‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 37 sur 51 · CAGOT DES STALLES D'AUBAZINE · texte numérisé non relu

CAGOT DES STALLES D'AUBAZINE

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Limousin que bien rares en sont les cas à l'époque contemporaine ; les documents du siècle passé ne font pas mention des descendants des ladres de jadis; les cagots semblent inconnus au xix° siècle en Corrèze, et nous devons conclure, avec bien d’autres auteurs en France, que, grâce à des mesures sévères, parfois inhumaines, la lèpre, dès la fin du xviie siècle, a complètement rétrocédé.

Souvenirs linguistiques traduisant en Bas-Limousin le souvenir des épidémies de lèpre au Moyen Age. Cimetières de lépreux. Chapelles et Saints guérisseurs. Fontaines. La lèpre dans l’art local.

En étudiant l'histoire de la lèpre en Corrèze, nous avons cité un nombre assez grand de localités où s’élevaient des maladreries. 1l est frappant de constater, nous l'avons déjà vu, dans certaines dénominations actuelles une consonnance analogue à celle de mesiauyx ou de blanquets, termes sous lesquels les lépreux étaient connus de leurs contemporains. Il y a plus. De nos jours encore, certaines maisons isolées ou certains petits villages portent les noms de claux, de clédats qui indiqueraient l'existence ancienne des clôtures,

qui entouraient les reclusages de ladres : |

A Bugeat, près de la fontaine de Bonnefont, s'élève, sur le terrain d'une ancienne maladrerie, l’Inclédat ; de même à Chabrignac (les Clédats) ; à Grandsaigne (le Clédat, avec chapelle dédiée à sainte Madeleine, construite par l'O. de Malte au xvu°s. ); à Saint-Julien-le-Vendômois (la Clède) ; à Uzerche {les Clédats) ; à Cublac (la Claux, avec chapelle dédiée à saint Roch) ; à Salon (l'Esclauzelas) ; à Benayes (la cabane du Reclau) ; à Lissac (les Esclauzures) à Sainte- Féréole (les Esclauzes) ; à Saint-Germaiu-les-Vergnes (la Claussade) ; à Ségur(le Claux).

On relève le terme, plus ou moins modifié de Malatie : à Brive, Chamberet, Vignols (Mälatie) ; Saint-Salvadour (la Malladie) ; Lissae (la Malaudie) ; à Eygurande (le Malaudier) ; à Saint-Bonnet-Larivière (la Malaptia) ; à Saint-

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Julien-d’'Alboy (la Malaudia) ; à Saint-Germain-les-Vergnes (la Mauladia). |

Le mot habitarelle, l'habitarelloune, l'habitarellote, c'està-dire petite maison avec dépendances, se retrouve en des endroits ayant possédé des léproseries signalées par des documents de l’époque, à Gimel, Saint-Mathurin-Léobazel, Gros-Chastang, Lanteuil, Marcillac-la-Croizille.

Les gratades (de Combressol, de Concèzes, de Saint- Viance), le hameau de Gratteloube près Saint-Ybard, le pont de Gratterogne à Vigeoiïs, se retrouvent avec prédilection en des lieux où il y eut des lépreux avérés, mais perdent de leur signification du fait qu'ils veulent dire aussi terrains ravinés par les eaux, et mis à nu (pe NussacC).

Le mot rougnoux, bien plas caractéristique, se retrouve assez fréquemment en Corrèze, et exprime l’idée d'un mal qui forme des croûtes, que l'on gratte ; à travers les siècles il a signifié la lèpre à forme tuberculeuse, et de nos jours encore, les paysans limousins entendent par rougne des maladies à manifestations cutanées, gale, teigne, impétigo, eczéma. |

Les lépreux, séparés de leurs compatriotes pendant leur vie, devaient l'être encore après la mort. On les inhumait en des lieux rigoureusement déterminés en dehors de toute agolomération. Il existe encore en Corrèze des cimetières de lépreux. Nous en notons l'existence :

Beaulieu, à proximité des chapelles du Port Bas et du Tournel, — cette dernière destinée aux ladres d’après un

document de 1511, eu un lieu où s'élevait sous la Restaura-: tiou, une pierre nommée « lo toumbo deous ladres » et:

conuu actuellement sous le nom de cimetière « deous rougnoux POULBRIÈRE).

Saint-Mexant. D'après une note du curé de cette église, ‘eu 1901, lors de réparations. on découvrit dans les fondations un caveau aux murs noircis, contenant des charbons calcinés recouverts d'ossements, Sans doute était-ce là une

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