‹ Contribution à l'étude de la LactophénineChapitre 15 sur 31 · CONTE · texte numérisé non relu

CONTE

V.Jaksh, de Prague, dans 18 cas de typhoïde, a obtenu par elle, un abaissement considérable, persistant et graduel de la température, mais il la conseille dans cette maladie comme calmant plus encore, il est vrai, que comme antipyrétique ; l’action antipyrétique se manifeste nettement, ditil, dès le 2° jour d'administration.

Strauss l’a employée dans 25 cas : 7 typhoides dont une très grave, cinq érysipèles, une phtisie, deux diphtéries, deux bronchites fétides, deux scarlatines et trois pneumonies. Il l’a administrée, en général, dans la typhoïde, aux heures où la fièvre augmente : vers 4 ou 5 heures du soir, et, le plus souvent, quand la température dépassait 39° 5. L’abaissement de la température survenait, en moyenne, au bout de 4ou5 heures, et durait autant. Chez les phtisiques, il signale parfois un abaissement de température de 3° ou 4.

À. Jacquet, la même année (1894), avait constaté qu’elle agit dans l’érysipèle, même à dose de -0 gr. 50 à 0 gr. 70; elle calme et même jugule le délire. Elle diminue, selon lui, l’envie de tousser chez les tuberculeux et rend la respiration des pneumoniques plus facile; elle calme aussi les typhiques. Dans un cas, 1 gr. de médicament a abaissé la température, de 40° 2 à 34° 7, sans incommoder le malade. Les expérimentations de Jacquet portent sur 42 cas, surtout sur des cas de tuberculose avec fièvre, et sur quelques cas d’influenza.

Nous avons, nous-mèême, étudié l’action antithermique de la lactophénine chez une quinzaine de typhiques, et chez une dizaine de tuberculeux.

En commençant la lecture de ce chapitre, on cherchera sans doute, pour se faire rapidement une idée du pouvoir du médicament que nous expérimentons, quelques courbes thermiques, que l’on s’étonnera de ne pas trouver jointes à notre travail. Pour nous justifier de suite, et nous excuser en même temps du peu de concordance qui pourra exister dans les chiffres que nous reproduirons, nous dirons que les résultats obtenus par nous ont été par trop variables, pour nous permettre de reproduire une moyenne qui n’aurait pas manqué d’être critiquée par ceux qui répétant les mêmes expérimentations, sur le même nombre de cas, obtiendront certainement une moyenne différente. Nous essaierons, après avoir donné nos résultats, d'expliquer pourquoi ils ont été si peu constants.

Voyons d’abord l'effet antithermique de la lactophénine chez les tuberculeux, après une dose de 0 gr. 50 par exemple. Nous avons administré à un malade du service de M. Bernheim, et à une femme du service de M. Spillmann, tous deux se trouvant avec une fièvre qui dépassait 38°, mais à des périodes différentes de la maladie, un cachet Ogr. 50 à 8h. du matin. Deux heures 172 après, nous voyons que la température de ces deux malades a baissé d'environ 0°8 ; elle est arrivée pro-

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gressivement à cet abaissement et a regagné, pour le lendemain matin, le taux qu'elle avait la veille à la même heure. Dans d’autres cas plus nombreux, après une même dose et alors que la température était à 38° 7, 39° 4, 40° même, rous avons vu survenir progressivement, mais plus rapidement cette fois (au bout de 1 h. 112 à 2 h.) un abaissement de 1° 2 à 1°5.— Cet abaissement persistait pendant une demi-heure environ, puis la température remontait lentement. À quoi peuvent donc tenir ces différences ? Cela est facile à expliquer. Notre premier malade, avant d’entrer à l'hôpital, avait suivi pendant environ six semaines un traitement au vin créosoté, traitement à la suite duquel il avait eu de la gastrite : notre malade du service de M. Spillmann, qui était à l'hôpital depuis des mois, qui avait suivi une série de traitements antibacillaires, à qui on avait fait des injections intra-pulmonaires antiseptiques, avait en mème temps, une dyspepsie très prononcée, ne pouvait tolérer que peu d’aliments et vomissait à peu près régulièrement tous les jours, tandis que chez les derniers malades dont nous avons parlé, l’estomac était relativement sain.

Nous nous sommes de même trouvé en présence de cas où, quoiqu'il y eut vraisemblablement une absorption à peu près normale et égale de notre antithermique, nous obtenions des effets différents. Une malade, celle qui, par exemple, sera

in déyeas

l’objet de notre observation 12 (vide infra), a un soir 38° 7, une autre a une température à peu près égale : 39. Nous donnons 0 gr. 50 de lactophénine à chacune, et nous constatons au bout de 2 h. chez la première un abaissement de 1°, alors que chez la seconde la température n’arrive pas au-dessous de 38° 6. Celatient à ce que la première à une simple poussée de bronchite bacillaire avec induration du sommet, tandis que chez la seconde il y a déjà des cavernes, amaigrissement prononcé, la température journalière ne descend guère au-dessous de 38°5 le matin, et atteint souvent 40o le soir. Le même phénomène peut se produire chez un malade qui, étant arrivé à la cachexie compléte, ou subissant une poussée aiguë, a une température élevée qui ne présente plus le type rémittent, mais le type continu.

Chez les typhiques, nous nous sommes encore trouvés en face des mêmes différences d'effet. Un malade qui a une température de 40° ou 40°5 par exemple, prend 0 gr. 50 de lactophénine ; nous voyons, chezlui, au bout de une heure, une baisse insignifiante de 0°,2 ou 0°,3; son voisin atteint de la même maladie a une fièvre égale ; la mème dose de médicament ramène, dans le même temps, sa température à 39,2 ou 39°,6; mais l’unest au s* jour de la maladie, et l’autre au 16° ou au 17°. De même, tel malade voit avec 0 gr. 50 sa température tomber de 40° à 38°,7 au bout de 2h., alors que tel autre la voit seulement baisser de 00,5,

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