‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 38 sur 44 · TAR..…. PIERRE (22 ANS · texte numérisé non relu

TAR..…. PIERRE (22 ANS

Antécédents héréditaires : Né à la Nouvelle Calédonie de parents originaires de Bretagne.

Antécédents collatéraux : Deux frères, trois sœurs, il est le troisième, le plus jeune frère atteint de lèpre. Sa famille étant en * contact avec des indigènes dont quelques uns étaient malades.

Antécédents personnels et histoire de la maladie : Rougeole dans l’enfance, grippe à 17 ans.

En 1923 vient en France, rien d’anormal, s'engage dans l’infanterie coloniale. Le 5 octobre 1924. Peu de temps après tombe malade, et entre à l’hôpital pour grippe (Hôpital militaire de Brest) au cours de son hospitalisation il a de fréquents épistaxis, jetage, mouche des croûtes, se brûle en s’approchant du feu (jambe).

Enr avril 1925 : Retourne à l'hôpital. A ce moment il perd ses cils et sourcils, et a un fort catharre nasal. On lui fait un examen de mucus nasal, et on trouve des globies en abondance. Il est réformé en mai 1925.

En juillet 1925 : Apparition des macules rouges sur les membres inférieurs. Ces éruptions accompagnent des poussées fébriles (38°-39°) durent plusieurs jours, puis diminuent en même temps que les signes généraux s’amendent.

. thénie.

DUT Le malade a de la fièvre vespérale de la céphalée et de l’as-

En octobre 1925 : Apparition des nodosités sur la face, s’accompagnant des poussées fébriles, du jetage, et son nez est obstrué par les croûtes. Pas de troubles visuels mais une gène ct des picotements à l’angle interne des yeux.

EXAMEN DU MALADE. — Face : La peau est pigmentée, fine, sillonnée d’une infinités de petites rides ; le visage est sans expression, comme figé.

Le nez : Déformé en coup de hache.

Alopécie sourcillière et cilière, contrastant avec une chevelure abondante.

On trouve des nodules à la commissure des lèvres, à gau-

che et sur les joues, sur les paupières. Ils sont indolores, rouges, et mollasses .

Membres supérieurs : On trouve des taches bistres, très discrètes sur la face antérieure des avant-bras.

À gauche, un tubercule peu développé sur le bras, et un ganglion épitrochléen à D.

Le Cubital est épaissi et moniliforme des deux côtés dans la gouttière.

Membres inférieurs : Les teguments sont épaissis, infiltrés, et font au membre des bottes pachydermiques. On trouve des macules rouges, violacées, ovalaires, surtout à la face interne des jambes.

Réflexes : Rotuliens et Achilléens normaux.

Pas de troubles moteurs.

Bouche : Lèvre normales, mais ridées et plissées ; un tuber-

cule à la limite de la lèvre supérieure, pas de moustaches, ni de barbe.

Gencives et Dents normales, caries de la dent de 6 ans et de la deuxième prémolaire, du maxillaire inférieur à gauche, leucoplasie de la face interne des joues.

Langues, pharynx normaux.

Nez : Il est déformé en coup de hache, le lobule est relevé et infiltré, les sillons ont disparu. Nodule sur l’aile gauche. Orifices narinaires infiltrés et épaissis.

Rhinoscopie Ant : A droite synéchie du cornet inférieur à la cloison, rétrécissant la filière nasale.

La muqueuse est d'aspect rosé, la tache vasculaire est recouverte de croutelles brûnatres (le malade a en effet quelques

épitaxis) quelques croûtes brunâtres tâpissent le cornet moyen. II est peu visible.

À gauche comme à droite synéchie du cornet inférieur et de la cloison, la filière nasale est moins rétrécie qu’à droite. La muqueuse recouvrant la portion cartilagineuse est infiitrée, irrégulière, bosselée, la tache vasculaire est tapissée de croûtes sous lesquels on découvre une petite ulcération, très superficielle, ne saignant pas. |

Rhinoscopie post : Cavum bien visible, muqueuse vernissée, quelques croûtes.

Larynx normal.

Reflexe nauséeux marqué, pas d’anèsthesie du voile, sensibilité normale de la langue au chaud et au froid, au salé et à l’amer.

Oreilles : Pavillon normaux.

O. D. : Tympan légèrement rétracté, terne, manche du marteau en saillie ; catharre tubaire secondaire à l’obstruction nasale ; très légère diminution de l’audition pas l'air.

À gauche : normale.

Examen auditif : Audition normale, quoique légèrement diminuée à D.

Examen vestibulaire normal.

Obs. 10.— Ricx….

Pas d’antécédents héréditaires de lèpre.

À vécu aux colonies et dans la marine marchande. La maladie a débuté pendant la guerre à la Guyane.

Forme nerveuse : Pas de lésions cutanées.

Nez : Est infiltré et l’orifice narinaire considérablement réduit. Obstruction nasale tenace dont se plaint le malade. La cloison est infiltrée, épaissie, à droite elle présente une ulcération polycyclique, blanchâtre, profonde, au niveau du pied et de la portion antérieure. Le nez est bourré de croûtes, et la filière est très réduite. ne du cornet inférieur et de la partie vomérienne de la cloison.

Pi A gauche: La muqueuse a le même aspect infiltré, fréquentes épistaxis, dans la journée, obstruction complète qui ne permet pas de voir les cornets moyens. Céphalée tenace.

