‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 32 sur 44 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. 1.— AND. CATHERINE (18 ANS)

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Père mort à 80 ans, mère morte à 50 ans, onze enfants, cinq frères, six sœurs. |

Aucun cas de lèpre dans les ascendants.

Il y aurait eu deux lépreux dans le village.

Née en Crète.

Début vague en 1923. Chute des sourcils, et des cils, lépromes (nodules) du palais, sans signes généraux. Quelques temps après taches sur les jambes.

En 1923 se forme une tumeur arrondie, mollasse sur le dos du nez, la malade vient en France en juillet 1923 et entre à l'hôpital Saint-Louis.

Traitée au chaulmoogra.

EXAMEN LOCAL DU 21 SEPTEMBRE 1923. — Nez: à droite, ulcération de la cloison vers la partie antérieure avec muqueuse saine, un peu pâle.

A gauche, vaste ulcération à la cloison avec synéchies du cornet inférieur, quelques granulations sur la muqueuse.

Bouche : Ulcération bourgeonnante, pâle, au niveau de la luette empiétant sur le voile ; plus en avant ulcération symétrique de même aspect.

Uulcération en choufleur, sur le bord gingival. Cavum : quelques ulcérations.

Langue : normale.

LE 10 JULLET 1924. — Extrait de la communication de MM. Hudelo et Pierrot :

RUE Ua

« Depuis dix mois, tuméfaction indolente, dure, du dos du nez du volume d’une demi-noisette ; a augmenté très lentement de volume, ne ressemble pas à un tubercule lépreux.

Poussées fébriles de dix à quinze jours avec périodes d’apyrexie, huit à vingt jours correspondant à une variation de la tumeur nasale qui devient rouge violacé, luisante.

Examen du nez montre à droite et à gauche des ulcérations de la cloison avec bourgeonnement et adhérences de la muqueuse. Pas de relation entre les fosses nasales et la tumeur du dos du nez.

La ponction de la tumeur ramène du liquide séro-purulent contenant des bacilles de Hansen en globies et quelques bacilles isolés et granuleux.

S'agit-il d’une migration des bacilles de la muqueuse nasale par voie lymphatique ? C’est plus vraisemblable. Il n’en est pas moins curieux de relever le caractère suppuratif de la lésion. Son évolution par poussées fébriles, son tarissement facile par de simples ponctions et la défervescence durable après évacuation de la poche. » (Hudelo)

Actuellement : cicatrice blanc nacré, sur le dos du nez, d'aspect lupique, autres cicatrices sur le visage, alopécie de la queue du sourcil et des cils.

Obs. Q.-— AND... HÉLÈNE (17 ANS)

Amenée par sa sœur, soignée avec son frère dans le service de M. Hudelo pour la maladie de Hansen. Elle est séparée d’eux depuis deux ans mais ils habitaient ensemble auparavant en Grèce.

Depuis trois mois elle respire mal, a un léger écoulement nasal, mais pas d’épistaxis. L’obstruction nasale serait plus marquée qu’au début, la malade n’accuse pas d’autre signes.

Le nez, semble normal, bien conformé.

Rhinoscopie antérieure : la muqueuse est rosée, un peu pâle. Elle semble inflltrée légèrement au niveau de la tache vasculaire. L’inflltration semble s’arrêter au niveau de la portion osseuse. Les cornets inf. et moyens, bien visibles sont normaux.

La cocaïnisation de la muqueuse de la cloison a peu d’action.

Intrigués par la parenté de la jeune malade, avec deux lépreux, nous avons prélevé un fragment de muqueuse nasale au niveau de l’infiltration et nous avons fait un frottis ; nous avons prélevé du côté opposé du mucus nasal :

dans le frottis : qq. globies ; dans le mucus : qq. bacilles.

nt Sex

Ayant fait revenir la malade nous avons fait un examen complet. Au niveau de l’avant-bras droit elle présente un placard eczématiforme datant d’un mois et demi environ. Au niveau des mains, de teinte violacée, on constate une légère infiltration, et une diminution de la sensibilité au chaud et au froid.

Après trois ou quatre applications de pommade à l’ichtyol à 40 0/0 et de goudron, la lésion eczémateuse ayant disparu, on constate une tache ovalaire de la grosseur d’une pièce de 5 francs de couleur fauve, deux autres taches, de même couleur sur le bord externe de l’avant-bras, plus petites.

