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RÉFLEXIONS SUR LES OBSERVATIONS QUI PRÉCÉDENT

Tous les âges de l'enfance sont représentés dans la série des observations qui précèdent.

Le sexe n’est pas toujours indiqué, il est inconnu dans six cas. C’est surtout pour la première enfance que ce renseignement fait défaut; puis on compte deux filles pour neuf garçons. à

Quelques petits malades ont présenté, pendant la courte durée de leur vie, des accidents qui ont paru influer puissamment sur l’évolution de la maladie.

Avant d’être leucémiques, deux étaient rachitiques, deux scrofuleux et deux autres étaient des fièvreux intermittents. Nous prenons bonne note de ces antécédents personnels, il en sera tenu compte, car nous ne pouvons pas expliquer leur répétition par le seul effet du hasard. Il suffit de jeter un coup d'œil sur les observations qui les concernent pour en reconnaître l'importance et leur funeste influence.

L'issue si souvent fatale n’a pas toujours été enregistrée,

elle est ignorée dans quatre cas, ceux pour lesquels déjà le

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sexe n'a pas été indiqué. Toutes les observations complètes relatent un décès, sauf le cas de cet enfant de neuf mois observé par Jones qui a donné une guérison.

Cinq malades ont succombé à la suite de complications par affections intercurrentes : deux par broncho-pneumonie, un par œdème pulmonaire aigu et deux à la suite d’abondantes hémorrhagies. Les sept autres cas de mort sont attribués à la cachexie finale qui est le terme ordinaire de cette maladie.

Si le traitement est inefficace, est-il possible de déduire de l’étude des premiers symptômes des moyens prophylactiques ?

En général, les premiers symptômes sont ceux des voies digestives : ballonnement du ventre, augmentation de l'appétit jusqu’à l'exagération, vomissements, alternatives de diarrhées et de constipation, douleurs intestinales et insomnies.

Ces troubles, dont le retentissement sur l'organisme est considérable, sont souvent le fait d’une nourriture insuffisante ou non appropriée à l’âge. Nous en avons trois exemples : un enfant a été changé de nourrice à six semaines, puis sevré à six mois; un autre a été nourri au biberon et également sevré à six mois. Enfin, un troisième d'une santé d’abord florissante, puis mal nourri, a présenté tous les signes d’un «rachitisme grave et floride ».

Les renseignements relatifs à l'allaitement font défaut dans toutes les autres observations sauf dans celle de Trousseau qui nous apprend que l’enfant a été nourri par sa mère mais que chaque après-midi il était en puissance

d'accès fébriles suivis de frissons, Ce qui prouve au moins

ÉLS que la nutrition ne doit pas toujours être mise en cause si elle peut l'être quelques fois.

Lorsque les malaises gastro-intestinaux se compliquent d’amaigrissement, de rachitisme, de scrofule; ces derniers états paraissent être des intermédiaires qui favorisent l'éclosion de la leucémie. |

Mais souvent les accidents signalés sont assez éloignés de la période de l'allaitement, pour qu'il soit impossible de les rattacher au régime alimentaire du nourrisson. 11 reste à incriminer les aliments mal tolérés, mal digérés dans un âge plus avancé. Cet argument est encore insuffisant pour expliquer les cas de leucémie qui surviennent chez des enfants dont l'hygiène a été irréprochable.

L'’explication des phénomènes du début échappe souvent même quand ils sont intenses, à plus forte raison est-elle plus difficile à découvrir quand ils sont atténués. La maladie s'établit alors lentement, sans fracas, d’une façon insi- -dieuse; les hypertrophies apparaissent, l’anémie s'aggrave de jour en jour; quand le diagnostic s'impose, le malade est à bout de forces et on reconnaît avec stupeur que déjà la partie est perdue.

La spléno;mégalie est fréquente, elle a été notée onze fois durant la vie du sujet dont sept fois simultanément avec l’hypertrophie du foie. La lymphadénie intestinale apparaît trois fois. Les hypertrophies ganglionnaires généralisées (cervicale, axillaire, inguinale, mésentérique) sont au nombre de quatre; la forme cutanée n’est signalée qu’une fois.

Les complications survenues pendant la maladie sont

très variées : les hémorrhagies ont frappé quatre malades;

Ne qe dans l'observation de MM. Duret et Vacquez on constate que c’est la cause de la mort; à l’autopsie de ce malade on trouve le thyrnus hypertrophié.

La rétinite et même la cécité complète est observée par M. Rendu, l’ascite purulente par M. Picot.

Néphrite avec bruit de galop à la pointe et souffle systolique très doux à la base sont signalés dans l'observation de M. Roger.

Tympanisme abdominal, constipation, diarrhées, gêne circulatoire veineuse sont des accidents communs. Gencives tuméfiées et saignantes, ecchymoses; sont observées trois fois. Les ulcères de la muqueuse stomacale et l’ascite sont de l'observation d’Eichorst.

Personnellement, nous avons été témoin et très surpris du fait de la diminution brusque et presque complète des hypertrophies ganglionnaires. Le même fait signalé par d’autres auteurs a coïncidé avec une diminution de la leucocytose. Rappelons que la date d'observation du 29 mai 1894 marque en même temps que l’affaissement des masses ganglionnaires, le début d’une affection intercurrente.

M. le docteur Broussolle nous a cité à ce sujet un fait analogue observé pendant son internat dans le service de M. de Saint-Germain et relatif à une lymphadémie :

Les ganglions cervicaux, axillaires, inguinaux hypertrophiés ont cédé pendant l’évolution d’une rougeole pour grossir de nouveau aussitôt la fièvre éruptive passée.

Ellis rapporte un fait plus grave dû à l'influence d’une fièvre éruptive intercurrente; il s'agit d’un petit malade qui

se nourrissait assez bien et paraissait souffrir très peu; une

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