Bouche : Lèvres normales, dents normales, langue normale. Au niveau de la partie antérieure du palais, près des arcades dentaires, on constate cinq petites érosions de 1 à 3 mm. de diamè-

tre, ovalaires, peu profondes, jaunâtres, granuleuses, d’aspect lupique et dont le malade dit souffrir.

Rien au pharynx, sinon du muco-pus venant du cavum. Réflexe nauséeux très marqué.

Larynx : Voix légèrement enrouée, aspect normal.

Oreilles : L’audition semble normale ; quelques bourdonnements ; tympans rétractés et ternes ; catharre tubaire, secondaire à la rhinite.

Pas de troubles ESA Res

Traitement local du nez ; destruction des Synéchies au sal vanocautère et dilatation par un ‘drain en caoutchouc.

Attouchement à l’acide lactique des ulcérations.

Obs.

SHIL... OUSSIE.

Vient du sud de la Russie. La maladie a débuté il y a trois ans. Lésions de la face, nodule, infiltration du visage, alopécie sourcillières, lésions cutanées aux membres supérieur et inférieur. Troubles de la sensibilité. Nodosités sur le trajet du cubital..

Le nez très infiltré et hypertophié. Le lobule est augmenté de volume, inflltré, semé de varicosités et de croutelles brunes. Les deux sillons latéraux sont normaux ; les orifices narinaires sont affaissés.

La cloison présente une grosse perforation, de la surface d’une pièce de 1 franc. Le pourtour en est anémique, rose pâle, comme si la muqueuse qui le forme était tendue sur le squelette. Seul le bord du vomer est infiltré, rouge, violacé, sillonné de nombreuses varicosités, saignant facilement au moindre contact.

Les parois externes sont modifiées. A droite, le cornet inférieur est appliqué contre la paroi externe, sa muqueuse est pâle, unie. Le cornet moyen a un aspect normal. À gauche : le cornet inférieur est détruit, la muqueuse du méat est sale, terne, pâle. Le cornet moyen, de grosseur normale, est blanchâtre, desséché, tapissé de croûtelles jaunâtres. Il n’y a pas d’atrésie de la filière nasale et le malade, lorsque les orifices narinaires sont nettoyés de leurs croûtes, peut respirer librement.

Les lèvres qui ont pris une teinte brun fauve, sont fendilles, épaissies, infiltrées. De chaque côté de la région médiane de la lèvre inférieure, on trouve deux gros lépromes surélevés, en forme de haricots, variqueux à leur union avec la muqueuse labiale. Les poils, rares dans cette région, sont recouvertes de croûtes, et ont un aspect rappelant le sycosis. De même la moustache, clair-

semée, irrégulière, est tapissée de croûtes jaunâtres ; les commissures des lèvres sont de couleur plus pâle.

L'examen de la cavité buccale nous montre des vestibules normaux, à peine infiltrés ; le frein de la langue est hypertrophié ; les dents sont saines, de forme normale et les gencives en bon état.

La langue hyperthrophiée, épaissie, infiltrée, présente sur sa surface, en avant du V lingual, des fissures et des sillons qui déterminent des saillies entre eux ; un enduit blanc jaunatre, saburral, tapisse la muqueuse ; il est peu adhérent.

Sur la région médiane de la langue on voit une formation surélevée, en chou-fleur, bourgeonnante, rosée, en forme de triangle dont un angle est dirigé en avant et qui occupe environ un tiers de la partie visible de l’organe. Cette tumeur, rose pâle, piquetée d’un semis de granulations brunâtres de la grosseur d’une pointe d’épingle, est divisée en 3 ou 4 lobes.

En arrière vers la base et sur les deux bords de la langue, de chaque côté de la masse en chou-fleur, on aperçoit une petite tumeur de même aspect, grosse comme un pois.

Sur la voûte palatine, dans la région médiane, s'étend une infiltration, qui en avant affleure l’arcade dentaire. Cette infiltration, de couleur plus pâle, polycyclique, piquée de granulations brunes, est surélevée d’environ un demi-millimètre, les contours irréguliers sont nets ; l’ensemble rappelle l’infiltration lupique.

Le voile, infiltré et épaissi, a le même aspect que le palais: il a perdü son élasticité. La luette, épaissie, infiltrée, en chou-fleur, blanchâtre, rigide, dirigée en avant, est comme pédiculée par un sillon circulaire à sa base.

Les piliers antérieurs de forme normale sont rouges ; les piliers postérieurs au contraire, infiltrés, granuleux, sont blanchätres. x

L’abaïsse-langue provoque un réflexe nauséeux, de même que l’attouchement du voile.

Le larynx présente une grosse infiltration du vestibule ; la muqueuse a l’aspect granuleux.

L’épiglotte, infiltrée, peu mobile, d’aspect rosé, mais irrégulière, est inclinée en arrière, couvrant l’orifice du larynx. La voix est enrouée.

Les oreilles sont déformées, le pavillon paraît décollé et l'infiltration le ramène en avant. La peau est desquamée et rouge.

Les conduits auditifs externes sont normaux, les tympans légèrement rétractés. L’audition est peu diminué ; il n’y a ni bourdonnements ni vertiges.

Alopécie sourcilière et frontale, Inégalité pupillaire,

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