‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 40 sur 51 · MAT · texte numérisé non relu

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M. p£ Nussac ne relève pas moins de 179 bonnes fontaines en Corrèze, Creuse et Haute-Vienne : presque toujours, «elles portent le nom d'un saint local que l'histoire ou la légende font passer par le pays, ou d'un saint étranger, dont le Limousin s’enorgueillit de posséder le corps ou quel-: ques reliques ».

Nous ne mentionnerons ici que les sources réputées pour guérir la lèpre. Paralytiques, convulsionnaires, estropiés, eczémateux, aveugles et sourds sont jadis venus auprès de ces sources et y viennent encore de nos jours.

La plus célèbre de toutes est la Fount Sen Meissen du nom de Saint-MéEx, (Maiïanus, mevennus), le plus grand guérisseur de lèpre en Bretagne, au vit siècle. Les villages lépreux, nous le savons, sont nombreux au pays gallois et breton ; il n'est donc pas étonnant de voir en Auvergne et en Limousin des fondations destinées aux ladres porter le nom de’ce saint.

Elleest à double orifice, et possédait autrefois un oratoire. En 1807, le Maire de Treignac, sur le territoire duquel elle se trouve, certifiait que «ses eaux ont la propriété bien reconnue de guérir le mal appelé de Saint-Méen, qui est une espèce de lèpre». Diverses analyses enffurent faites : le liquide ne contient aucune substance ni aucun corps en dissolution qui ait une vertu curative! quelconque. Cette fontaine est de nos jours encore le but de visite de nom breuses gens, atteintes d'affections cutanées ou oculaires.

Une Font des Malades existe aussi à Treignac, dans le vieux quartier du Treich (de trajectus, lieu de passage) et a été visitée par les lépreux (CHamPevaL). Selon L. pe Nussac, elle avait, seule, le pouvoir de les guérir. « D'après le D: VACHER, nous écrit-il, la ount sen Meissen n'est efficace que pour l'impetigo (1) de la face et du cuirfchevelu, les

(1) D’après l'Encyclopédie itôme x1x:: € I parait que l'impétigo des Latins est le commencement de la lèpre, lejpremier degré, l’état le plus doux ; que la lèpre des Grecs en est le second degré et enfin la lèpre des Arabes ou léléphantiase, la plus haute et dernière période ».

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ulcères variqueux, le lichen des bras et des mains, les ophtalmies, les dartres des jambes. CnamPrevaL ajoute la teigne, les croûtes de lait que l'eau fait mürir. Cet effet est une question de foi ou de crédulité s. Gay Lussac, VAGHER en ont analysé l’eau, et l'ont trouvé d'une grande pureté.

Une autre fontaine vénérée a été celle du bourg de Saint- Sylvain. Dans le Berry, en Auvergne et en Limousin, la moindre apparition de tubercules cutanés était taxée de mal de saint Sylvain. Ce saint passait pour guérir la lèpre depuis une épidémie datant du règne de saint Louis. L'eau de cette source est ferrugineuse.

A Saint Mexent, la fontaine de las Nauzas (des maladies) était jadis l’objet d'un pèlerinage considérable puisqu'on avait bâti à proximité l’« Hôtel des Pèlerins » ou « Hôtel des Bois » ou des « Hôtes ». Elle est de nos jours encore visitce par les paysans malades. Cette fount de l'Hoste est mal connue ; aucun document ne nous donne son origine, son histoire. ni, d'ailleurs aucun détail sur la sépulture des lépreux ensevelis sous le pavé de son église paroissiale.

A Peyrissac (Fount de Roumious), à Tulle (Fount Merloudan), à Uzerche (Fontaine Sainte-Eulalie), à Voutezac (la Sauvezie), à Brive (Font des Ladres), on retrouve diverses fontaines ou rochers de Malades, qui, pour J.-B. Champeval sont caractéristiques d'anciennes mallaudies ou maleties ; à proximité de ces sources, on voit encore des piscines de granit ayant servi aux ablutions des lépreux.

Les estropiés, nous avons dit, avaient recours à saint Eutrope ; on trouve des fontaines consacrées à ce saint à Favars, à Darazac, Grandsaigne, Noailles, Reygades, Perpezac-le-Blanc. Les affections oculaires étant fréquentes dans la lèpre, nous ne devons pas être étonnés de voir des fontaines susceptibles de les guérir: founts de Saint-Clair à Tulle, à Liourdre (dès 1341), à Merlines x1° siècle), de Saint- Pardoux à Affieux, à Arnac, à Saint-Exupéry, Saint-Pardoux-la-Croïzille. Pour les maladies de l'oreille on allait à Saint-Julien-aux-Bois. Pour les affections de la peau, il est un saint qui en Corrèze fut très vénéré : saint Etienne, dont

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