‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 22 sur 51 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

les chroniques de Saint-Martial), dû « à des foyers de pestilence, cimetières entourant les églises, maisons sans lumière et sans air, bordant des rues étroites, où les immondices, les eaux croupissantes, les cadavres d'animaux accomplissaient en liberté leur œuvre délétère », — enfin les guerres privées, de chàteau à château, de village à village.

Toutefois, avec le Moyen-Age féodal, les terreurs de l'An Mille étaient passées, la trève de Dieu s'imposait peu à peu, la société ecclésiastique s'organisait définitivement ; on bâtissait des églises et des hôpitaux, dirigés par le clergé séculier et régulier.

C'est dans ces conditions, devant les ravages croissants de la lèpre, dans une période où le calme commençait à apparaître, qu'ont été construites les premières léproseries. Les sentiments changeaient vis-à-vis des lépreux : loin de les considérer comme dans les premiers siècles, comme des frères malheureux que la charité chrétienne commandait de recueillir, de secourir et de soigner, ils devenaient un sujet d'horreur à cause de leurs plaies et de leurs déformations hideuses, et un sujet d'épouvante par crainte de voir leur mal atteindre les personnes saines (PÉTIET). Aussi les reléguait-on assez vite dans des établissements spéciaux, qui consistairnt presque partout en une série de petits logis où chaque lépreux vivait séquestré ; on n'y admettait guère que les sujets nés dans la ville voisine. Au début de leur fondation ils furent appelés maladreries, maladrières, ladreries, lazarets, missellaria, mazelleries, mézelleries, malélies, et dans les textes de la Corrèze, plus particulièrement, infirmaria, malaudies, malaties, Les maladreries, parfois aussi dénommées domus leprosorum étaient en partie de fondation royale, et ce sont ces dernières dont Louis VIT confia l'administration aux hospitalières de Saint-Lazare (1) ; elles étaient d'ailleurs moins nombreuses

(:) Ordre de Saint-Lazare. :R. Périer).

Le plus ancien de tous les ordres hospitaliers militaires ; il fut fondé vers 1120 à Jérusalem par les croisés pour assister les

pèlerins et soigner les lépreux, dont le sort était misérable. Cet

ana idohéstes dti

Page 1