‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 35 sur 51 · ES GET · texte numérisé non relu

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à tous les ladres indigents, quelle que soit l'affection dont ils étaient atteints. Presque partout leur direction fut ecclésiastique au Moyen Age, mais, dès le xvi° siècle, les laïques y concoururent. Nous voyons ainsi, en 1576, un arrêt du

Parlement de Bordeaux ordonner à l'hôpital de Tulle la formation d’un bureau des pauvres.

Louis XIV, constatant la pénurie des maladreries, ruinées par une gestion défectueuse, le pénible recouvrement des rentes, les détournements et les gaspillages de leurs revenus, chargea le Grand Aumônier de France de réunir entre ses mains l'administration de ces établissements, et de servir une pension aux lépreux. Ces mesures ne reçurent que partiellement leur exécution. Le nombre des miséreux allait en croissant en Limousin. Les ressources affectées à leur secours étaient maigres, à tel point que la mendicité devenait un véritable fléau. Sur l'initiative de Mgr Mascaron, évêque de Tulle, le Parlement de Bordeaux, par arrêt du 27 décembre 1659, déclara « qu'il y avait lieu de demander la création d'un hôpital général et royal ». A la suite de démarches faites auprès du roi dès 1660, par les personnages limousins les plus importants de l'époque, Louis XIV, ayant constaté l'absence à Tulle, « d'aucune maladrerie, léproserie, maison Dieu, hospice n'y autres lieux destinez pour les pauvres », donna des lettres patentes à cet effet, en 1070. (MELON DE PRADOU).

En mai 1675, les mendiants étaient installés dans l'Hos-

voyageurs seulement (/ospilium)- Aujou:d’hui, l'hôpital est un établissement spécialement réservé aux malades susceptibles de guérison, et l’hospice est l'asile où l’ou reçoit les vieillards, les enfants, les incurables.

Le premier hôpital fondée en France semble être le Grand Hostel Dieu de Lyon, en l’an 512 Celui de Paris est connu depuis le commencement du 1x° siècle. Dès le x1°, les maladreries et léproseries réservées aux lépreux, tout au moins au début, apparurent à côté des hôpitaux ; elles semblent bien avoir par la suite abrité des croisés, des hommes de guerre, des voyageurs, des étrangers, ou des malades divers, elles prirent alors le nom commun d'hôpital, maisons Dieu, Hostel Dicu.

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pital général de Tulle, sous la garde et la protection royalle ». Ils y étaient internés de force, «pour être employez aux ouvrages de manufacture et autres travaux, sans quils puissent vaguer... » On y admit aussi, mais sans les mettre en contact, les malades, vieillards, enfants. infirmes. (V. Foror). A l'hôpital de manufacture créé en 1670 s’'ajoutèrent les services hospitaliers proprement dit : l'hôpital général fut la continuation de l'ancien hôtel-Dieu. (MiA- THIEU) (1).

Entre temps, Louis XIV, en 1664, confirmait les privilèges de l'Ordre de Saint-Lazare et de N. D. du Mont Carmel, et, reprenant le projet de Henri IV, décidait de réunir à l'ordre les biens considérables provenant des léproseries et des hôpitaux, des Maisons-Dieu qui, peu à peu, sous l'action envahissante du clergé, étaient passés dans ses mains. De vives protestations surgirent; on voulait reprendre des biens que le clergé considérait comme bénéfices ecclésiastiques, et les donner à l'ordre du Mont Carmel, qui, d'après ses bulles de fondation, ne devait être dôté que de biens laïcs. On devait en pourvoir, sous forme de commanderies, les officiers estropiés et ruinés au ‘service du roi, payer les pensions des soldats infirmes, et équiper des navires de guerre.

Un édit de 1672 unit à l'Ordre l'administration et la jouissance perpétuelle de toutes les maladreries, léproseries, hôtels Dieu, aumôneries, confréries, chapelles, hospitaleries et autres lieux du royaume, où l’hospitalité n'était plus observée conformément aux titres de leur fondation, comme aussi les biens de plusieurs ordres militaires, supprimés et

(1) cf. Melon de Pradou, notice histor. sur l'hospice de Tulle,

V. Forot. Un hôpital-hospice industriel aux xvn'-xvur siècles. 1908. ;

A Petit et G. MarTmiEeu. Inventaire des archives hospit de la Corrèze aut. à 1590 — 1911.

abolis de fait et de droit, pour former de tous ces biens des commanderies dont le roi, en qualité de chef souverain de

l'ordre disposerait en faveur des ofliciers de ses troupes

reçus chevaliers et qui seraient chargés d'entretenir ue partie des hôpitaux des armées (PÉriET). |

Les lépreux, dout le nombre se trouvait fort diminué en France, devaient être « logés tous dans un même lieu et entretenus aux dépens dudit ordre, suivant l'iustitution d'iceluy ».

De pareilles mesures suscitèrent d'innombrables procès. L'édit disposait de biens n’appartenant pas à la couronne, et fut une source intarissable de querelles. Louvois fut nommé en février 1673 « grand vicaire de l'O. de Saint- Lazare et de N. D. du Mont Carmel » dans la prévision des procès qui allaient surgir, le roi donna des lettres patentes portant création de la Chambre de l'Arsenal, juridiction instituée pour juger en dernier ressort les différends. De violentes protestations s'élevèrent de toutes parts : evêques, administrateurs des léproseries, magistrats munic'paux, colonies de lépreux ou soi-disant lépreux qui occupaient différentes maisons, opposèrent la résistance la plus vive.

Plusieurs édits, une déclaration de 1674 entre autres atténuèrent la portée de l'édit de 1672 ; il fut expliqué que ni les léproseries unies aux hôpitaux généraux ni les maisons-Dieu, ni bureaux de pauvres n'étaient visés. Les diflicultés se multiplièrent, la Chambre de l'Arsenal se trouva surchargée d'affaires embrouillées. Les ressources escomptées ne répondaient pas aux prévisions. Le roi, 21 ans après la promulgation des dispositions adoptées en 1672, ayant reconnu que l'édit n'apportait presqu'aucune utilité aux militaires, et les engageait dans des procès inévitables, proclama, en 1693, la désunion des biens rattachés à lOrdre du Mont Carmel et de Saint-Lazare ; il restitua titres et bénéfices aux autres confréries religieuses,

Un édit du 15 avril 1693, constatant « la disparition presque entière et universelle » de la lèpre en France, les maladreries qui avaient conservé des revenus suflisants, devaient

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