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Jacquets eurent des confréries à Tulle, Brive, Corrèze, : Cornil, Gimel ; une des plus anciennes fut celle de Juillac (x11° siècle), celle d'Eyburie (1185), et une des plus importantes, celle de Chaumeil (1640).
Une des plus curieuses chapelles de lépreux est celle du village de Combes, dans la commune de Seilhac. On l'appelait chapelle de la Louverie ou du pays des Loups. Par un jeu de mots enfantins, les ladres s'étaient imaginés que SAINT Loup avait le pouvoir deles guérir. Guy DE CHAULIAG, lillustre chirurgien de Montpellier, « enseignait que la lèpre était un mal de loup, d'autant que. comme le loup, il dévore tous les membres ». Et les lépreux corréziens d'agir comme ceux des Pyrénées, dont parle le D' Fay : : Les cagots imposaient un linge sur la tête de saint Loup de Navailles, et s'en voilaient la face, dans l'espoir de voir se guérir leur lèpre ». Pourchassés comme des bêtes sauvages, les lépreux se réunissaient dans les endroits les plus cachés, les plus touffus, les plus isolés des landes corréziennes, et élevaient des chapelles dans les combes les plus désertes. Fondées et bâties aux époques les plus reculées du haut Moyen Age, ces chapelles sont en grande partie détruites ; actuellement, on en releve la trace à Chatrier, à l'abbaye de Bonnesaignes, à Estivaux, à Eygurande (où persiste la procession de SAINT Loup), à Lamongerie, au prieuré de l’Artiguette de Salon, à Troche. à Vitrac.
Un autre saint guérisseur de la lèpre fut SAINT EUTROPE, le patron des estropiés. Il semble que les ladres, toujours par un jeu de mots puéril, se soient aussi adressés, pour une maladie d’un organe particulier à un saint spécial : les aveugles avaient recours à SAINT CLAIR, qui devait rendre la lumière à leurs yeux ulcérés, les enfants chétifs et athrepsiques à sAINT LéoBox, le bon sen Gliobon, le bon Remedi ; à SAINT AURÉLIEN était donné le pouvoir de guérir la surdité, à sAINT ELoi, celui d'infuser un sang nouveau dans les membres paralysés et couverts d'ulcères. saINT PARDOUX, aveugle lui-mème, fut le patron de ces malades. Citons
encore SAINT CESSATEUR, invoqué pour faire cesser la gale,
et qui en Limousin, avec SAINT SAUR, du Périgord, fut souvent considéré comme guérisseur de la lèpre.
Nous ne connaissons pas en Limousin de documents mentionnant des concessions spéciales faites en faveur des petits oratoires des maladreries. En Poitou, les rois d'Angleterre en avaient richement doté au xn° siècle, et les avaient autorisés à percevoir des droits sur les marchandises portées aux foires des villes voisines. Il ne semble pas non plus y avoir eu de pèlerinages analogues à ceux qu'avait organisés l'Eglise, dans l'Yonne en particulier, pour exciter à l'égard des ladres la commisération et la charité chré-
tiennes (1).
L'étude des saints guérisseurs nous amène à ceile des fontaines, placées sous leur invocation, et dont l’eau passait pour être douée de propriétés curatives miraculeusés dans les affections cutanées. La Corrèze est le pays des eaux claires ; le culte des bonnes fontaines n'a été nulle part plus vivace. |
Les sources ont, de tout lemps. fait lémerveillement de l'âme naïve des paysans, qui plantèrent autour d'elles des arbres, creusèrent des bassins dans le granit, élevèrent des oratoires. « L'Eglise arrivant dans les Gaules usa d'abord de sagesse. Le Christianisme bénit toutes les fontaines. les baptisa des vocables d'un saint, local le plus souvent, au patronage duquel elle les confia ainsi exoreisées, substituant aux statuettes souvent obcènes du paganisme, les images pieuses de bois ou de pierre des vierges chrétiennes. Il sanctifia, en un mot, ne pouvant les faire cesser, ces pèlèrinages séculaires aux sources. en y établissant une dévotion opposée, mais analogue (J.-B. CrAMPEVAL) »,
(1) cf. Guibert, op. cit. p. 19.
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