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et comparable à celle de la syphilis héréditaire (JEANSELME, RIST) ; la survivance chez ces individus nous paraît due à la contagiosité de la maladie à la faveur d'une prèdisposition spéciale et d’une cohabitation prolongée, toutes conditions que nous retrouvons dans nos petits foyers lépreux.
Les parents transmettent à leurs enfants une hérédité de terrain, non de graine. Un fait analogue se produit dans la tuberculose, et la théorie de la contagion jouit actuellement de la faveur de la plupart des auteurs.
Une troisième cause ajouta, selon ZAMBACO, au grand nombre des lépreux du XIIe et du x1Ir1e siècles : on les confondit avec les syphilitiques. Ces derniers auraient été placés dans les léproseries, enterrés dans les terrains des pourris et confondus avec leurs co-séquestrés, les lépreux. Au xvre siècle, lors du déclin de la lèpre, le nombre des malades qui en étaient atteints de diminua celui des syphilitiques qu'on avait appris à reconnaître : opinion soutenue par TOURNEFORT, SPRENGEL (3) et Du- POUY (4), qui cite une lettre de GUI PATIN « sur les rapports de la lèpre et de la syphilis ».
Il y eut sans doute des erreurs de diagnostic faites au Moyen Age. mais nous devons nous rappeler que la lèpre était bien connue, alors que la syphilis n’était qu'à peine entrevue. Ces deux affections, tout en présentant certains symptômes communs, n’ont pas été confondus dans la majorité des
(3) Sprengel. Hist. de la Médecine.
(4) Dupouy. Moyen Age Médical.
oise
cas. Nous en voyons la preuve dans un arrêt de PAPon (1) (1496), un mot d'un médecin de Toulouse qui déclarait, en 1595 que « la vérolle est cousine germaine de la lèpre » ; en cette dernière ville existait, dès 1528, l'hôpital Sainte-Catherine « construit pour entretenir et soigner les pauvres verollez ». Il semble que ZAMBACO eut tort d'affirmer que la syphilis a existé en France de tout temps, et de traiter de fable inadmissible son importation par l'équipage de Christophe Colomb. Comme nous le disait M. le Pr GuIART, il n'est pas du tout certain qu'elle ait existé en Europe avant la découverte de l'Amérique. |
MM. les Prs BROCA et LANCEREAUX ont relevé, sur des ossements venus de cimetières de lépreux, des lésions syphilitiques. Ces faits, ne sont pas absolument démonstratifs, car des sujets morts d’une affection quelconque, ont pu être enterrés dans des terrains destinés aux ladres, ou de leur vivant, étant déjà syphilitiques, avoir contracté la lépre.
L'on peut se demander aussi si, parmi les malades nombreux atteints en Limousin de mal des Ardents, ne se trouvaient pas des lépreux ; la science médicale d'alors ne pouvait faire que difficillement dans certains Cas la différenciation des ulcérations lépreuses, et des gangrènes des malheureux brûlés par le feu de Saint-Antoine.
Nous ne savons presque rien du traitement de
la Lèpre en Bas-Limousin. Bornons-nous à signaler
% (5) Cité par BuviGnier : Les maladreries de Verdun ; les verollez seraient chassés des villes, tout comme les ladres.