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sépulture de lépreux, dont l'Eglise permettait l'incinération.
Servières. — Au village de Beyssenc se trouvait un cime” tière de lépreux ; il n’en reste comme témoins qu'une croix de granit, dite croix des Morts, que certains textes appellaient aussi Croix des Malades (PouLBrière). Non loin de là s'élève un village, la Maison du Loup.
Monceaux. — Un cimetière qui aurait contenu des lépreux se trouvait au pied d'une chapelle, détruite actuellement, dénommée en 1154, Eglise des Chabannes.
Tulle, — Sur l'emplacement des dépendances de l'ancienne maladrerie du Rocher des malades, dont subsistaient jusqu'à ces temps.derniers quelques pans de murs et une porte, on trouve, à proximité de la Font des Malades, et sans fouiller profondément le sol, des squelettes très nombreux ; les corps par endroits ont été enterrés sans ordre, mais souvent par couches superposées suivant plusieurs sens ; ils étaient recouverts de chaux ; on a retrouvé encore quel-
ques rares planches avec des clous de fer forgé.
Au Moyen Age la lépre étant considérée comme « l'enfer sur terre », la religion était la suprème ressource des malheureux que la science délaissait, les déclarant incurables. (RoxpeLer). Aussi, de nombreux saints furent-ils particulièrementinvoqués Les saints, ainsi que l'écrit M. PÉTIET (1), s'étaient prodigués dès les temps les plus reculés au service des lépreux, et au péril de la contagion ; le souvenir des miraculeuses guérisons qu'ils avaient obtenues nous a été conservé par les biogographes qui citent Saint-Eleutherie à Tournai, Sainte-Gudule en Brabant, Saint-Didier, Saint- Hilaire et Saint-Mexent en Poitou. Leurs tombeaux continuaient à être des lieux de pèlerinage fréquentés, la ferveur des lépreux étant entretenue par fe bruit des guérisons obtenues par cette pratique. Aussi ces derniers n'hésitaientils pas à entreprendre de longs voyages, et un grand nombre
(x) Pétiet, La lèpre, op. cit. p.19 et sq.
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d’entre eux allait même en Terre Sainte se baigner dans le Jourdain, d’où ils espéraient sortir, sains et débarrassés de leurs ulcères, ainsi que le rapporte GRÉGOIRE DE Tours.
Nous savons que les lépreux se placèrent, d'une façon générale, sous l’invocation de saiNT LazaRE, — Île saint Lazare de la parabole du mauvais riche selon l'Evangile de saint Luc, et que le premier ordre monastique qui leur vint en aide prit le nom de ce saint : d'où la dénomination de lazarets, lazareries, ladreries, donnée aux premières léproseries. Nous avons vu que ces établissements comprenaient presque tous une chapelle, dédiée à l’un des saints guérisseurs de la lèpre. D'où le nom de magdeleines donné assez souvent aux chapelles, et par suite aux habitations des lépreux qui s'étaient placées sous la sauvegarde de SAINTE MADELEINE.
En Bas-Limousin, citons les magdeleines d'Affieux, au village d'Espinet près du Peuch ; — Bassignac-le-Haut ; — abbaye de Vedrenne, d'Egletons ; — églises de Juillac, (1302) ; — église de Rilhac-Xaintrie ; — Madalaine du village de Naugenac ; — du prieuré de Gorsse, à Donzenac ; — à Grandsaigne ; — au Lonzac (1556) ; — à ‘Merlines (1318) ; — à Orgnac (1455) ; — à Saint-Chamant ; à Saint- Clément ; — à Saint-Fréjoux ; — à Saint-Germain-Lavolps ; — à Treignac.
IL est juste de remarquer, avec E. BomsaL et M. DE Nussac que sainte Madeleine était aussi la patronne des bateliers de la Dordogne, qui avaient sous son vocable des sanctuaires votifs jalonnant leur voie de navigation. Mais, ces lieux où nous relevons l'existence du même culte ont été des foyers lépreux certains, distants de tout cours d’eau pouvant servir à la batellerie.
Non moins répandu, non moins grand, fut le culte dont les lépreux entourèrent sainr Jacques. Les pèlerins de Compostelle venaient demander aux chapelles dédiées à ce saint, les chemins convergeant vers l'Espagne. Ces chapelles se trouvaient à proximité des vieux ponts, ou des croix de saint Jacques placées aux carrefours. Les Jacquiers ou