‹ Contribution à l'étude de la leucocytémie chez l'enfantChapitre 10 sur 32 · RON · texte numérisé non relu

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pait même pas à l'examen d’un œil non exercé. Les dimensions n’atteignent pas toujours cette exagération, mais quand la spléno-mégalie est reconnue, l’inspection du foie doit être faite scrupuleusement, car bien souvent les hypertrophies splénique et hépathique sont simultanées.

Il peut arriver que le diaphragme, gêné dans ses mouvements, se prête d’une façon insuffisante à la fonction de respiration, c’est un indice qui invite à l'examen des viscères avec lesquels il a des rapports plus ou moins éloignés.

Cependant, il ne faut pas s’y tromper, l’adénopathie bronchique peut suffire à provoquer cette gêne respiratoire, on est alors mis sur la voie des lésions ganglionnaires par la toux qui acquiert vite un timbre rauque spécial et qui s’a- Joute au signe important de la dyspnée si souvent signalé.

Les hypertrophies ganglionnaires, cervicales, axillaires, inguinales et abdominales sont fréquemment observées, elles présentent le caractère d’être doubles et symétriques par rapport au corps du malade. Ces hypertrophies sont dures, sans tendance à la suppuration et forment des amas composés de trois ou quatre unités.

Les ganglions tuberculeux sont ou très petits (micropolyadénie) et disséminés sans ordre, ou plus gros avec ten-

dance plus ou moins marquée à la suppuration.

Les ganglions sous-cutanés des leucémiques sont également indolents, mais ils ne sont pas adhérents à la peau et n'ont aucune tendance à la suppuration.

Les ganglions syphilitiques cèdent au traitement spécifique et sont rarement les symptômes uniques de l'affection. Le ganglion épitrochléen n'est jamais atteint dans la leu-

cémie,

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Tout ce qui précède ne constitue que des probabilités, la certitude ne s’acquiert que par l'examen du sang. Cet examen se compose du dosage de l'hémoglobine (chromométrie), del’étude des caractères physiologiques et histologiques des globules sanguins et de leur numération.

Chromométrie. — A pour but de déterminer la quantité d’hémoglobine contenue dans un globule malade en la comparant à la quantité de même substance contenue dans un globule sain, cette dernière étant prise pour unité. La plus grande valeur de la richesse globulaire étant 1, tous les résultats chromométriques seront représentés par des nombres tels que : 0,5; 0,6, etc:

Le principe de la méthode repose sur la solubilité de l’hémoglobine dans l’eau et sur la coloration plus ou moins foncée de la dissolution, coloration qui croît avec la quantité d’hémoglobine.

Pour éviter de comparer les dissolutions à étudier avec d’autres dissolutions d’un sang pris pour étalon, on a une fois pour toutes construit des bandes coloriées qui, placées sous le fond des vases renfermant de l’eau pure arrivent à donner à l'œil l'illusion d'une teinte identique à celle que donnerait une dissolution dont la richesse globulaire est inscrite sur la bande elle-même.

Les résultats chromométriques sont considérés comme très importants, leur valeur sera mise en relief.

Les caractères physiologiques et histologiques à signaler sont : l'empilage des globules rouges à la sortie des vaisseaux, la contractilité amœæboïde des globules blancs, les

dimensions, la configuration et la structure des globules

et enfin les accidents pathologiques qui définissent cette maladie.

Sang sec. — Pour cette préparation il suffit d’agiter vivement, jusqu'à dessication complète, une goutte de sang reposant sur une lame de verre. Le sang normal ainsi dessiché présente des piles d'hématies; le sang des leucémiques contient des hématies qui s'y empilent mal et qui s’isolent facilement.

Sang dilué. — Afin de pouvoir observer individuellement les globules, on a imaginé d'augmenter artificiellement la quantité de sérum du sang; pour cela on fait des mélanges au centième (ou à tout autre titre) en employant des sérums artificiels.

C’est dans ce liquide additionnel et à sa faveur que l’on observe et que l’on fait le dénombrement des globules soit avec ou sans le secours des colorants.

Divers appareils ont été construits à cet usage, ce sont ceux de M. Malassez, plus récemment de MM. Hayem et Nachet; tous deux nécessitent l'emploi du mélangeur de M. Potain. -

L’histologie nous fournit de précieux renseignements: c’est ainsi qu’on a trouvé dans le sang d’un petit leucémique (Du sang, Hayem, p. 864), de nombreux globules rouges à noyau et à disque pale. Ces noyaux étaient quelquefois bi ou trilobés, c’est-à-dire qu'ils subissaient le phénomène de la karyokinèse.

C'est en mettant ces considérations en lumière, que M. Hayem a porté la diagnostic de leucémie, chez cet enfant de 10 mois, dont le nombre des globules blancs était

de 35000 par millimètre cube, alors qu’une règle trop

Lu 99 LÈ étroite avait fixé le nombre à 70000, comme minimum dans la leucémie. | |

Numération des globules. — La numération comme l'étude des globules ne peut se faire qu’à l’aide du microscope. Le principe de l'opération est le suivant : placer dans le champ du microscrope, une série de petits cubes de dimensions connues et de même volume, chacun d’eux étant rempli de sang dilué. Il suffira dès lors de compter les globules contenus dans plusieurs petits cubes, d'en prendre la moyenne, de tenir compte du degré de dilution et du volume du mélange ainsi limité.

L'unité de volume adoptée est très petite, c'est 1/125° de millimètre cube. On réalise cès conditions en observant le liquide dilué au 1/100° entre deux plaques de verre distantes de 1/5° de millimètre; la plaque inférieure, la plus éloignée de l'objectif est munie d’un quadrillé au 1/5° de millimètre. Le nombre de globules obtenu dans ces conditions devra être multiplié par 12,590 (produit-de 125 par 100), pour obtenir le nombre des globules contenus dans un millimètre cube de sang.

