LES AUTRES PROCÉDÉS BIOLOGIQUES DE TRAITEMENT DE LA CHANCRELLE
Nous avons pensé que nos résultats n'étaient indéressants que comparés à ceux que donnent les autres techniques.
Or, en mettant à part les procédés chimiothérapiques qui ne semblent pas avoir donné de résultats décisifs, nous nous sommes trouvé en présence d’une quantité considérable de travaux. Il y a en effet dans ce sens, un nombre prodigieux de tentatives, dans tous les ordres de la biologie, depuis surtout les dix dernières années. Nous avons estimé que c’élait dépasser le cadre de celle étude de réunir une bibliographie absolument complète de toutes les communications françaises et étrangères. Du reste, un certain nombre de ces travaux, basés sur un petit nombre de cas, non vérifiés par la suite, ont perdu un peu de leur premier intérêt, Nous
LS
avons donc dû nous résigner à choisir les publications qui nous ont paru les plus saillantes.
Une seconde difficulté nous attendait quand il s'est agi de classer logiquement ce nombre encore important de recherches. Nous avons dû renoncer à nous baser sur le mode d’action des thérapeutiques que nous étudiions, Pour beaucoup d’entre elles, il a été fort discuté, et l'opinion ne s’est pas encore établie fermement à leur sujet, D'autre part, la pénétrante étude de Teissier, Reilly et Rivalier (50) nous montre bien les obscurités qui restent encore dans le mécanisme d’action de nos thérapeutiques. Il ne nous semble pas exagéré de prétendre que par les produits les plus différents, nous pouvons, parfois, dans certains cas, obtenir la guérison par le même processus.
Nous avons donc classé les travaux dont nous parlons maintenant suivant les produits que les médecins ont utilisés.
1° Médications sérothérapiques
Les travaux de Reenstierna ont abouti à la fabrica tion d’un sérum spécifique, il en expose ainsi la technique (44) ; il injecte une émulsion de streptobacille dans l’eau physiologique dans les veines du bélier, à doses croissantes, tous les 2 ou 3 jours. Dès que l’on arrive à des doses fortes, l'animal commence à maigrir, Il meurt parfois le lendemain de l'injection. L’immunilé est obtenue au bout de 6 semaines. On prélève le sérum 9 jours après la dernière injection ; il présente
ETS
alors une réaction de déviation du complément positive à l'émulsion des bacilles.
Ainsi préparé, ce sérum ne donnait que des améliorations passagères. L'auteur, du reste, estimant que la pyrétothérapie augmentait les effets spécifiques de tous les sérums, y adjoint des corps de bacilles d'Eberth morts. Il obtient ainsi un choc à 39°-41°, Sur 155 bubons ainsi traités, Reenstierna n’aurait eu que 8 échecs, etencore, dans ces 8 cas, avait-il été impossible de mettre le bacille de Ducrey en évidence par tous les procédés. La guérison a élé obtenue en un peu plus d’une semaine.
Par contre, dans les bubons chancrellisés, le chancre simple, le chancre d’inoculation, le traitement sérothérapique ne suffit pas, il y faut adjoindre le traitement local.
La technique en a plus contre elle, la grosse réaction provoquée, le prix de revientdu produit (Lortat-Jacob et Legrain) (33).
Darier a eu des succès par l'injection dans le bubon et sous la peau de sérum anliméningococcique (12).
2° Médications par vaccins spécifiques
Nous citerons dans ce chapitre les tentatives de Cruvoilhier (11).
Cet auteur injecte du pus chancrelleux « dilué dans une assez grande quantité d’eau physiologique » et stérilisé au bain-marie, trente minutes à 57°. Les injections sous-culanées et surtout intradermiques donnent dans.
CNRS
11 Cas sur 12 « des résultats très favorables », dès 48 heures.
ILo (29), semble avoir eu le premier le mérite de réaliser la vaccinothérapie spécifique, mais son vaccin intra-musculaire donnait des réactions locales et générales trop considérables, il obtient la guérison des chancres en 7 jours. Stumpke (48) qui s’est servi du vaccin d’Ito ne croit pas pouvoir le recommander pour la pratique.
Le vaccin de Nicolle et Durand marque une date dans l’histoire de la thérapeutique de la chancrelle, Les publications à son sujet ont été innombrables. On peut dire que c’est le traitement le plus couramment adopté dans les services.
Dans sa remarquable publication dans les Archives de l’Institut Pasteur de Tunis (40) les auteurs résument ainsi leurs résultats :
« En prenant la moyenne de cas traités et où le malade a élé suivi, nous trouvons :
1° Pour 25 chancres simples, une moyenne de 12 jours, 4 de traitement :
2°. Pour 15 chancres ou infectés ou accompagnés de bubons, une durée moyenne de 16 à 17 jours ».
« Dans 4 cas, une réinfection s'est produite sur des malades, chez lequels le traitement avait été interrompu trop tôt». Nous n’insisterons pas sur la techsique de celte vaccination qui est maintenant de la pratique de tous.
… La streptobacilline de Teissier, Reilly et Rivalier (49) a donné de bons résultats à ces auteurs. C'est le produit