‹ Contribution À L'Étude De La Lithiasé PulmonaireChapitre 18 sur 22 · PEUT-IL EXISTER UNE LITHIASE PULMONAIRE -EN DEHORS DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

PEUT-IL EXISTER UNE LITHIASE PULMONAIRE -EN DEHORS DE LA TUBERCULOSE

Existe-t-il, en dehors de la tuberculose, d’autres maladies capables de produire la lithiase pulmonaire. On a prétendu que des lésions comme l’infarctus, le kyste hydatique, les noyaux de bronchopneumonie, certains cancers, etc., pouvaient subir l’infiltration calcaire. Cette évolution est possible, mais nous n'avons pas trouvé d’observation où des accidents de lithiase pulmonaire avec expulsion de calcul reconnaissent ces causes.

Pour qu'il y ait lithiase pulmonaire avec expulsion calculeuse, il faut semble-t-il un processus assez lent pour que la transformation calcaire des lésions et l'extension de la maladie aux tissus adjacents puissent se réaliser. À peu près seule, la tuberculose et des affections voisines sont susceptibles de pareille évolution. Birsch-Hirschfeld et Paltouf, Eppinger, ont publié deux cas où l’actinomycose et une variété de cladothrix auraient pu produire des pétrifications pulmonaires et encore dans ces cas n y a-t-1l pas eu expulsion de calcul.

Certains cancers (Virchow) auraient pu aussi s’infiltrer de sels de chaux, mais là encore il ne s’agit que de découvertes d'autopsie.

Dans l’étiologie de cette affection, on a fait jouer

tale) y É

ts a

un rôle assez important à la dilatation des bronches et à la bronchite chronique. On a vu que la formation des calculs dans les bronches dilatées devait être excessivement rare, que dans les observations que nous avons rapportées, cet état accompagnait toujours une tuberculose pulmonaire et en était vraisemblablement la conséquence

(obs. de Poulalion, Chevillot, Fox).

La bronchite chronique vraie est à l’heure actuelle considérée comme rare, certains auteurs mettent même son existence en doute, et la croient le plus souvent de nature tuberculeuse. Il semble bien être ainsi dans l’ob-

servation suivante :

Observation de M. Fox (résumé). Jour. Méd. Assoc. Chicago, page 175, 1923. — Pneumolith and broncholith.

Il s’agit d’un homme de 60 ans qui, à l’âge de 30 ans, fut soigné pour une atteinte de tuberculose pulmonaire; guérison apparente après trois ans de traitement dans les Montagnes Rocheuses.

Il y a dix à douze ans, il commença à avoir des attaques répétées de grippe, accompagnées de bronchite aigüe. Au bout de quelques années, la bronchite devient chronique abondante expectoration, muco-purulente, quelques hémoptysles.

En 1920, l'examen des crachats révèle la présence de pneumocoques et de streptococcus équinus, pas de bacille de Koch. Un traitement vaccinothérapique, entrepris avec ces microbes donne une amélioration très passagère.

A l'auscultation, signes de bronchites prédominant sous la clavicule droite.

L'examen radioscopique confirme ce diagnostic et montre de plus de la dilatation des bronches surtout marquée au niveau du lobe supérieur droit. On constate dans les deux

a EE

champs pulmonaires doubles foncées répondant soit à des calcifications, soit à des aires fibreuses.

La bronchite augmente d'intensité, le malade £st souvent dyspnéique.

En septembre 1922, l'examen des crachats montre que le microbe qui prédomine appartient au groupe des septicémies hémorragiques. Avec ce microbe, un traitement vaccinothérapique est entrepris, il est mal supporté (fièvre, malaises, etc.) et aucune amélioration n'est constatée.

Après la deuxième piqûre de vaccin, le malade expulse pendant la nuit, en toussant, sans efforts spéciaux, deux calculs irréguliers et durs, dont l’un assez volumineux mesure 3 sur 4 m/m.

L'auteur n’admet pas la tuberculose pulmonaire, il s’agi- ‘rait d’un cas de bronchite chronique avec bronchectasie ; les calculs seraient des ganglions hilaires calcifiés ayant ulcéré les bronches et ensuite éliminés par la toux.

Forget a décrit une lithiase primitive simulant la tuberculose, se terminant par la guérison après l'expulsion de une ou plusieurs concrétions calcaires. On ne peut tenir grand compte de ses observations, à cette époque on ne connaissait pas l'existence du bacille de Koch, le seul critérium que pouvait donner Forget était la guérison de ses malades; mais nul n'osera prétendre aujourd’hui que la tuberculose pulmonaire est toujours incurable.

Dieulafoy et Poulalion, reprenant les idées de Forget, ont décrit une pseudo-phtisie calculeuse, la mort de leur malade par une poussée de granulie plaide plutôt en faveur d’une vraie phtisie.

Nous avons rapporté les observations de MM. Morandi et Diamant-Berger, où des concrétions calcaires causèrent des accidents pulmonaires graves qui disparu-

Page 1