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le bouton n'existe pas, et qui contractent la dermatose au cours de leur séjour dans la région endémique. Tels sont les cas des nomades qui au hasard de leur déplacements, séjournent dans des villages ou près des villes à l’époque favorable à l'infection. Il leur suffit parfois de rester un temps très court pour être atteints. Ainsi la
dermatose peut même se retrouver dans le désert.
Les étrangers qui arrivent dans le pays, contactent généralement la leishmaniose après un séjour dont la durée varie de six mois à un an, selon les saisons. Très exceptionnellement, ils peuvent échapper complètement
à la maladie,
En outre, le bouton d'Orient n’épargne aucune classe de la société. Tous les habitants quel que soit leur degré social ou leur condition de vie, sont sujets à la maladie. Les enfants des familles fortunées aussi bien que ceux des indigents, sont touchés. L'état de santé et le tempérament contribuent à la résistance contre l'infection. Les débiles, les cachectiques et les Iÿmphatiques présentent des boutons à caractère ulcéreux, exten-
sif et de longue durée.
Il n’y à pas non plus de distinction de race devant l’affection. Toutefois, la race sémitique en est touchée davantage : les enfants des Israélites présentent, en effet, un nombre plus considérable de boutons par rapport aux autres enfants. C’est une des causes qui a amené jadis les Israélites de Bagdad à s'inquiéter de cette maladie et à s'en occuper, afin d’en atténuer l'effet. Ils sont partis de cette
notion d'observation courante, à savoir, qu’une première
atteinte n'était pas suivie de récidive. Dans le but de sauvegarder également l'esthétique, voulant ainsi joindre l’utile à l'agréable, ils pratiquèrent jadis l'inoculation du bouton, en râclant une lésion en pleine évolution chez un enfant, puis, en déposant le produit obtenu sur une partie scarifiée de la peau et recouverte par les vêtements d’un autre enfant indemne. Ainsi, ils déterminaient sur la partie choisie de l'organisme une infection provoquée, équivalente à une inoculation expérimentale, et ïls prévenaient habilement l'infection naturelle et inévitable qui se serait localisée sur la face et qui aurait entraîné fatalement des cicatrices disgracieuses.
Cette inoculation se faisait autrefois par les rabbins qui étaient, de par leur influence religieuse, sollicités pour prévenir les calamités et guérir les maladies. Or, la médecine était livrée chez ces derniers à l'inspiration individuelle. Elle n’avait aucune base médicale rationnelle, et était dépourvue de tout caractère scientifique. Voilà pourquoi, l'opération faite par eux n'était pas toujours sans danger, car faute d’asepsie suffisante, l’inoculation du bouton d'Orient se compliquait souvent d'infection secondaire qui les consternait, et dont ils ne voyaient pas
la cause. Ainsi petit à petit, cette pratique fut abandon-
née et malheureusement — fait que nous déplorons sincèrement — elle n’a pas été reprise par les médecins
modernes issus de l’école Pastorienne. Quelques tentatives limitées ont été cependant faites dans le pays qui malgré le bon résultat qu’elles ont donné, n’ont pas été généralisées. Nous en trouvons la cause dans ce que la
population se tropvant en présence d’un mal en quelque
Eu. En
sorte tatal, mais bénin, ne mettant nullement la vie de leurs enfants en danger, s’est montrée insouciante et peu enclin à faire subir à leurs enfants la petite intervention facile et bienfaisante d'autrefois.
La population en Iraq est frappée de cette dermatose dans une proportion de So %, peut-être davantage, si l'on tient compte de ceux qui ne présentent que des lésions discrètes, susceptibles de passer inaperçues. Si l’on veut s’en rendre compte, il suffit de parcourir les rues d’une grande ville telle que Bagdad, pour remarquer des enfants qui sont porteurs de lésions en évolution, et pour constater sur la figure des adultes des cicatrices caractéristiques qui sont les reliquats de cette dermatose.
La saison a une importance manifeste sur l’éclosion et l'évolution de la maladie. L’infection a lieu généralement en été, pendant les mois de juin, juillet et août. Après écoulement d'une période d’incubation qui varie entre deux et trois mois, la lésion fait son apparition. Elle évolue jusqu’au mois de décembre et passe alors à la période d'état. Or, cette évolution coïncide avec la période de la maturité des dattes en Iraq, dont la culture et l'exportation sont l'une des sources de la richesse du pays. Ce fait a valu à la dermatose l'appellation ‘populaire « Bess-el-Temr » ou « Bouton de datte ».
En effet, au mois d'août, le bouton à l’état de papule, devient un petit nodule. Les dattes sont à cette époque petites et nodulaires. À mesure que les dattes grossissent et mürissent, les lésions de leur côté évoluent pendant les mois de septembre et octobre. Mais tandis
que l'habitant s'apprête à cueillir les dattes qui sont
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mûres, les boutons continuent leur évolution jusqu'à la guérison.
On constate chez les ouvriers embauchés pendant la saison des dattes, des lésions qu'ils croient avoir contrac-
tées au cours de leur travail, alors qu'en fait, il s'agit
Tableau a‘apparition des boutons d'Orient à Basrah, d’après K.-P. Connor et H.-E. Snorr
dans la plupart des cas, de boutons typiques. En général, ceux-ci font leur apparition à la fin de l'été et se multiplient en grand nombre pendant les mois de septembre à janvier, avec une intensité maxima en octobre. Ce phénomène est de règle dans le pays tout entier.
En ce qui concerne l'apparition des boutons à d’autres
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époques de l’année, elle peut être la conséquence d’une période d’incubation prolongée.
Il ne peut y avoir de règles préétablies pour l’apparition de boutons résultant d’auto-inoculation par grat-
tage.