‹ Contribution à l'Étude de la Leishmaniose Cutanee (volume 2)Chapitre 17 sur 30 · PE · texte numérisé non relu

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soulevant le prépuce, entrevoir deux chancres à gauche du filet; gros chancre 2 cm. 1 cm. au bord libre du prépuce. Pansements au bactériophage à valence anti-microbes intestinaux. Le 20 mars, les 2 chancres visibles sont guéris, le chancre du bord libre diminué ; il persiste un chancre au filet, que l’on commence à entrevoir Suppuration très abondante du méat boursoufflé.

Le 26 mars, cicatrisation du chancre du bord libre. Le 8 avril, on peut réduire le phimosis. Les chancres sont cicatrisés, mais il persiste une suppuration du méat peu abondante. La culture (gélose au sang) y montre des germes extrêmement nombreux et sartout un petit bacille gram positif prenant inégalement le colorant surtout aux extrémités et qui, sur cullure de 48 heures a un aspect en massue avec coloration inégale, caractéristique ; nous avons rencontré souvent ce germe comme saprophyte du méat et du prépuce. Nous laissons le malade au repos.

Le 10 mai : Le suintement uréthral persiste, nous conseillons des injections intra uréthrales d’oxycyanure de mercure.

EN RÉSUMÉ

Malade atteint de 6 chancrelles, amélioration nette au début du traitement, constitution d’un phimosis serré rendant très aléatoires les pansements locaux, diminution progressive de l’œdème, cicatrisation des chancres en 66 jours — persistance d’une très légère urétbrite, où l’on trouve seulement, mais en très grande abondance des microbes banaux.

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En nous servant d’un mélange différent, nous avons eu des insuccès dans des bubons. Mettant à part ces cas, nous résumerons ainsi nos travaux.

Pour nos 4 observations de bubons, la guérison a été obtenue en 3 jours, 7 jours, 13 jours, 9 jours, en faisant la moyenne de nos cas, nous trouvons donc un peu plus de 8 jours.

Il est remarquable de noter que c’est sur les bubons qui paraissent les plus sérieux, que nous avons eu les meilleurs résultats. Dans notre observation F, la peau était amincie, et le bubon semblait près de se chancrelliser. C’est dans ce cas que nous avons eu le plus beau succès : guérison en 5 jours. ;

Nous n’avons jamais eu de réactions générales. Dans deux de nos cas, observations IT et IV, on a eu une réaction locale, elle a consisté en une exagération des phénomènes inflammatoires, la région est plus empâtée, un peu plus douloureuse; cela s’est produit deux fois dans l'observation IIT à chacune des injections, et une nouvelle inoculation de bactériophage mullivalent, a eu raison du bubon. Dans l'observation IV, nous avons eu également 2 réactions locales. On s’est borné à faire une ponction évacuatrice et la guérison est survenue. Ces poussées réactionnelles ont manqué totalement dans notre observation [ où l’amélioration était manifeste dès le lendemain, et dans l’obs. IT où l’affaissement de la tumeur s’est produit le surlendemoin.

Ces poussées, au cours de la bactériophago-thérapie

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sont du reste bien connues. On ne peut s'empêcher de les rapprocher de ce que l’on voit in vitro. On saiten effet que lorsqu'on se sert d’un bactériophage, de virulence moyenne vis-à-vis des cultures d’un microbe, on se trouve en présence d’allernatives de poussées, de pullulation de microbes et de lyse. Celle-ci du reste finit par l'emporter sur celle-là. En clinique on observe fréquemment au début du traitement une poussée de la suppuralion avant l’amélioration que donne la thérapeutique. Enfin le nombre des injections a été de 1 dans nos observations [et II, de 3 dans l’obs. HI, de 2 inoculations et d’une ponction évacuatrice dans l’observ. IV. Il est curieux de remarquer que ces trois faits sont liés entre eux dans nos observations, et de noter leur parallélisme avec l’ancienneté des lésions: le 1° bubon datait d’un mois, guérison en 5 jours par une inoculation sans réaction, la deuxième datait de 3 semaines, guérison en 7 jours par une inoculation sans réaction. Le quatrième datait de 13 jours, gutrison en 9 jours, 2 inoculations,.2 réactions locales. Le troisième, notre plus mauvais cas, datait de 4 jours; 3 inoculations, avec 2 réactions,ont été nécessaires pour amener la guérison en 13 jours seulement.

