, porte le diagnostic d'occlusion intestinale et conseille une intervention qui est refusée par la famille.
L'état général s'aggrave progressivement, et le 12 avril apparaît le premier vomissement fécaloïde. Ceux-ci vont se succéder, et trois jours après, le 15 avril, lorsque nous voyons le malade; nous constatons : une altération profonde de l’état général, un pouls à 104, une température à 37°5. Le ventre est ballonné surtout dans sa moitié droite, et il n'existe pas de contracture. Le malade, à ce moment, n’a eu ni gaz, ni matières depuis deux jours.
Le diagnostic d’occlusion est évident. Un toucher rectal ne montre rien d'anormal ; mais l'attention est attirée par la présence d'une masse de volume d’une orange, située à égale distance de l’obilic et de l’appendice xyphoïde. Cette tumeur, peu douloureuse, est lobulée, mate, irréductible. Le malade a, dit-il, constaté depuis treaite ans, la présence de cette masse considérée comme « lipome » par un médecin qui l'a vue à cette époque. Nous portons le diagnostic de hernie épigastrique étranglée, malgré la rareté de cette affection, d’autant que l’aspect asymétrique de l'abdomen fait penser à une occlusion sur le colon transverse.
Intervention d'urgence à l’anesthésie locale ; on pratique une incision médiane et l’on trouve une masse graisseuse qui recouvre un sac volumineux. Celui-ci, incisé, contient, dans sa portion droite, une partie du grand épiploon adhérent, violacé, et en partie sphacéléè, dans sa portion gauche, un segment du colon transverse, long de dix centimètres environ, et très congestionné. Après débridement du collet vers le haut on constate, au niveau de la zone de striction, un sillon violacé, mais non sphacélé. Résection de l’épiploon qu’on sépare difficilement du sac. Fermeture de la paroi en trois plans.
Pendant l'intervention, le malade a eu un vomissement très nettement fécaloïde. Aussitôt après, on pratique une injection de 20 cc. de sérum salé à 20 %, après avoir dénudé la lugulaire externe (on a vainement essayé de découvrir une veine au pli du coude ou au poignet, sans anesthésie; le ma-