L’insensibilité au toucher est peu nette, mais celle au chaud et au froid très marquée. À la piqûre on observe des réactions irrégulières, et peu nettes, rien au niveau de Nf Cubital.

Sur le corps : dans la région dorsale on constate quelques zones d’insensibilité à la piqûre. Mais il n’y a pas de taches. Les membres inf. sont légèrement violacés. Du côté de la bouche, du pharynx et de la langue, tout nous a paru normal.

Rhinoscopie antérieure : cornets sup. blanchâtres, de forme normale, synéchie de la cloison et des cornets inférieurs vers la partie médiane. Cloison normale ; actuellement muqueuse vernissée, cicatricielle. Bouche, pharynx et larynx normaux. Oreilles normales, audition normale.

Cette malade a été traitée au sulfure d’antimoine colloïdal. Depuis le mois d’octobre elle a eu tous les mois une série de dix injections de 2 c/c intramusculaires.

Actuellement, le 16 juin, elle semble améliorée. L’écoulement nasal est tari, et la respiration est redevenue normale. L’examen ne révèle rien. Au niveau des avant-bras même amélioration. Les tâches et les placards ont disparu. Seule une légère teinte bistre marque l’emplacement de la lésion à droite. A gauche, la sensibilité de la piqûre est normale, et au niveau de la zone bistre sur l’avant-bras droit, seulement la piqûre n’est pas perçue. Etat général excellent,

Obs. 3.— Bar. (51 ANS) Le 92271921:

Fosses nasales : muqueuse pâle, non infiltrée. Voûte et voile : infiltration s'étendant du rebord alvéolaire. Ulcération à la portion antérieure de la voûte.

Pharynx : pas de lésions.

LAGES

ACTUELLEMENT (Décembre 1924). — Le nez est déformé et dévié. Le lobule a disparu. Les narines présentent des brides cicatricielles qui les déforment et en réduisent l’orifice. On y trouve quatre nodules, assez petits, et une large cicatrice violacée à la place du lobule.

On constate un écoulement blanchâtre, muqueux, mêlé de croûtes.

Rhinoscopie antérieure : la cloison est déviée ; épaissie, au niveau du cartilage. A droite, la filière nasale est totalement obstruée. À gauche, le cornet sup. est réduit à un repli rouge, le cornet moyen semble normal. Le nez est rempli de mucosités blanchâtres.

La bouche est déformée, les lèvres infiltrées, et cette infiltration gagne la peau environnante. Quelques nodules et des cicatrices anciennes, sur la muqueuse labiale, les gencives sont rouges, tuméfiées ; les dents mal soignées et entourées de tartre.

Le palais est normal, le voile présente une masse rouge, de la grosseur d’une amande, avec des varicosités, à la place de la luette ; des brides cicatricielles, rattachent cette masse au palais. La sensibilité à ce niveau ne semble pas avoir disparue et on constate un réflexe nauséeux.

La langue est infiltrée, épaissie, violacée, et présente de nombreuses fissures, quelques plaques, blanc bleuâtre, opalines dans la région médiane, ressemblant à de la leucoplasie.

Le pharynx semble normal, les piliers sont sains, on trouve cependant un petit nodule près du voile, à gauche, sur le pilier antérieur.

Le larynx est touché, la voix enrouée. Le vestibule laryngé est infiltré. L’épiglotte, réduite à un prolongement de la grosseur d’un crayon, de couleur blanc rosé, est irrégulière ; les deux portions latérales ont disparu et son aspect rappelle celui d’un accent circonflexe. |

Le tout tapissé de mucosités et le malade tousse fréquemment.

Les oreilles sont comme le visage inflltrées et déformées. On y trouve des cicatrices de nodules anciens et le pavillon est attiré en avant, décollé du crâne.

L’audition est diminuée, ainsi que le montre le tableau suivant :

Sr

Montre Oreille D Oreille G | Or. normale | Pare Cranti su or 0 1 ER OS ES RE 10 cm 5 cm 30 cm à | Diapason Weber Air 20 28 40 Rinne-Schwabac Os 10 10 20 plus fort qu'à gauche La 435 VD XVII XVII Champ audittf 32 32

Il y a des lésions de l'oreille moyenne.

