‹ Contribution À L'Étude De La Lithiasé PulmonaireChapitre 8 sur 22 · À DL · texte numérisé non relu

À DL

mourir. La crise terminée, elle s'endort. Les jours suivants, elle ne présente que sa toux habituelle, et elle reprend son pénible travail.

Mais quatorze jours après survient une crise semblable, toutefois 1l n'y a pas eu d'expulsion de calcul. Prise de peur à la suite de ce nouvel accès d’étouffement, elle consulte un médecin qui l’envoie à l'hôpital.

À son entrée, la malade se plaignait surtout de douleurs

dans le dos, d’insomnie, de légers étourdissements, d’une petite toux, ramenant une expectoration peu abondante. La malade, de corpulence movern: est pâle, non cyanosée. L'examen ne révèle rien de particulier ; elle n’a pas les doigts hippocratiques, l'amplitude thoracique est la même des deux côtés, les muscles inspirateurs auxiliaires sont quelque peu contractés.

À l'examen pulmonaire, la percussion est haute, montrant un léger degré d’emphysème en arrière et des deux côtés sur toute la hauteur du champ pulmonaire, en avant et à droite de la base à la huitième côte.

À l’auscultation à droite et en arrière, en particulier au niveau du lobe supérieur, les signes sont plus marqués, la respiration a un timbre bronchique.

A gauche et en arrière, mêmes signes qu'à droite.

A droite et en avant, aucun signe morbide.

Les contractions du cœur sont faibles, les bruits sont sourds.

En somme, on trouve un emphysème moyen avec légère bronchite.

La malade nous apporte dans une petite boîte les pierres qu’elle a expulsées au cours des deux dernières crises, soit en tout, deux grosses et deux petites, dont l’une porte encore des traces de mucus sanglant. Ces pierres sont dentelées comme du corail, de couleur jaunâtre et dures comme de los. Les parties comprises entre les dentelures sont lisses. Leur couleur pâle donne l'impression d’un petit os.

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Pendant le séjour de quatre semaines qu'elle fait à l’hôpital, la malade est restée apyrétique, elle tousse peu, l’expectoration est minime. Elle expulsa deux petites concrétions de la grosseur d’une tête d’épingle.

L'examen de ce crachat montra la présence de nombreuses cellules éosinophiles, mais pas de bacille de Koch.

Afin de voir si la malade avait encore des pierres dans ses poumons, une radiographie du thorax fut faite.

Le cliché radiographique montra, dans le poumon droit, deux ombres foncées, la plus grosse dans le lobe supérieur, la plus petite, de la grosseur d’un noyau de cerise, dans le lobe moyen. Ce sont sûrement des concrétions calcaires.

Pour établir, d’une façon certaine, que les concrétions crachées donnent des ombres analogues à celles de la radiographie, l’auteur s’est procuré un poumon de cheval et a placé une de ces pierres dans une grosse bronche et une autre dans le parenchyme ; deux sondes les repéraient. Il a ensuite insufflé le poumon, lié les bronches, et il a pris une radiographie. L'aspect des ombres était le même que sur le cliché de la malade, il était si caractéristique qu’on pouvait distinguer les deux pierres l’une de l’autre:

Pour compléter l'examen, des coupes furent pratiquées sur les calculs. L’apparence histologique était surprenante. Dans la plupart des coupes, l’auteur a vu, à côté d’un tissu crayeux, des formations osseuses typiques, et au faible grossissement, une disposition en lamelle. Au milieu du champ microscopique, il existait des corpuscules osseux avec des canalicules, qui, à la périphérie, s’effaçaient et disparaissaient finalement dans la formation calcaire.

D'après l’auteur, cette constatation serait en faveur de la théorie de Von Hansemann, théorie suivant laquelle les ossifications et en particulier celles du poumon, sont secon-

daires aux infiltrations calcaires.

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Observation de M. Batigne.

Tuberculose pulmonaire chronique à très longue évolution. Plusieurs expulsions de calculs pulmonaires au cours de poussées évolutives. — Rev. internat. de méd. et de chirurg- Paris 1917, es 67. — Sur un cas de lithiase ut naire.

Le nommé J. M... n° section C.O.A., entre le 6 juin 1916, à l'hôpital militaire de Perpignan.

Antécédents héréditaires : Son père, deb bien portant, fut atteint, vers la 40° année, d’une pleuro-bronchite, longue et persistante, très vraisemblablement bacillaire, passant à la chronicité continuée par une laryngite tubérculeuse (au dire formel du malade d’après l'examen du docteur Lhopet). Ce qui causa sa mort à 58 ans.

Antécédents personnels : Né le 2 février 1882, il nous raconte qu'il a vécu en bonne santé habituelle jusqu’à l’âge de 5 ans, mais que depuis lors, jusqu’à vers 14 ans, son intestin fut susceptible et douloureux et accompagné d’un état général maladif, malgré un assez bon appétit et l’absence d’amaigrissement (migraines et céphalées fréquentes.

Sa situation d'employé de bureau ne lui convenait pas et accroissant son état d'anémie, il dut à 15 ans l’abandonner et se fit menuisier ; mais, là encore, il ne put supporter la fatigue.

De 1905 à 1912, il eut trois enfants, nés bien portants et décédés tous trois, entre 2 et 3 ans, de phénomènes méningés.

En novembre 1901 (il était âgé de 19 ans), première hémoptysie, après toux quinteuse. Ce fut une gorgée de sang, presque caillé.

En 1904, à deux ou trois reprises, filets de sang dans les crachats. I] ne toussait cependant, dit-il, que très rarement et se portait relativement bien « mais toujours pâle ».

L’été de 1906 fut mal supporté : lassitude, fatigue générale... Un soir, petite quinte de toux, suivie de forte hé-

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- % moptysie qui, malgré des soins éclairés, ne disparut qu'après quatre où cinq jours (il faisait alors une poussée pulmonaire congestive qui fut sérieusement combattue et dont il ne sortit qu’au bout de 3 mois).

Il dut tout de même abandonner son métier et se décida à rentrer dans un grand magasin comme receveur détaché à la campagne (aussi le grand air améliora-t-il sa situation) ; mais il dut, malgré tout, faire des cures annuelles de repos et d'air.

Pas d’albumine.

Deuxième hémoptysie peu grave, hiver 1909.

Troisième hémoptysie violente, novembre 1913.

Quatrième hémoptysie violente, mai 1916.

Cinquième hémoptysie violente et prolongée, juin 1916.

Et c’est ainsi qu'il entre, le 6 juin, avec le diagnostic hémoptysie constatée.

L'aspect du malade, son teint, sa toux, sa voix, son histoire mettent suffisamment sur la voie du diagnostic de bacillose des sommets. Cet homme est un amaigri (il aurait beaucoup perdu dans les dix dernières années), il se tient légèrement voûté, ses fosses sous- -claviculaires sont déprimées, son facies est pâle, sa voix voilée. ®

Les deux sommets sont atteints, le droit manifestant sa lésion surtout par des modifications respiratoires (avec craquements fins en arrière, expiration soufflante et - prolongée en avant) ; le gauche bien plus intéressé, laissant entendre des râles nombreux aux deux temps, humides en avant. F

L'examen des crachats ayant révélé de nombreux bacilles.

Traitements avant l'admission : lavements créosotés, inhalations eucalyptées, thiocol Famel, frictions térébenthinées, pointes de feu. Après la première hémoptysie, en 1902, traitement calcique, de même en 1906, de même en 1913, et depuis à plusieurs reprises.

Or, en interrogeant ce malade d’un peu plus près, j'ap-

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