Après ces lignes essentielles, justifions la valeur annoncée des considérations chromométriques.

Supposons que le sang étudié, contienne par millimètre cube trois millions de globules rouges au lieu de cinq millions et que la richesse globulaire soit représentée par 3/4 au lieu d’être par 1.

Il s’en suit que la quantité d'hémoglobine contenue dans 1 millimètre cube de sang pathologique est représentée par D AA 0

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c'est-à-dire qu’elle est les 9/20° de ce qu’elle serait dans le sang normal. Le rôle important que joue l’hémoglobine, comme agent respiratoire fait comprendre sans discussion la gravité d'un pareil état. |

Tel est l'aperçu rapide de l'étude des faits dont la connaissance est indispensable au diagnostic de l'affection. On peut encore ajouter les symptômes cliniques suivants, d'une grande valeur dans quelques cas :

L'énorme développement du tronc comparativement à la gracilité des membres ; l'extrême paleur qui n'apparaît Souvent qu'à la période terminale et la faiblesse croissante

qui ne fait jamais défaut.

ÉTIOLOGIE.

Dans le « Précis d'obstétrique » de MM. Ribemont, Dessaignes et Lepage, édition 1894 (page 657), on trouve : « d’après Sanger, la leucocythémie est transmissible de la mère ‘au fœtus ». En nous reportant au Centralblalt, année 1889, dans lequel se trouve un article du même auteur, relatif à la leucocythémie chez la femme enceinte, nous relevons plusieurs observations dont deux sont particulièrement instructives. L'une est relative à une mère qui mit au monde un enfant leucémique, sans avoir elle-même contracté la maladie pendant la gestation. Le second fait est celui d’une mère leucémique qui accoucha d’un enfant vivant et viable non leucémique. L'auteur conclut d'une série d'observations que l’enfant d'une mère leucémique ne le devient pas et ne court aucun risque de le devenir et que les leucocytes ne traversent pas la barrière placentaire. D'où la conséquence suivante : le placenta est imperméable aux globules blancs qui ne peuvent passer du sang maternel dans le sang fœtal et inversement (Centralbatt, paze 616). Birs:h Hirschfeld et Zweifel n’acceptent pas les

idées de Sanger, ils arguent d'expériences contradictoires

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et affirment que la contagion est la régle surtout lorsqu'il y a lésion placentaire.

Klebs a décrit la leucémie du nouveau-né, Friedreich l'a signalée chez de petits sujets de huit à dix semaines et Birsch Hirschfeld chez des nourrissons du même âge. West l’a constatée à huit mois et demi, M. Hayem à dix mois. Fischl à un an. Trousseau l'a reconnue chez un enfant de quinze mois, Senator l’a traitée chez deux jumelles de dix-sept mois, Andrews d'Édimboury, chez un enfant de dix-huit mois.

Sur trente-neuf observations réunies par Birsch Hirschfelfd, en 1878, quatre étaient de la première année, neuf de un à quatre ans, neuf de cinq à neuf ans et dix-sept de neuf à quinze ans.

Suivant Baginsky et Descroizilles, les garçons sont plus souvent atteints que les filles et le nombre croît avec l’âge à partir de l’âge de cinq ans.

M. Vidal a fait remarquer combien la leucocythémie doit être rare dans la première enfance puisqu'il n’en a pas trouvé un seul cas jusqu’en 1856.

Après avoir analysé les observations de trente-deux malades de tout âge, il a constaté que le plus jeune avait 13 ans et demi (1).

Contrairement à cette déclaration, Ellis a écrit : « la

leucémie n’est pas rare dans l'enfance. » Cette opinion est

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(1) La statistique d'Isambert dans le dictionnaire encyclopédique, sur 39 cas, n'indique que 2 cas chez les enfants au-dessous de 15 ans. D'après cette statistique, la leucocythémie est le plus fréquemment observée entre 20 et 40 ans,

atténuée par M. Descroizilles dont voici le jugement :

« La leucocythémie est rare à tous les stades de l'enfance, sans être aussi exceptionnelle qu’on l’a cru ». Enfin, nous trouvons dans l'observation de M. Roger (1885): « la leucocythémie estune maladie peu commune dans l’enfance, on peut même ajouter qu’elle est très rare, puisque notre excellent et savant Maître (M. Cadet de Gassicourt), nous a dit n’en avoir jamais observé à cette période de la vie ».

L'’hérédité, le rachitisme, la scrofule, la syphilis, l’adénopathie tuberculeuse et la malaria ont été mises en cause etona pu invoquer des faits à l'appui de cette interprétation.

Quelle part peut-on accorder à l’hérédité?

Naunyn cite le cas de deux frères atteints de leucémie splénique; Duret et Vacquez, celui du frère et de la sœur ; Senator, de deux jumelles. Le petit malade d'Andrews, avait deux frères morts avec spléno-mégalie. Ortner cite deux sœurs; Casati, la mère et l'enfant.

Cette statistique est-elle suffisante pour établir l'influence de l’hérédité et obliger le médecin à en tenir grand compte? Il paraît raisonnable de répondre que les faits dans lesquels l’hérédité semble être en cause, sont encore en trop petit nombre pour autoriser à trancher une question d'aussi grande importance. En présence de l’énumération précédente, il est peut-être sage de dire que l'hérédité est probable, mais non établie.

D’autres affections ancestrales influent-elles ?

On n’a jamais établi les liens qui uniraient cette maladie

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