I y a là un fait qui est sûrement lié, pensons-nous, à l’état de virulence du streptobacille, soit que les lésions que nous avons eu à traiter dans les cas III et IV soient dues à un virus plus actif, soit peut-être que le Streplobacille tend à perdre rapidement sa virulence en dehors de la couche malpighienne.

Enfin nous avons toujours évité la fistulisation, soit

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du point menacé (obs. 1) soil à nos orifices de ponction.

D'autre part, nous avons eu à traiter un bubon qui s’est révélé par la suite, comme la clinique permettait de le supposer, lié à une infection mixle; la durée de Passèchement de la cavité suppurante n'a pas été modifiée : 9 jours qui est le chiffre moyen de nos observations. Nous avons pu faire en même temps un trailement au novarsénobenzol. Les deux thérapeutiques n’ont pas semblé se contrarier. Enfin, le bactériophage a semblé dans notre cas faire rapidement la part de ce qui, dans l’adénopathie, revenait au streptobacille et au spirochète. Nous n'avons malheureusement pas d’observations de chancres mixtes traités par le virus lylique. Nous avons pourtant l’impression que dans ces cas, une telle thérapeutique peut rendre des services, Il est évident que nous ne prétendons pas traiter la syphilis par le bactériophage, mais nous avons été extrêmement frappés de la rapidité avec laquelle les chancrelles traitées par nous se détergent. En 6 jours (obs, V), en À (obs. VI), en 2 jours (obs. VIT.

Nous nous souvenons d’avoir été impressionné dans notre observation VI de l'aspect en gouttes de rosée que secrète la chancrelle, et d’avoir recommencé à plusieurs reprises des examens à Pullra-microscope, tant nous étions convaincu que celte sérosilé contenait des spirochètes. Nous voyons dans ce rapide netloiement des lésions, une circonstance très favorable pour faire prés cocement des examens corrects à l’ullra-microscope,

Nous pensons en effet que s’il est actuellement difficile de mettre en évidence le tréponème dans les chan

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cres mous, cela tient au début à ce que le champ que l’on examine est encombré par les débris plus ou moins sphacéliques, dont il est très difficile de se défaire, même après avoir détergé soigneusement lulcus à la compresse. Plus tard, les pansements chimiothérapiques modifient l'aspect de la lésion et sa flore microbienne.

Contrastant avec nos succès assez rapides, pour les bubons, la série de nos malades atteints de chancres mous a donré des résultats beaucoup plus lents. Faut-il pour cela incriminer l'insuffisance de la méthode? Nous ferons remarquer cependant que nos sujets n’ont pas été suivis d'aussi près que certains malades d'étude.

Nousles examinions nous-même que tous les 3 jours c’est-à-dire que nous faisions nous-même leurs pansements, une fois sur dix. EL cela, pendant toute l’évolution de leur affection sauf les deux ou trois premiers jours, où nous montrions quotidiennement à nos malades à se soigner.

Nous ne croyons pas paradoxal d’émeltre res arguments. Nous pensons qu’il est humain que l’auteur d’une technique mette à la fois plus de minulie, et aussi ait des succès plus rapides que l’on en a dans son application en série, Nous pouvons dire que nous avons soigné nos malades comme peuvent faire tous les praticiens, mêmes les plus modestement outillés. Il est possible que si nous avions pu faire venir nos sujets plus . souvent, leur maladie eut été abrégée.

Nous ne l’avons pas pu, car une telle contrainte était impossible à des malades qui continuaient à travailler. Il nous semble capital de ne pas condamner au repos un

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malade atteint d’une affection aussi bénigne, lorsqu'elle n’est pas compliquée, que la chancrelle, Or, il n’est pas douteux que le repos est un des grands remèdes du chancre mou. Continuer ses occupations, est certainement un facteur de complication et de durée. S'il en fallait donner encore des preuves, nous cilerions ces observations de Jansion et Diot (30) se servant de filtrats vaccins non spécifiques, ilsobliennent deux fois la guérison en dix jours chez des sujets hospitalisés. Se servant de la même méthode, mais l’appliquant à des malades de consultation, avec leur négligence, leur manque de soins, les fatigues qui aggravent leurs lésions, c’est-à-dire, justement les circonstances où nous avons traité nos chancrelleux, ils n’obliennent la guérison qu’en 30 et 35 jours. #

