PR RENE
Dans le courant des années 1915-1916, elle commence à avoir de temps à autre de petites hémoptysies, consistant en quelques crachats de sang liquide ou quelques caillots, auxquels du reste elle ne prête guère d'attention. À partir de ce moment-là, cependant, elle recommence à expectorer un peu et on constate parfois, sur le foyer de l’ancienne lésion, de petits ronflements bronchiques passagers. Les crachats sont purulents et contiennent des staphylocoques, mais pas de bacilles de Koch. |
En 1917, pendant un séjour à Paris, survient une assez forte hémoptysie (100 cc) sans élévation importante de la température (38°-38°2) et sans aggravation des signes d’auscultation, une fois l'incident terminé.
La malade revient à Leysin et reste 2 mois sans cracher de sang, gardant le repos absolu au lit.
__ À l’auscultation, on constate quelques ronflements bronchiques inconstants, vers le hile gauche ; à part cela, tout est normal, y compris le cœur. La malade expectore assez régulièrement un à deux petits crachats purulents, le matin, dans lesquels, malgré de nombreux examens, on ne constate jamais aucun bacille de Koch, mais seulement quelques staphylocoques et pneumocoques. Pas de fièvre habituelle.
Sur la radiographie, on constate un peu d’exagération de l’ombre du hile à gauche, et des arborisations bronchiques légèrement renforcées. En outre, on distingue nettement deux taches complètement obscures, de la grosseur d’une petite perle.
Peu à peu, les hémoptysies recommencent, tantôt très fréquentes, se répétant tous les 8 ou 10 jours, tantôt à intervalles plus espacés, variant de quelques crachats, à 50 ou 60 cc. Elles surviennent sans cause occasionnelle et sans relation avec les périodes qui sont normales et peu abondantes.
Au printemps de 1918, surviennent de très fortes hémoptysies de 300 à 500 cc. en 24 heures, qui se répètent à
uses
A‘ quelques jours d'intervalle pendant deux mois. À la suite de .
cet incident, qui a laissé la malade très fatiguée, deux ou trois mois se passent sans hémoptysie. Puis en septembre 1918, pendant une villégiature à la campagne (400 m. d’al- - titude), les hémoptysies reparaissent. La malade revient à Leysin et, à partir de ce moment-là, elle ne passe jamais plus de 15 à 20 jours sans avoir un crachement de sang variant de 20 à 200 ce.
Elle garde constamment le lit, les hémoptysies étant plus fortes quand elle se lève. Nous essayons successivement à peu près toutes les médications hémostatiques, sans grand résultat. L’ergotine et l’utéramine paraissent favoriser l'arrêt des hémoptysies, mais n’empêchent pas leur répétition. Le coagulène et l’hémostyl, employés sans interruption pendant plus d’un an, à titre préventif, diminuent l’intensité et la fréquence des accidents, mais ne les suppriment pas.
Pour donner une cause à ces hémoptysies, nous supposons qu'il existe à l'endroit de l’ancienne lésion un tissu cicatriciel très riche en vaisseaux sanguins, sorte de tissu érectile qui se congestionnerait périodiquement. La radiographie exclut toute idée de néoplasme ou de kyste hydatique ; nous éliminons également la possibilité de troubles vaso moteur d'origine nerveuse, de même que l’hémophilie. Le Wassermann est négatif. :
En septembre 1919, la malade nous demande de lui faire un pneumothorax artificiel, dans l'espoir de mettre fin à des accidents qui la clouent au lit depuis 2 ans et qui empoisonnent son existence, sans cependant affecter sérieusement son état général, le poids étant resté le même.
Le pneumothorax s'effectue sans difficulté; la plèvre est libre sur toute son étendue et, au bout de 15 jours, la rétraction du poumon est complète. Cependant, les hémoptysies se répètent comme auparavant, une à deux fois par mois. Nous poussons la compression jusqu'à l’extrême limite, le
cœur et le médiastin sont fortement refoulés à droite, comme le montre une de nos radiographies, et nous faisons monter la pression intra pleurale jusqu'à +18 cc.
Le pneumothorax est entretenu pendant 7 mois, sans résultat notable sur la fréquence des hémoptysies; il n’y a cependant pas eu pendant ce laps de temps, d hémoptysies abondantes, dépassant 50 cc.
En avril 1920, la malade souffrant de palpitations, d’angoisse respiratoire et de troubles gastriques, venus s'ajouter à ses misères du fait du pneumothorax, nous démande d’in-
terrompre les insufflations.
Au bout de six semaines, le poumon a repris sa place dans la cavité thoracique. Les hémoptysies continuent en moyenne tous les quinze jours, variant de quelques crachats
à 30 ou 50 cc.
Nous tentons encore un traitement à la tuberculine de
Koch, et en 4 mois nous arrivons à la dose de | milligramme ;
nous interrompons la cure à ce moment (juin 1920), la malade souffrant de troubles cardiaques après chaque injection. Il n’y a pas eu de modification dans l’allure des hémoptysies pendant ce traitement, si ce n’est qu’elles n’ont jamais dépassé 10 cc.
Le 15 août 1920, la malade nous annonce qu'elle vient d’expulser, en toussant, une pierre très dure, accompagnée d’un peu de sang coagulé. Il s ‘agit d’un calcul d'apparence tufeuse, dont les anfractuosités sont tapissées de sang; ce calcul mesure de 5 à 7 millimètres de diamètre.
Quelques jours plus tard, la malade expectore une boule noire de la grosseur d’une petite cerise, de consistance gommeuse. En l’écrasant dans son mouchoir, elle laisse une large tache noire comme de la suie. Il s’agit d’un amas de sang coagulé, probablement assez ancien.
Une radiographie prise à ce moment fait voir nettement la disparition d’un des calculs précédemment signalés et visibles sur les deux radiographies antérieures.
ES Een SN Depuis cet incident, cinq mois se sont bientôt écoulés sans que la malade ait craché la plus petite trace de sang. Du reste, les crachats purulents ont complèteme nt disparu. La malade se lève et reprend peu à peu une vie normale.
Observation F
Fee atteinte de tuberculose pulmonaire en 1906.. Guérison apparente. En avril 1921, expulsion de 5 ou 6 ah culs pulmonaires en pleine santé apparente. En janvier 1922 poussée évolutive. En avril. élimination de 12 calculs. Amélioration passagère. Diagnostic de tuberculose pulmonaire posé en octobre 1922. Traitement sanatorial. Les 1° et 2 janvier 1923 expulsion de 6 calculs sans bacilles de Koch dans les crachats.
Mile Br. G..., 35 ans, couturière.
Antécédents familiaux : Père mort d’une bronchite chro-
nique, consécutive à une pleurésie.
La mère de la malade présente depuis 5 à 6 ans des crises de dyspnée et serait soignée pour emphysème.
Une sœur est maladive et tousserait depuis une dizaine d'années.
Une autre sœur a eu des coliques néphrétiques. *
Enfin deux frères sont morts de méningite, l’un à 2 ans, l'autre à 11 ans.
Antécédents personnels : Née à Paris en 1889, elle y a toujours habité. Elle raconte qu’elle a présenté une bonne santé habituelle jusqu’à l’âge de 17 ans. A cette époque un médecin qu'elle a été consulter pour une angine banale constate une lésion du sommet droit ; malgré l'absence de tout signe fonctionnel, il prescrit un séjour de deux mois à la campagne.
Après ces deux mois de repos, la malade revient à Paris en apparence guérie et reprend son travail. L'examen des crachats n’a pas été pratiqué.