‹ Contribution à l'étude de la leucocytémie chez l'enfantChapitre 18 sur 32 · RAS ER · texte numérisé non relu

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En somme, tous les ganglions apparents sont envahis sauf les ganglions épitrochléens et poplités.

On note de la matité au niveau de l’espace inter-scapulaire, ce qui porte à admettre l'hypertrophie des ganglions bronchiques.

La lésion splénique, qui d’après Wirchow, domine tout le tableau pathologique, ne manque pas chez notre sujet. Nous ne savons à quelle époque la rate a commencé à s'accroître, mais au moment de notre examen on constate un soulèvement de l’hypochondre gauche.

La rate est volumineuse, elle présente sur la ligne axillaire, à la percussion, 8 à 9 centimètres de hauteur et 8 centimètres dans le sens antéro-postérieur. Par la palpation, on découvre une hypertrophie plus notable qu’à la percussion; la rate dépasse en dedans la ligne mammaire. * Le foie aussi est augmenté de volume, il y a 9 centimètres de hauteur; le palper ne révèle rien à cause de la distension du ventre.

Tout le système veineux des parois abdominales est très développé et l’on distingue nettement la veine sous-cutanée abdominale; cette dilatation du système veineux superficiel est une preuve évidente de la gêne de la grande circulation en retour, circulation de la veine porte ou de la veine cave.

14 janvier. — À partir de ce jour, la petite malade qui avait toujours mangé de grand appétit, vomit fréquemment, est en proie à une diarrhée intense et continue qui Taffaiblit encore ; elle se plaint sans cesse.

15 janvier. — Epistaxis, diarrhée, vomissements, fièvre.

Dès lors, l'hyperthermie devient périodique et présente

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des variations irrégulières dont l'intensité ira toujours en croissant jusqu’au terme de la maladie. Toux légère. Quelques râles de bronchite disséminés dans la poitrine.

En présence de cette adénie généralisée, de cette hypertrophie de la rate et du foie, de cette anémie profonde et de cette pâleur cadavérique, M. Duret porte le diagnostic de leucocythñémie et nous prie de faire l'examen du sang.

17 janvier. — L'examen hématimétrique, fait avec soin et avec le sérum de M. le professeur Toison, sérum qui colore les globules blancs en violet foncé, donne les résultats suivants : les hématies sont aux leucocytes dans le rapport de 13 à 8. Le nombre total des globules rouges est de 269,750, celui des globules blancs de 166,000.

Cet examen confirme donc le diagnostic de leucocythémie.

Le sang est pale, il a perdu sa rutilance pour prendre une nuance presque violette. La maladie fait lentement des progrès, la cachexie se prononce de plus en plus, les hémorrhagies se produisent surtout sous forme d’épistaxis à répétition. On ne note pas d’hémorrhagie intestinale.

22 janvier. — Pas d’épistaxis, pas de diarrhée, mais les paupières inférieures surtout la droite sont bleuâtres, cyanosées, la langue est épaisse, les lèvres fuligineuses.

23 janvier. — Epistaxis. Selles noires. Urine à odeur fétide. Dilatation prononcée des veines du front.

Du 24 au 27 janvier, la température se maintient entre 38 et 30°, les épistaxis se reproduisent fréquentes et abondantes.

J1 janvier. — Otorrhagie.

Février. — Les premiers jours de février sont marqués

par la fièvre et les mèmes troubles du côté des muqueuses nasale et intestinale,

9 Jevrier. — L'appétit se relève mais les repas sont suivis de vomissements et d’épistaxis légères.

Du 10 au 22 février, mêmes phénomènes.

22 février. — Une dyspnée intense domine la scène; dans la soirée les hémorrhagies nasales reparaissent en abondance. Expulsion de caillots assez volumineux.

23 février. — On remarque au niveau du sourcil droit une bosse sanguine bleuâtre, du volume d’une noix; cette tumeur vasculaire est fluctuante et très douloureuse.

24 février. — Epistaxis.

25 février. — Une hémorrhagie dure deux heures. Le soir une nouvelle épistaxis se prolonge de deux à sixheures.

La maïgreur est extrême, la pâleur est livide. Les ganglions parotidiens ont acquis un volume énorme.

9 mars. — Dans la soirée, une hémorrhagie plus abondante que toutes les précédentes se produit, la pauvre enfant rejette par la bouche des caillots du volume du poing et succombe à cette hémorrhagie.

Auropsir; — Le cadavre présente une maigreur extrême. Pas d’ascite, pas d'hémorrhagies dans les feuillets du mésentère, pas d’épanchements dans les plèvres. Poumons sains. On note seulement quelques adhérences pleurales récentes à gauche et au niveau du diaphragme du même côté.

Léger épanchement dans le péricarde sans exsudats séromembraneux.

La glande thyroïde est relativement volumineuse. Entre

la paroi externe du péricarde en avant et le sternum, à

l'union de la première et de la seconde pièce de cet os, on rencontre une masse aplatie, longue de 3 centimètres, épaisse de 6 millimètres et présentant l’aspect du thymus.

Tous les viscères sont excessivement pâles et dans un état complet d’anémie.

Le pancréas est exsangue, le foie pèse 580 grammes.

La rate volumineuse pèse 115 grammes, elle présente 16 centimètres de longueur, sur 12 de largeur et 7 d’épaisseur. En arrière du pancréas il existe un paquet ganglionnaïire.

Sur le bord mésentérique de l'intestin, entre les arcades vasculaires, il existe une longue chaîne de ganglions gros comme des petits pois. Les follicules intestinaux ne sont pas intéressés. L’estomac est pâle, rempli de lait caillé. L’arrière-gorge est bourrée de caillots sanguins.

Le système ganglionnaire offre ceci de particulier qu'il apparaît moins hypertrophié que pendant la vie.

On note quelques ganglions iliaques internes et externes de la grosseur d'une amande. Au niveau de l’aine il existe cinq ganglions de la grosseur d’une petite noix.

Les ganglions parotidiens sont aussi très tuméfiés. Petit ganglion massétérin.

Le long du cou, allant de la clavicule à la base du crâne, on constate plusieurs lignes de ganglions échelonnés et tuméfiés.

Les ganglions rétro-pharyngiens droit et gauche présentent aussi un volume anormal.

Le groupe ganglionnaire échelonné le long de l'appareil

respiratoire est le plus intéressant.

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