Enfin il faut reconnaître que la méthode des pansements locaux se heurte à une difficulté qui est du reste identique. quel que soit le produit employé. C’est la difficulté parfois, de mettre in silu, et le plus souvént de maintenir le pansement en bonne place. De plus, il ne faut pas dissimuler que les compresses imbibées de bactériophage se dessèchent rapidement. Les circons: tances sont donc très différentes dans le chancre et dans le bubon, où, le bactériophage est et reste sûrement à pied-d’œuvre.

Nous voudrions insister sur ladifficulté qu’il y a à pans ser certains malades, Nous voulons faire allusion à l’ob: servation VII quenous considérons comme un échec. Nous rappellerons que d'emblée, il ÿavait deschancres du méat : pour lesquels tout pansement élait illusoire. Nous avons

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lenté d’injecter dans la fosse naviculaire quelques goultes de bactériophage, mais elles étaient évacuées aussitôt. Alors que nous obtenions une très rapide diminution de la suppuration des autres chancres, nous n€ l'avons pas influencé au méat. L’écoulement est demeuré considérable, tendant constamment à réensemencer les ulcérations existantes. D'autre part lœdème est apparu précocement, cachant les chancres dans ses plis. Nous n'avons pu empêcher la constitution d'un phimosis assez serré. Il nous a répugné de le débrider comme on le fait classiquement. Mais nous nous sommes évidemment condamné à faire un traitement complèlement à l’aveuglette enfonçant tant bien que mal une petite mèche imbibée de bactériographe entre gland et prépuce.

Il ne nous paraît pas douteux que de telles conditions constituent de véritables contre-indications à l'emploi du bactériophage, comme de tout traitement local, tant au moins que nous n’aurons pas un virus extrêmement adapté, et doué d'une activité extrême.

Nous avons cependant continué à traiter ainsi notre malade, par le fait que l’élat ne s’aggravait pas. En particulier il n’y avait aucune adénopathie, car, et nous voulons insister sur ce point, nous n'avons jamais eu de complications. Pour les bubons, la réaction locale que nous avons signalée n’a jamais été inquiétante, et ilne s’est pas produit de fistulisation. Pour les chancres, si l’on exceple notre observation VIT où d'emblée les circonstances étaient mauvaises, la lecture de nos observations est typique, très rapidement, le chancre se

déterge, la ‘suppuration devient minime, puis très lentement, la cicatrisation se fait avec des arrêts des reprises, dans certains cas. On voit de nouveau un des bords de l’ulcération se décoller, puis la ‘cicatrisation reprend (Nous reparlerons plus loin de ces alternatives d’amélioration et de régression que nous avons observées). Mais toujours la ligne générale se fait vers la guérison.

Une seule fois, on assiste à une véritable récidive in situ (Obs. VI). C’est là l’exception qui confirme la règle. Notre malade avait interrompu tout traitement pendant 5 jours. Nous n’avons jamais eu de bubons chez nos chancrelleux traités. La modeste réaction ganglionnaire de notre observation V est le seul signe d’extension que nous ayons observé. Sauf peut-être sous le phimosis de l’observation VIT, et nous nous sommes étendu assez sur la valeur de cette observation, jamais nous n’avons eu de nouveaux chancres. Bien mieux, on sait la facilité avec laquelle toute ulcération se chancrellise chez ces sujets. Nous nous souvenons d’avoir fait une petite ulcération par une maladroite prise de pus à la pipette chez un de nos malades. Bien qu’en pleine zone baignée de pus, sous un pansement humide, cette pelite plaie pansée au bactériophage ne s’est pas chancrellisée.

Le fait semble en rapport avec la rapide disparition des germes dans le pus, nos observations relatent la disparition rapide du bacille de Ducrey dans les lames examinées. Nous n’avons fait qu’une seule tentative de culture de streptobacille, au cours du traitement, elle a

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Enfin, nous n’avons jamais eu de réaction générale. Il est du reste évident, qu’ainsi appliquée cette thérapeuthique ne devait pas donner de choc. Nous n’y insistons donc pas, comme pour un hasard heureux, mais comme pour un avantage indéniable de la méthode,

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