STATUE ÉQUESTRE DE SAINT GEORGES A CHAUNAC
que les léproseries communales ou privées, soumises à l'autorité diocésaine, qui, jalouse de ses droits, fit assez mauvais accueil à l'ordre qui venait lui faire concurrence. Grâce à la générosité des particuliers, et à des legs que dictait la charité stimulée sous l'influence de l'Eglise, les fondations devinrent fréquentes. Selon le testament de Louis VIIT, il y avait en France 2.000 léproseries, et 1.509 du temps de Saint-Louis.
Au témoignage du Prieur de Vigcois s’établirent en Bas- Limousin, au x11° siècle, Les premières communautés et les premiers hôpitaux de lépreux. Ils durent être très nombreux, car il s'en fonda à proximité de presque toutes les petites villes de la province, et de même dans quelques bourgs. (GUIBERT).
Au ‘début, aux x1e et x11° siècles, ces établissements furent constitués en majorité par des cabannes ou chabannes. « Ce nom, que portent encore au cadastre des villages situés à proximité d'une chapelle, semblerait indiquer qu'il y eut
ordre reçut tous les ladres. y compris les chevaliers, qui pouvaient faire encore acte de guerrier en portant les armes contre les infidèles. Il possédait divers établissements à Jérusalem et à Saiut-Jean-d’Acre, il s'établit en France sous Louis VII ; €e roi donna aux hospitaliers de Saint-Lazare la terre de Boigny, près d'Orléans, ainsi qu'une église et un château dans le faubourg Saint-Denis à Paris, qu'ils convertirent en maladrerie. Philippe Auguste, puis Saint-Louis protégèrent l’ordre qui leur fut très dévoué. Il s’étendit en Italie, en Calabre et en Sicile, où il fut soutenu par le Saint-Siège, et en Augleterre, où il eut comme protecteur Henri II et les princes anglo-normands. Le pape Clément IV octroya aux frères de Saint-Lazare de Jérusalem en 1265 Je privilège de se saisir partout des lépreux et de les enfermer avec leurs biens dans les léproseries Ce privilège excita le mécontentement des communes et du clergé, administrateurs de la plupart des hôpitaux et léproseries. Nombre de chevaliers de Saint-Lazare tombèrent en Terre Sainte, surtout lors dé la perte de Saint-Jean-d’Acre. en 1291. La puissance de l’ordre, lors de son installation définitive en France, alla en s’accroissant. Beaucoup de chevaliers en firent partie, moins par charité que par cupidité ; peu étaient atteints de lèpre, la plupart se recrutaient dans la noblesse Leurs privilèges et leurs
SDoNeLE
jadis un de ces hôpitaux temporaires que l'on établissait en temps d'épidémies, et que l'on nommait généralement les cabannes, parce que ces abris destinés à séparer de la population saine les individus atteints de la contagion, étaient construits à la hâte par les populations épouvantées, avec les premiers matériaux qu'elles trouvaient sous la main. » Tel est l'avis de E. BomBaL, J.-B. CnAmPEvai, et du chanoïne Poursrière. Ces cabannes, construites au voisinage d'une fontaine et d'un nœud de chemins, en un lieu isolé au milieu des bois pour éviter la contamination, ont constitué de véritables villages dans lesquels étaient relégués les Iépreux. Etant donné la lente évolution de leur maladie, ces derniers furent les seuls à habiter ces cabannes, car les épidémies de peste ont été relativement de courte durée en Limousin ; ce n’est que pendant peu de temps que Îes pestiférés ont pu être transportés et soignés provisoirement dans les villages des ladres.
richesses les rendirent de même que les Templiers, antipathiques au peuple, dont la misère était grande. On voulut même en faire les complices des ladres, lors des complots de 1312, et le roi se saisit de leurs biens. Les officiers royaux empiétaient déjà sur les droits des administrateurs des léproseries, qui, à dire vrai, s’acquittaient souvent bien mal de leur tâche. L'ordre de Saint- Lazare, à ce moment où la lèpre était en pleine décroissance, ne sombra cependant pas ; il continua méme au xiv° siècle, à posséder ses biens et ses léproseries, dont le nombre des habitants s'était éclairci à la suite des massacres de 1321-23.
Cet ordre, par suite de la diminution de la lèpre etle manque d’expéditions en Terre Sainte semblait ne plus avoir de but, le nombre de ses membres avait diminué singulièrement ; il fut supprimé en 1489 par Innocent VIII, et réuni à celui de Saint- Jean de Jérusalem. Il continua néanmoins à subsister avec Pappui des rois de France. situalion ambigüe qui créa de nombreux conflits avec l'ordre de Malte qui voulait entrer en possession de ses biens. Rétabli par le pape en 1565, l’ordre de Saint- Lazare, se trouvait sous la dépendance de l’ordre de Malte, car ses grands maîtres étaient chevaliers de ce dernier ordre, et conservaient tous leurs droits La situation s’était compliquée de ce fait, qu'à la fin du x siècle, l’ordre de Saint-Lazare s'était scindé : le grand maître était nommé en Italie par le pape, eten