Examen vestibulaire en normal,

Agt- Obs. 4. Cour. Léon (16 ANS)

La maladie a débuté vers l’âge de quatre ans, à Mazagan (Maroc) ; sa mère, atteinte de Hansen, s’aperçut que l’enfant avait des taches rouges, larges, arrondies, sur la face, le bras et la cuisse droite, avec des poussées fébriles : l’éruption durait une huitaine de jours, disparaissait, puis reparaissait avec des poussées de température. Le malade ne semble pas avoir eu de rhinite à cette époque. Ces poussées de macules se reproduisent pendant des années, jusqu’à il y a deux ans. La chute des cils et des sourcils daterait de deux ans environ.

EXAMEN. — Aspect infantile dû à ce que le visage est absolument glabre. Pas de cils ni sourcils.

Sur la face, un certain nombre de nodules de la taille d’un pois, de teinte fauve, saillants, quatre ou cinq groupés au-dessous du sillon naso-génien gauche. Plusieurs sur les ailes du nez, deux au menton, aucun aux oreilles. Pas de troubles de la mimique faciale, mais les traits sont quelque peu alourdis, sans œdème. Conjonctives saumonées.

Corps infantile. Aucun signe de puberté, organes génitaux pas développés, verge et testicules infantiles. Larges taches rosées sur le bras, les jambes, (notamment sur le versant externe).

Cicatrices sur le dos du pied droit à la racine des deux premiers orteils : lisses, vernissées consécutives à des ampoules.

Etat violacé, grisâtre, teinte mine de plomb des extrémités, hypertrophie très nette avec induration et aspect moniliforme des deux cubitaux. Pas d’hyperesthésie marquée à la pression.

Atrophie marquée des éminences ténar et hypothénar. Le mouvement d'opposition se fait sans force. Atrophie du 1° add. du Pouce. Légère ébauche de griffe. Le malade ne steppe pas.

EXAMEN DE LA SENSIBILITÉ, — I. Subjective : le malade accuse une diminution de la sensibilité au niveau du petit doigt et du bord cubital de la main gauche.

IT. Objective :

a) Toucher : tête : sensibilité conservée ; tronc : id.

membres : id. sauf zone anesthésique de la partie moyenne de la plante des pieds.

b) Douleur : Dans l’ensemble, au niveau des membres très atténuée. Le malade sent qu’on le touche mais ne perçoit pas la douleur, sauf au niveau de la paume de la main.

Face : sensibilité conservée au niveau des tubercules. Tronc : conservée.

c) Chaud et froid : Membres : troubles considérables ;: confond le chaud et le froid; anesthésie complète aux ex-

trémités.

Face et Tronc : conservée.

Il y a deux ans s’est développé sur le dos du nez un premier nodule, qui actuellement a la taille d’un pois ; presque en même temps est apparue la rhinite : un écoulement nasal, clair au début, est devenu plus abondant et s’est épaissi peu à peu depuis un an; actuellement le malade mouche des croûtes et des mucosités blanc jaunûtre.

EXAMEN LocaL (Le 7 décembre 1925). — Le nez : de chaque côté du lobule, deux petits noduies de couleur gris fauve.

La sous-cloison est infiltrée, épaissie et la muqueuse du septum fait une saillie de chaque coté, la filière nasale est rétrécie : on y voit des croûtes brunâtres ; ces croûtes s’enlèvent facilement et ne sont pas adhérentes à la muqueuse, elles ne provoquent aucun épistaxis, la cloison, au niveau du cartilage est épaissie, infiltrée, ainsi que les parois latérales.

Cornet atrophiés, la cocaïne adrénalinée a peu d’action. La muqueuse est rosée.

Le nez coule le jour, cet écoulement augmente la nuit. Radio : sinus max. normaux.

Bouche : normale ; pharynx et larynx : normaux ; Pas de troubles de la voix ;

EXAMEN DE LABORATOIRE. — BH dans le mucus nasal et les larmes.

Nous comptions faire un examen d'oreille, lorsqu'une otite moyenne survenue à la suite d’une rhinopharyngite nous à permis de prendre l’observation suivante

Le 26 janvier 1926 : Cou. Léon vient à la consultation d’O. L. R. pour un écoulement d'oreille survenu dans la nuit. Il avait commencé à souffrir légèrement de l'oreille gauche le 2 janvier. La douleur s’est accentuée peu à peu, sourde, continue, sans gêne pour la mastication jusqu’à hier. Pas de signes généraux. Un peu de rhinopharyngite. Pas de température (37°7 max.). Dans la nuit du 10 au 11, cessation brusque de la douleur, écoulement par l'oreille.

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